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Perspectives saison 2026

Hippisme : En selle pour rattraper le peloton…

5 janvier 2026, 08:00

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Hippisme : En selle pour rattraper le peloton…

Entre l’émergence d’un nouveau talent en la personne d’Arveen Nagadoo, de belles arrivées, mais aussi quelques déroulements suspects et le retour ainsi que la consécration d’un symbole avec le sacre de l’écurie Gujadhur, la saison 2025, sous l’égide du Mauritius Turf Club (MTC) et de sa nouvelle filiale, le MTC Jockey Club (MTCJC), a été bien accueillie par le public turfiste. Il reste cependant encore du pain sur la planche pour permettre à l’hippisme mauricien de franchir ce nouveau palier tant attendu.

La patience a ses limites et celle des entraîneurs, menés par Ramapatee Gujadhur et son franc-parler légendaire, illustre bien le sentiment de ras-le-bol qui habite ces professionnels de l’industrie hippique. À la décharge de l’organisateur, il faut certes concéder qu’il y a eu une amélioration au niveau des stakes money au cours de la saison, mais le compte n’y est toujours pas pour que les écuries puissent afficher une certaine sérénité, alors que les coûts d’exploitation explosent et que les écuries, petites et grandes confondues, peinent à atteindre l’équilibre financier.

À ce titre, le coup de gueule de Ramapatee Gujadhur en fin de saison n’est pas une simple montée d’adrénaline. Las d’être les «dindons de la farce», les entraîneurs réclament leur part du gâteau, eux qui font tourner cette industrie en alimentant le programme de courses chaque semaine. Certes, des représentations ont eu lieu entre eux et les autorités hippiques, mais l’apaisement ne durera pas si des efforts concrets ne sont pas entrepris pour améliorer leur situation.

Coup d’envoi en avril ?

Parmi leurs «réclamations» figure une hausse sensible des stakes money pour garantir la qualité des investissements, mais aussi l’avènement tant attendu du commingling, destiné à renflouer les caisses de l’industrie hippique, qui a vivoté pendant les deux dernières années. Un adoucissement des procédures et des coûts d’importation est également souhaité. Les prochaines semaines devraient donner une indication claire de l’avancée, ou non, de ces dossiers.

Sur le terrain, les défis sont bien réels. Avec une population équine recensée à moins de 250 têtes en fin d’année, le MTCJC a parfois dû se livrer à un véritable numéro d’équilibriste pour «sauver» des courses. À ce titre, nombreux sont ceux qui pointent du doigt la responsabilité du handicapeur du horse racing organiser, devenu la cible d’une pétition réclamant son départ. La situation s’est déjà corsée à l’issue de la saison 2025, plusieurs coursiers ayant été retirés des différents effectifs pour diverses raisons (âge, problèmes de santé, etc.).

Il faudra donc s’attendre à perdre plusieurs dizaines de ces compétiteurs en vue de la prochaine saison. Santosh Gujadhur, le président du MTC, ne se fait pas d’illusions à ce sujet : il a lancé un vibrant appel aux propriétaires de chevaux lors de la soirée du tirage au sort de la Coupe d’or pour réitérer leur soutien aux courses hippiques mauriciennes. Car si l’homme fort du MTC s’est réjoui que le MTCJC ait pu réaliser, en presque 16 journées, pratiquement le même chiffre d’affaires que l’ancien organisateur, People’s Turf PLC (PTP), en deux saisons, il reste bien conscient qu’un effort collectif sera nécessaire pour améliorer ce score en 2026.

Quid de la saison 2026 justement ? Si aucun calendrier officiel n’a encore été présenté, des sources bien informées avancent que la prochaine campagne hippique devrait démarrer à la mi-avril, avec environ une trentaine de journées de courses. Une saison qui devrait marquer le retour du championnat des quatre ans, avec la tenue de la Duchesse, première classique de la saison, prévue début mai. Bien entendu, tout ceci n’est que spéculation à ce stade, mais dans le circuit hippique, il n’y a souvent pas de fumée sans feu. Attendons voir.

Nouvelles écuries : Une évidence

Bitmap (17).jpgPhoto d'archives.

Pour réussir la saison 2026, les autorités hippiques du pays devront se donner les moyens de leurs ambitions. Il est donc évident qu’il faudra émettre de nouvelles licences d’entraîneurs pour assurer un programme de courses compétitif sur la durée. Recalé l’an dernier, Vishal Nowbuth n’a fait aucun mystère de son désir de postuler à nouveau cette année, comme annoncé lors de la soirée du tirage au sort de la Coupe d’or, épreuve classique qu’il avait d’ailleurs patronnée.

L’homme d’affaires ne serait cependant pas le seul demandeur. Libéré à présent de «l’affaire Mentholatum», Shirish Narang entend bien reprendre son costume d’entraîneur, qu’il avait dû ranger ces deux dernières années. Dominic Zaki, entraîneur sud-africain à succès de PTP, pourrait également revenir à la charge après avoir essuyé un refus des autorités hippiques mauriciennes l’an dernier, malgré le lancement récent d’une nouvelle écurie à Durban. Ils ne seraient toutefois pas les seuls à vouloir tenter l’aventure en 2026.

Les autorités devront donc rapidement trancher : composer avec les écuries déjà existantes ou démocratiser davantage l’industrie pour favoriser l’émergence de nouveaux talents, à l’instar d’Arveen Nagadoo. La deuxième option accentuerait la pression déjà énorme sur les boxes de la rue Shakespeare, mais il faudra rapidement affûter la stratégie du côté de la Gambling Regulatory Authority en vue de la saison 2026.

La réouverture partielle du centre Guy Desmarais, sous forme de location par le MTC, est annoncée pour fin janvier, ce qui devrait ravir plusieurs entraîneurs ayant axé la préparation de leurs coursiers sur ce site par le passé. Sinon, il existe aussi l’option Petit-Gamin, le vaste centre équestre de Jean Michel Lee Shim, mais le magnat des jeux ne semble toujours pas être en odeur de sainteté auprès des autorités hippiques, rendant cette éventualité peu probable.

Toujours est-il que des décisions importantes devront être prises du côté de la Newton Tower en ce début d’année. Et il est à espérer qu’elles se feront rapidement, car l’industrie hippique et tous les emplois qui en dépendent ne peuvent plus se permettre d’être à la merci des tergiversations des décideurs.

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