Publicité

Premier rapport Africain sur la stabilité financière

Tournant pour l’intégration monétaire et prudentielle du continent

5 décembre 2025, 13:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Tournant pour l’intégration monétaire et prudentielle du continent

■ La gouverneure de la BoM, Priscilla Muthoora Thakoor, a présidé la 47e assemblée de l’AACB, tenue le 28 novembre à Yaoundé.

La 47ᵉ Assemblée des Gouverneurs de l’Association des banques centrales africaines (AACB), tenue le 28 novembre à Yaoundé, a été marquée par un moment structurant pour la gouvernance financière du continent : la présentation du premier Rapport africain sur la stabilité financière, un document de référence qui pose les bases d’une surveillance prudentielle intégrée à l’échelle africaine. Ce rapport, couvrant 46 pays représentant près de 90 % du Produit intérieur brut africain, est le fruit du travail du Comité africain de stabilité financière, présidé jusqu’à cette année par la Banque de Maurice (BoM). La gouverneure mauricienne, Priscilla Muthoora Thakoor, qui présidait l’assemblée en sa qualité de présidente sortante de l’AACB, a joué un rôle clé dans l’aboutissement de cet exercice pionnier et souligné un communiqué émis à cet effet.

L’objectif du rapport est clair : dresser un diagnostic rigoureux des vulnérabilités financières africaines, identifier les lacunes des cadres prudentiels nationaux, et proposer des réformes concrètes pour renforcer la résilience des systèmes bancaires. Dans un contexte de volatilité mondiale, de pressions inflationnistes persistantes et d’endettement croissant, disposer d’un mécanisme continental d’évaluation de la stabilité financière constitue un pas stratégique vers une union monétaire crédible.

La publication de ce rapport a donné le ton des discussions qui ont animé cette assemblée. Sous la direction de la gouverneure de la BoM, les responsables des banques centrales africaines ont abordé plusieurs chantiers prioritaires : accélération de la création de l’Institut monétaire africain ; renforcement de la supervision bancaire via le programme 2026–28 de la Communauté des superviseurs bancaires africains ; et intégration des systèmes de paiement à travers une meilleure interopérabilité entre infrastructures nationales et régionales.

Le rapport, salué pour sa méthodologie harmonisée et sa portée analytique, ambitionne d’instaurer à terme un cadre continental de stabilité financière, inspiré des pratiques internationales, mais adapté aux réalités africaines : forte dépendance aux matières premières, faible profondeur des marchés financiers, exposition accrue aux chocs externes, et défis structurels de gouvernance.

Lors de cette assemblée, la gouverneure mauricienne a rappelé que «la stabilité financière est la pierre angulaire d’une intégration monétaire réussie». Elle a ajouté que la première édition du rapport constitue un socle essentiel pour guider les réformes et améliorer la préparation des pays face aux chocs systémiques.

L’assemblée a pris fin avec l’élection du gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale, Yvon Sana Bangui, comme nouveau président de l’AACB, chargé de poursuivre cet élan historique vers une architecture financière africaine plus solide et intégrée.

Publicité