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Alliance du Changement

Paul Bérenger relance le bras de fer

11 janvier 2026, 08:00

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Paul Bérenger relance le bras de fer

■ Le Deputy Prime Minister, Paul Bérenger lors du Comité central du MMM, hier.

La rentrée politique s’annonce sous haute tension au sein de l’Alliance du Changement. Deux mois à peine après avoir assuré qu’il resterait engagé au sein de la coalition gouvernementale, Paul Bérenger remet une nouvelle fois l’équilibre interne à l’épreuve. Si la récente visite d’État du président français Emmanuel Macron avait permis d’afficher une image de cohésion retrouvée, cette parenthèse diplomatique semble désormais refermée. Derrière l’apparente accalmie, les lignes de fracture n’ont jamais réellement disparu. La rupture avait été évitée de justesse lors du précédent épisode de tensions. Avec la fin des fêtes de fin d’année et la reprise de l’agenda politique, le leader du Mouvement militant mauricien (MMM) revient, comme attendu, à la charge.

Le Deputy Prime Minister et chef du MMM aurait exprimé un profond malaise face au fonctionnement actuel du gouvernement et de plusieurs organismes paraétatiques lors de la réunion du Bureau politique du parti, le vendredi 9 janvier. Selon des sources proches des instances mauves, Paul Bérenger aurait indiqué aux membres du Bureau politique qu’une proposition avait été soumise au Premier ministre, Navin Ramgoolam, en milieu de semaine. Le contenu précis de cette proposition n’a toutefois pas été rendu public à ses membres.

Dans les rangs mauves, cette nouvelle séquence politique est perçue comme une source supplémentaire d’instabilité. Plusieurs députés confient que cette incertitude complique leur travail sur le terrain et fragilise la cohésion au sein même de l’équipe gouvernementale. Après de longues années passées dans l’opposition, nombre d’élus aspirent à une forme de stabilité et redoutent de nouvelles secousses internes. Paul Bérenger, pour sa part, attendrait une réponse du chef du gouvernement en début de semaine, vraisemblablement demain. En fonction de cette réponse, il pourrait envisager de siéger comme simple backbencher à l’Assemblée nationale, une hypothèse qui inquiète certains cadres du parti, soucieux de préserver leurs portefeuilles ministériels. Un élu mauve souligne néanmoins que le leader n’a jamais demandé à qui que ce soit de le suivre dans une éventuelle décision de retrait.

Selon nos informations, Paul Bérenger aurait rencontré le chef du gouvernement à deux reprises durant la semaine écoulée. Une première rencontre aurait eu lieu le mercredi 7 janvier, au cours de laquelle il serait revenu sur plusieurs dossiers qu’il juge problématiques depuis longtemps. Il aurait notamment fait part de son mécontentement concernant le rôle et l’influence du «gang des cinq» au Prime Minister’s Office, ainsi que sur la gestion de certains dossiers sensibles, dont Air Mauritius et l’Economic Development Board.

Une seconde rencontre se serait tenue le jeudi 8 janvier. Cette fois, les discussions auraient porté plus spécifiquement sur le fonctionnement du ministère des Finances. Paul Bérenger aurait estimé que de nombreux blocages et retards freinent l’action gouvernementale à ce niveau. Toujours selon nos sources, il aurait évoqué la possibilité d’occuper lui-même le poste de ministre des Finances. Le Premier ministre lui aurait alors demandé du temps pour réfléchir à cette proposition. Paul Bérenger aurait laissé entendre qu’en l’absence de décision claire, il pourrait envisager de démissionner de ses fonctions ministérielles.

Lors du Conseil des ministres du vendredi 9janvier, Paul Bérenger n’aurait toutefois pas fait état, devant l’ensemble de ses collègues, de son intérêt pour le portefeuille des Finances. Il aurait plutôt évoqué l’existence de plusieurs «issues» non résolues et aurait laissé entendre, selon certaines sources, qu’il s’agissait peutêtre de la dernière fois que ses collègues le verraient siéger à la table du Conseil. Une remarque qui a contribué à alimenter les rumeurs d’un possible retrait.

Hier, Paul Bérenger s’est à nouveau exprimé devant les membres du Comité central du MMM afin d’aborder l’avenir du parti au sein de l’Alliance du Changement. À l’issue de cette réunion, il a confirmé à la presse que la situation au sein de la coalition figurait en tête de l’ordre du jour. Il a indiqué avoir repris de manière détaillée les points déjà soulevés dans son discours du 26 décembre, insistant sur ce qui, selon lui, ne fonctionne pas au sein de l’alliance. Il a cité explicitement plusieurs dossiers sensibles, dont Air Mauritius, la lutte contre la drogue, la corruption et le fonctionnement de l’Economic Development Board.

Paul Bérenger a confirmé avoir rencontré le Premier ministre à plusieurs reprises au cours de la semaine écoulée et avoir formulé une proposition. Selon ses propos, cette démarche vise à permettre à l’Alliance du Changement d’aller de l’avant, en plaçant l’intérêt du pays avant celui des partis politiques. Il a insisté sur sa volonté d’éviter toute confrontation inutile et a affirmé ne pas vouloir précipiter les choses.

Revenant sur les rumeurs selon lesquelles le Conseil des ministres du vendredi 9 janvier aurait été son dernier, Paul Bérenger a démenti toute affirmation catégorique, tout en reconnaissant qu’il s’agissait d’une possibilité. Il a réaffirmé son souhait de voir la proposition adressée au Premier ministre, ainsi que les suggestions formulées sur d’autres dossiers, prises en considération afin de permettre à l’alliance gouvernementale de prendre un nouveau départ.

Dans cet esprit, le leader mauve a précisé qu’il ne s’agissait pas de «bousculer» le Premier ministre, mais de lui laisser le temps nécessaire pour apporter une réponse et faire connaître sa position. Une nouvelle réunion du Bureau politique du MMM est prévue ce lundi, dans le cadre habituel de ses rencontres hebdomadaires. Si nécessaire, un Comité central pourrait être convoqué dès le mardi 13 ou le mercredi. Paul Bérenger a toutefois exprimé l’espoir qu’une solution puisse être trouvée d’ici là, dans l’intérêt du pays et de l’Alliance du Changement.

Il a enfin souligné que seuls les membres de la direction du parti sont au courant de la proposition soumise au Premier ministre. Par respect pour ce dernier, il a choisi de ne pas en dévoiler le contenu, y compris devant le Comité central, afin d’éviter toute pression publique. Sur les questions de politique internationale, notamment en lien avec les récents événements au Venezuela, Paul Bérenger a rappelé qu’en tant que membre du gouvernement, certaines réserves s’imposent dans ses prises de position publiques.

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