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Campagne «16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre»
La ville de Beau-Bassin–Rose-Hill veut informer pour mieux protéger les victimes
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Campagne «16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre»
La ville de Beau-Bassin–Rose-Hill veut informer pour mieux protéger les victimes
La violence basée sur le genre a pris des proportions épidémiques dans toutes les régions du pays. Rien que pour le mois de septembre, par exemple, dans la ville de Beau-Bassin–Rose-Hill (BB-RH), il y a eu 100 plaintes policières pour actes de violence. Connaissant les réalités du terrain pour avoir été la coordinatrice de Caritas à Camp-Levieux, Gabriella Batour, mairesse des villes sœurs, s’allie avec le ministère de l’Égalité des genres et l’organisation non gouvernementale (ONG) Passerelle pour marquer, par trois activités, la campagne de 16 jours d’activisme contre la violence envers le genre, qui démarre le 25 novembre et se termine le 10 décembre.
Si la plus jeune des maires – Gabriella Batour, qui a 32 ans – est si sensible à la cause féminine, c’est parce que cette ancienne employée du tourisme, dont le mémoire de licence en sciences politiques à l’université de Maurice, a porté sur la représentation des femmes leaders en politique au Rwanda et à Maurice, a aussi suivi, en 2017, une formation d’un mois intitulée Milead Women Initiative, dispensée par Moremi Initiative avec le concours d’ONU Femmes au Ghana. «C’était un mois de formation intense. J’ai eu l’occasion de rencontrer des femmes leaders comme des ministres et des colonels de l’armée et j’ai pu faire du networking avec ces femmes d’influence.»
À son retour au pays, elle intègre la régionale du Mouvement militant mauricien du no 19. Et en 2019, elle quitte le tourisme pour se lancer dans le social. C’est ainsi qu’elle rejoint Caritas Île Maurice comme coordinatrice de terrain au niveau de Camp-Levieux. «C’est là que j’ai pu voir l’impact des mesures administratives et des policy decisions sur la vie des citadins.» Et c’est lors de ses visites sur le terrain qu’elle note que la violence est systémique et que les victimes ne savent pas toujours où se rendre pour trouver de l’aide. «J’ai réalisé que l’administration municipale pêchait par manque de décentralisation et que les victimes n’avaient pas toutes les informations si essentielles pour leur survie.»
Depuis qu’elle a été choisie pour être candidate aux élections municipales dans le ward 2 de la ville, qu’elle a été élue et nommée mairesse, Gabriella Batour réalise que les défis budgétaires et juridiques sont vraiment énormes «car on n’arrive pas toujours à avoir les résultats escomptés», mais elle ne désespère pas en s’accrochant à une vision : elle veut être «un exemple pour les femmes, les hommes, les jeunes de la ville et faire de la politique en restant humaine».
Collecte de cartons usagés
En août, elle a lancé un projet pilote avec WeCycle Mauritius Ltd pour la collecte de cartons usagés auprès d’une vingtaine de magasins de la ville. Ainsi, deux fois la semaine, cette ONG collecte les cartons pour les recycler. Initiative qui a bien fonctionné et que Gabriella Batour veut étendre pour la période des fêtes dans tout Rose-Hill. «Nous relançons ce projet à Rose-Hill et plus de 200 magasins et marchands ambulants seront concernés.»
Pour marquer la campagne «16 jours d’activisme contre la violence envers le genre», qui démarre le 25 novembre, elle s’est alliée avec le ministère de l’Égalité des Genres et l’ONG Passerelle pour proposer trois événements. Ainsi, le 25, la cour de la mairie se transformera «en lieu de campagne. La sensibilisation contre la violence se fera dans tout le centre-ville et Passerelle distribuera des pamphlets». La partie protocolaire de cette campagne est prévue le lendemain, mercredi 26 novembre, car mardi est jour de Parlement pour les élus nationaux.
La mairie fera aussi de la sensibilisation à grande échelle au cours de deux demi-journées de samedi, soit le 29 novembre à Plaisance et le 6 décembre à Chebel. «Cette sensibilisation se fera avec les cadres du ministère et les membres de l’ONG Passerelle. Nous évoquerons la violence envers le genre et le trafic humain. L’important est de faire comprendre aux victimes qu’il y a des lieux spécifiques où elles peuvent se rendre pour être aidées. Il faut leur donner un maximum d’informations et la mairie publiera une fiche d’informations à cet effet. Celle-ci devrait être utile aux personnes en détresse. Ces informations essentielles figureront aussi sur le site web de la mairie, sur sa page Facebook et sur les autres réseaux sociaux. Les différentes ONG qui militent contre la violence dans la ville seront aussi contactées pour qu’elles nous rejoignent en compagnie de deux victimes chacune.»
Occuper et divertir les jeunes
En décembre, la mairie, le Mauritius Sports Council (MSC) et le Mauritius Recreational Council (MRC) animeront un camp de vacances pour jeunes dans les centres municipaux situés dans les six wards des villes sœurs. «Les jeunes seront encadrés par les équipes du MSC, du MRC et par le personnel de la mairie.»
Gabriella Batour souhaiterait aussi faire recycler le matériel informatique usagé de la ville et pour cela, elle va négocier avec ReUSE Revamp.«Nous allons trouver une date pour cette collecte. Avoir une ville propre c’est avant tout savoir où déposer ses ordures de toutes sortes.» L’an prochain, pour marquer la Journée internationale de la femme, le 8 mars, Gabriella Batour veut afficher dans la cour de la mairie les visages des femmes de la ville qui ont réussi, de même que celui de femmes, qui assurent un service essentiel aux citadins et qui luttent au quotidien comme les éboueuses.
Son adjointe, Gina Poonoosamy, elle-même ainsi que le nouveau conseil municipal ont senti un relâchement parmi le personnel de la mairie. Les deux femmes et tous les conseillers entendent remotiver les employés pour qu’ils apportent plus de rigueur, fassent un travail systématique et soient plus productifs et proactifs. L’an prochain, en sus de visites à toutes les ONG et associations s’occupant d’enfants à besoins spéciaux, de personnes en situation de handicap et de seniors, Gabriella Batour veut aussi relancer les activités sportives. «Pour cela, il faudra remettre à neuf les infrastructures.» Tout un programme.
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