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Kc Ranzé

Onomatopées… et autres mots clés

28 décembre 2025, 07:00

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Onomatopées… et autres mots clés

Irfan Rahman tire sa révérence après 27 ans de travail bien fait comme commissaire électoral. On a parfois essayé de le déstabiliser, de l’accuser de parti pris ou de manque d’interposition quand les pratiques électorales de certains dépassaient l’entendement. Il n’a jamais dévié de sa route. En plaidant le respect strict de la loi et du cadre limitatif de ses fonctions, invitant les politiques à assumer les responsabilités qui n’étaient pas les siennes, mais les leurs. Personne n’est infaillible, mais il a sans doute eu raison, car tout début d’initiative «hors cadre» mène tôt ou tard à l’arbitraire et éventuellement à la décrédibilisation des élections.

Nos élections restent fiables et dignes de confiance ! La preuve ? Chez nous, les résultats, même s’ils ont des fois rendu «perplexes», ne sont pas remis en question par les perdants et ils ne demandent donc pas à leurs partisans de manifester dans les rues, souvent violemment. Comme, par exemple, en Tanzanie (Suluhu Hassan, 65 ans, 2e mandat, opposants principaux disqualifiés, la gagnante récoltant 98% des votes), au Cameroun (Paul Biya, 8 mandats, 92ans, 54% des votes), en Côte d’Ivoire (Ouattara, 83 ans, 4e mandat, opposant principal Thiam disqualifié, 89,8 % des votes), au Rwanda (Kagame, 68 ans, 4e mandat, 3 candidats potentiels parmi les plus vocaux interdits de participation, 99 % des votes). Souvent, la violence commence même en amont du vote, comme en Ouganda (*).

Le choix du remplaçant d’Irfan Rahman (à moins que l’on ne prolonge son contrat jusqu’aux prochaines élections…) ne sera évidemment pas teinté d’orange, mais ne doit pas être (ni même perçu comme être…) rouge ou mauve. Les citoyens indépendants existent à Maurice ! Notre commissaire électoral doit en être un, si l’on veut préserver cet avantage non négligeable du pays d’être une démocratie mature, sans violence et sans résultat de vote «à la soviet»

Nous avons bien trop de problèmes pour en rajouter un autre… AÏE !

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On est passé bien près d’accélérer la descente aux enfers pour le système financier européen tout entier !

Les membres de l’Union européenne, Allemagne et France en tête, empêtrés dans leurs propres difficultés financières et politiques, étaient résolus à saisir les 210 milliards d’euros d’actifs russes, déjà gelés et détenus dans le système Euro Clear à Bruxelles, pour financer la défense de l’Ukraine. Financer l’Ukraine est d’importance existentielle pour l’Europe. Face au colosse russe et à sa richesse pétrolière et minière, l’Ukraine ne peut, en effet, soutenir une armée de 800 000 hommes sans aide extérieure. Les Américains, soufflant le chaud et le froid, sont en saison plutôt glaciale actuellement et ne financent plus, étant plutôt à la recherche de moyens pour profiter de cette guerre. Le plan «américain» de 28 points prévoyait d’ailleurs que l’argent russe gelé à Bruxelles serve, en partie, à des investissements de reconstruction en Ukraine, les États-Unis… touchant 50 % des dividendes ! Les membres de l’UE préfèreraient ne pas alourdir leurs bilans nationaux et ont fortement considéré saisir les actifs russes en Europe, en rationalisant que c’était une sorte de prépaiement sur les réparations de guerre que devra l’agresseur à sa victime.

Mais la Russie a sa logique à elle ! Si elle finit par conquérir toute l’Ukraine, elle n’aura aucune réparation formelle à payer ! S’il y a un cessez-le-feu et un accord de paix selon ses termes, le Donbass entier pourrait bien être, avec ses richesses naturelles (**), un acquis suffisamment important pour plus que compenser les réparations de guerre qu’on pourrait essayer de lui extraire… (et son attitude jusqu’ici a été, évidemment, un «NIET» sonore !)

Heureusement que l’Europe n’a pas finalisé la saisie des actifs russes et qu’elle emprunte plutôt les 90 milliards d’euros qu’elle avance à l’Ukraine, car cette saisie aurait totalement décrédibilisé Bruxelles comme un centre financier digne de confiance ; la politisation des réserves financières de pays tiers ayant alors été démontrée possible ! Mais il y a mieux : la Russie, évoquant des traités passés et les lois internationales, a déposé une plainte préemptive contre Euro Clear auprès de la cour d’arbitrage de Moscou. Si la Russie gagne cet arbitrage, elle pourrait alors avoir, en plus, un recours (gel ou saisie) contre environ 800 milliards de dollars d’actifs et d’investissements européens en Russie et dans des pays «amis», comme la Chine ! Le pouvoir de nuisance russe serait tout simplement colossal!

