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Kronik KC Ranzé
Les risques de comparer……Ce qui n’est pas comparable
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Kronik KC Ranzé
Les risques de comparer……Ce qui n’est pas comparable
Paul Bérenger voudrait conserver le Best Loser System (BLS). Du moins pour un temps. Pour une élection au moins. Navin Ramgoolam ne verrait pas la réforme électorale de manière aussi timide. La réforme, pour lui, voudrait dire éliminer le BLS, le dosage du vote à la proportionnelle (PR), même partiellement, devant rendre ce BLS tout simplement caduc.
Bérenger justifie son penchant pour conserver le BLS par l’élection de 1948, qui n’avait pas fait élire un seul représentant de la minorité musulmane, ce qui avait apparemment causé consternation et traumatisme chez sir Abdool Razack Mohamed et ses partisans. C’est ce résultat qui, des années plus tard, lors des diverses discussions à propos de l’indépendance, menait Banwell au système du BLS qui, sur la base du recensement jamais actualisé de 1972, alloue, jusqu’à aujourd’hui encore, 4 sièges de BL aux «communautés sous-représentées» ; ceux-ci étant subséquemment corrigés par 4 autres sièges pour rétablir la réalité du vote.
Parenthèse. Je ne comprends absolument pas le raisonnement qui mène le professeur Jacques Colom de La Réunion à conclure que le BLS avait été concocté pour rassurer la minorité… franco-mauricienne ! Si c’était le but, on ne les aurait sûrement pas noyés dans la «population générale»! On leur aurait plutôt alloué une cinquième catégorie, à part, comme pour les Chinois, me semble-t-il. Mathématiques obligent !
Or, cette élection de 1948, la première sur le plan national, ne peut d’aucune manière être comparée aux élections plus récentes. Nous étions encore en régime colonial d’ailleurs, seuls 19 membres de l’Assemblée étant élus au suffrage presque universel – il fallait alors pouvoir écrire son nom dans une des langues «reconnues» du pays (lesquelles ?). Douze autres membres étaient nommés par le gouverneur, alors qu’il y avait trois autres membres ex officio. Il n’y avait que cinq circonscriptions, les Plaines Wilhems élisant six députés; Port-Louis quatre autres; alors que Grand-Port–Savanne, Moka-Flacq et Pamplemousses–Rivière-du-Rempart en élisait trois chacun.
Le Parti travailliste, mené par Guy Rozemont, gagnait ces élections. On pouvait encore élire un candidat indépendant à cette époque, comme Émilienne Rochecouste aux Plaines-Wilhems, la première femme députée du Parlement. Ce qui frappe aussi dans ces élections, c’est l’éparpillement des voix ; les têtes de liste n’accumulant qu’entre 11,4% (Jules Koenig, aux Plaines-Wilhems) et 23,4% des voix (SSR, à Pamplemousses/ Rivière-du-Rempart). Il n’y avait PAS de circonscriptions comme les numéros 2 et 3 actuels qui, avec de fortes présences musulmanes, garantissent presque des élus musulmans…
Je suis contre le maintien du BLS. Pour de multiples raisons. D’abord, parce que notre nation arc-en-ciel est bien plus diversifiée que ne le suggèrent les quatre composantes actuelles de manière très simpliste. Ensuite, parce que le recensement de 1972 ne peut pas, rationnellement, servir de référence pour les sièges BLS, 56 ans plus tard ! Le profil du pays a beaucoup changé. Et qui veut encore d’un sondage à quatre composantes qui reconnaîtrait, d’un côté, chinois et musulmans en tant que minorités ethnique et religieuse respectivement et qui perpétuerait les «fourre-tout» des hindous (si l’on en croit les regroupements socio-culturels et linguistiques multiples qui reflètent des courants culturels et religieux différents) et de la population générale (qui regroupe, péjorativement, tout ce qui reste…). Reconnaissons de plus que la nation a mûri et que le nationalisme mauricien (le mauricianisme…) est de plus en plus répandu, comme confirmé régulièrement dans les sondages d’opinion, les mariages métissés ou encore lors de catastrophes ou de célébrations nationales.
Constatons finalement que le BLS peut produire des anachronismes effrayants, comme décrits magistralement par Rama Sithanen dans un article dans l’express du 5 juin 2008 (*). Il y rappelle d’ailleurs que Banwell espérait que «son» système disparaîtrait un jour… Et comme nous le souligne Sithanen dans cet article, une liste PR aurait mené Paul Bérenger au Parlement en 1987, alors que le BLS farfelu l’empêchait d’y accéder, même avec 49% des voix… Il est vrai que nous n’étions pas à une aberration près en 1987, la coalition menée par le MMM récoltant 48,1% des votes pour seulement 21 sièges, alors que l’alliance MSM/PTr raflait 39 sièges avec 49,9% du vote national (+1,8%).
