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Production sucrière 2025
Récolte revue à la baisse, prix à l’export stable
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Production sucrière 2025
Récolte revue à la baisse, prix à l’export stable
■ Dans une campagne marquée par pannes, retards et caprices du climat, chaque tonne de canne coupée rappelle que la vigilance doit durer jusqu’au bout.
215000 tonnes en 2025. C’est l’estimation définitive de la récolte pour l’année, soit 5000 de moins qu’annoncé en mai. La faute à une campagne dont chaque interruption technique ou logistique a fini par peser sur les volumes attendus.
La nouvelle s’est imposée comme un signal d’alerte dans la filière. Derrière cette révision à la baisse de la production sucrière pour 2025, les derniers chiffres publiés par la Chambre d’agriculture dessinent une progression prudente. Au 2 novembre, 64 % de la superficie avaient été récoltés. Les usines totalisaient alors 1504758 tonnes de canne usinées pour 141391 tonnes de sucre produites, avec un taux d’extraction de 9,40%.
Pour comprendre ce ralentissement, le Crop Estimate Coordinating Committee, qui regroupe la Mauritius Cane Industry Authority, le Mauritius Sugarcane Industry Research Institute (MSIRI), les établissements sucriers, le Sugar Insurance Fund Board, le Mauritius Sugar Syndicate, Statistics Mauritius et le ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, s’est réuni le lundi 10 novembre. Très vite, le constat des dernières estimations fournies par les trois usines a été formulé : une succession d’imprévus a freiné la roulaison.
Dans le Nord, des travaux de maintenance sur le réseau de distribution d’eau ont perturbé les opérations, tandis qu’en parallèle, des pannes importantes aux centrales thermiques de Terra et d’Omnicane ont ralenti des usines déjà sous contrainte. À ces incidents techniques s’ajoute un ensemble de facteurs externes qui peut aussi remettre en question le calendrier de la récolte : les conditions météorologiques, la performance des centrales thermiques et la capacité logistique. Lors d’une saison fragilisée, le moindre aléa suffit à remodeler les projections.
Face à ces incertitudes, les acteurs de la filière tentent de maintenir la cadence. Sur le terrain, l’attention se porte sur un élément clé de la performance finale : la qualité de la canne. Les planteurs sont appelés à livrer rapidement de la canne propre et bien coupée, un impératif qui garantit un meilleur rendement et limite les pertes à l’extraction. À ce stade de la campagne, chaque chargement correctement préparé contribue à stabiliser le volume de sucre produit.
Face à la baisse estimée de la production, le Chief Executive Officer du Syndicat des sucres, Devesh Dukhira, assure que la stratégie commerciale n’est pas remise en cause : «Une baisse de production a normalement un impact négatif sur le coût à la tonne, surtout en prenant en considération les coûts fixes. Cependant, nous nous sommes ajustés pour saisir les meilleures opportunités de vente pour chaque tonne de sucre produite, assure-t-il. Nous priorisons davantage les sucres à plus forte valeur ajoutée et sur les destinations les plus rémunératrices. L’estimation officielle en début de campagne du prix ex-Syndicat à Rs 22000 la tonne ne devrait donc pas beaucoup varier. Je dois néanmoins rappeler que les planteurs produisant en dessous de 60 tonnes de sucre reçoivent un revenu garanti par le gouvernement de Rs 35 000 la tonne».
Il précise que Maurice reste un petit producteur à l’échelle mondiale, alors que la production globale devrait atteindre 180 millions de tonnes en 2025-26. De ce fait, cette réduction locale n’exerce aucune influence sur les prix à l’exportation, qui continuent de subir la pression d’une hausse de près de 10 millions de tonnes sur la production mondiale. «Sur le marché local, toujours sujet à des importations hors-taxe, une production réduite à Maurice n’aurait guère d’impact sur les prix domestiques», a-t-il ajouté.
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