L’Europe a finalement choisi la voie la moins risquée pour sa réputation financière, mais le mal est peut-être déjà fait. Du moins en partie.

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Je le répète et je le répéterai encore, cet argument de logique pure : tous les gouvernements du monde veulent plaire et être populaires ! Parfois même en dépit du bon sens et à des prix finalement insoutenables. Par ailleurs, aucun gouvernement au monde n’est masochiste ! Aucun homme de pouvoir qui veut s’y maintenir ne vote pour des décisions qui peuvent déplaire à la population, SAUF SI C’EST ABSOLUMENT NÉCESSAIRE

En 2020, le pays a été locked down pendant des mois. C’était pour tenter d’enrayer la pandémie du Covid. Qui a aimé cela ? Certainement pas ceux qui étaient en «zone rouge», ou ceux qui ne pouvaient finalement s’approvisionner que deux fois la semaine, dans une «course» imposée de moins d’une demi-heure, et encore moins ceux qui, avant le 1er avril 2020, ne pouvaient pas se réapprovisionner du tout! Mais c’était nécessaire ! Et le gouvernement avait alors le loisir de souligner que c’était, de toute manière, ce que faisaient la plupart des autres nations du monde… !

La compensation salariale à Rs 635, plafonnée aux salaires de Rs 50 000, ainsi que le PRB, qui ne sera pas activé avec effet rétroactif, comme annoncé, et qui sera, de plus, appliqué pour moitié cette année et moitié en 2027, ne vont pas plaire. Mais c’est sans aucun doute nécessaire ! Même si le pouvoir actuel ne peut pas pointer vers l’exemple du reste du monde, mais seulement vers les exemples refroidis des pays qui n’ont pas freiné leurs folles dépenses à temps…

Les syndicats ont des clients, les syndiqués, et doivent donc leur montrer qu’ils sont au travail pour eux. Menacer de brûler le rapport du PRB, plaider l’insulte et le manque de respect, menacer que si les fonctionnaires sont mécontents, le pays tournera au ralenti, atteint peut-être ce but, mais néglige totalement la réalité du pays et l’état des finances laissé par le gouvernement précédent.

Pendant que Rome brûle, on ne peut pas jouer du luth, comme si de rien n’était ! Si le service civil, mécontent selon les syndicats, ralentit et fait même moins qu’il n’en fait actuellement, on peut tous garantir qu’une situation qui ne s’améliore pas administrativement rendra la perspective d’amélioration économique nationale encore plus lointaine…

Nous n’avons pas le choix. TINA. Il faut tous travailler mieux et plus vite. Si l’on fait le contraire, ce sera définitivement KAPUT pour l’espoir !

Le gouvernement aussi doit, clairement, mieux faire et plus vite ! Dans Plans d’Avenir, le 21 septembre dernier, je mentionnais trois des axes essentiels qui me paraissaient nécessaires pour crédibiliser l’action gouvernementale et mobiliser la population: l’exemplarité du gouvernement sur SON train de vie, où pas grand-chose n’a été fait jusqu’ici ; la transparence, où quelques points ont été marqués, mais pas suffisamment, y compris sur la promesse du PM, le 12 mars dernier, de venir régulièrement rendre compte chaque 100 jours; et finalement accélérer l’économie, ce qui demande des décisions plus rapides et des changements de cap décisifs (port, lois du travail, énergie, eau, …). Ce qui nous occupe au quotidien, c’est-à-dire Ravatomanga, Maradiva, courses de Porsche, la réforme électorale, la drogue, les prix, les valises orphelines de Rs 114millions, etc., sont sans doute dignes d’intérêt ; mais sans une économie qui tourne plus fort, «nous allons brasser de l’air, les comptes nationaux vont persévérer dans leurs déséquilibres, la jeunesse va continuer à voir son devenir ailleurs et le pays aura un avenir plus rabougri que celui auquel il aurait pu aspirer».

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BBC World Service, MW 1575, a disparu de nos ondes depuis… mars 2025. C’était il y a bientôt 9 mois ! Le temps d’une gestation ! À part un communiqué de Multi Carrier (Mtius) (qui diffuse cette radio), promettant, le 26 septembre dernier, «la plus grande diligence» et la promesse de rétablir le service «dans les plus brefs délais», ZILCH !

Cet exemple illustre-t-il notre «productivité» nationale, pourtant en amont d’un rapport PRB que l’on veut brûler ? Dieu nous garde. Ça pourrait donc même être pire ?

(*) https://africacenter.org/spotlight/en-elections-2026/uganda/

(**) [https://ukraineinvest.gov.ua/en/industries/mining/])https://ukraineinvest.gov.ua/en/industries/mining/)

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