Mais si, par extraordinaire, ceux qui décideront de la réforme électorale souhaitaient prolonger la vie du BLS, aujourd’hui devenu au minimum saugrenu, je suggère, aberration pour aberration, de le conserver non pas comme un recours qui entre automatiquement en jeu après chaque élection, mais plutôt comme un artifice possible seulement si l’un des quatre groupes historiquement reconnus pour la dernière fois en 1972 (Allons bon !), n’était PAS du tout représenté… comme en 1948 ! Ce qui relève d’une improbabilité extrême, les partis politiques nationaux ne pouvant pas, en plus, prendre le risque de candidatures biaisées ethniquement ou religieusement dans un système qui fait de la place à la représentation proportionnelle !
Les réformes électorales et constitutionnelles remontent à la surface ces jours-ci. Les débats seront possiblement longs et houleux, surtout pour la réforme constitutionnelle. Mais ce qui comptera finalement c’est, dans un contexte ou l’exécutif domine totalement le législatif, avec même occasionnellement des velléités de mieux «encadrer» le judiciaire, que l’exécutif ait la sagesse de penser – au-delà de ses besoins propres et de son confort particulier – à ce qui serait bien pour le pays. Pas facile. Mais absolument nécessaire ! Du moins pour tous ceux qui voudraient que l’on se souvienne d’eux comme des hommes d’État, plutôt que comme des petits chefs de clans politiques.
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Le récent communiqué du CEB menaçant les installations «solaires» sans permis, tombe au mauvais moment. Nombreux sont ceux qui, pourtant installés par les meilleurs, ont été invités à se déconnecter «en attendant»… Ce qui, bien sûr, augmente la pression sur le réseau monopolistique et déjà sous pression du CEB. Ça valait la peine ?
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Qu’avons-nous appris de nouveau avec la PNQ de mardisur les prix ?
Que les prix ne baisseront jamais ? Je suis assez vieux pour me souvenir de mon adolescence où un pain maison valait 7, puis 10 sous. DIX SOUS ! Où il ne fallait que Rs 13,40 pour acheter une livre sterling. Rs 13,40 ! En 1968, à l’indépendance, il ne fallait que Rs 4,66 pour acheter un dollar de l’oncle Sam. Rs 4,66 ! Le dollar, la devise la plus utilisée pour payer nos importations gigantesques, vaut donc DIX FOIS PLUS en 2025. Vous voyez les conséquences ? Le 4 mars 1968, l’express publiait une troisième liste de prix contrôlés du «panier de la ménagère», conséquence directe de la roupie dévaluée. Une boîte de beurre Plume rouge valait Rs 2,45 ; un kilo de dholl gram coûtait Re0,55 ; le poisson salé valait Re 1,50 le demi-kilo ; et une boîte de sardines de 125 grammes se vendait à Re 0,65…
Les prix ont donc augmenté et ils augmenteront encore, c’est sûr ! Tant qu’il y aura de l’inflation mondiale, que nous importerons inévitablement et tant que notre économie dévissera avec notre roupie, essentiellement parce que nous vivons au-dessus de nos moyens. «Vivre au-dessus de nos moyens» veut évidemment dire que nous dépensons un argent que nous n’avons pas, soit plus que ce que nous récoltons, tant au budget national que dans nos comptes avec l’étranger. Car il faut alors s’endetter ! Crucialement, nous ne pouvons couvrir tous nos besoins en devises étrangères pour continuer à importer, par exemple, pour Rs 291 milliards comme en 2024. En fait, le «trou» au niveau de la balance des comptes courants était cette année-là de Rs 45 milliards, grâce à un apport positif de Rs 89 milliards du secteur «des services», tourisme et GBC inclus. Une balance des comptes courants peut évidemment être déficitaire pour un temps, mais pas chroniquement ! Or, notre balance des comptes courants est maintenant déficitaire… depuis 2003 ! Et seuls la croissance et les gains de productivité peuvent nous tirer de ce sac d’embrouilles…
Les salaires et pensions augmentaient aussi, bien sûr. Mais est-ce à une cadence qui a amélioré le «pouvoir d’achat» ? Peut-être bien puisque, du moins récemment, la compensation salariale a été systématiquement plus importante que l’inflation. La véritable manière de tester la réalité cependant est de comparer, par exemple, le nombre de minutes de travail qu’il faut, en moyenne, en 2025, pour acheter une boîte de sardine, un kWh d’électricité ou un kilo de lait en poudre; et comparer ces chiffres avec ceux d’il y a 5, 10 ou… 55 ans. Les résultats d’un tel exercice pourraient surprendre ! Une complication cependant pourrait être que nous avons maintenant de nouveaux «besoins essentiels», dictés en partie par le consumérisme et/ou la modernité. Par exemple, les médicaments ne se résument plus au mercurochrome ou à de l’Aspro, il nous «faut» tous maintenant un téléphone 5G, un téléviseur, une sortie quelconque et l’air conditionné, alors que nous possédons presque tous une voiture et ne marchons plus, sauf si habillé par Nike et Lululemon… Black Friday oblige !
(*) A critical appraisal of the Best Loser System
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