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Volte-face de Bérenger : Toujours pas d’accalmie au MMM
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Volte-face de Bérenger : Toujours pas d’accalmie au MMM
Photo: Sumeet Mudhoo.
La volte-face du leader du Mouvement militant mauricien (MMM), Paul Bérenger, qui a finalement renoncé, lundi, à quitter le gouvernement après deux tête-à-tête avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, mettant fin (provisoirement ?) au suspense pour l’Alliance du changement, ne cesse d’alimenter les réactions dans les milieux politiques.
Elles proviennent surtout des rangs du MMM, où des ministres – et non des moindres – confient que le climat s’est dégradé au sein du bureau politique (BP), surtout depuis que cette instance a été reléguée au second plan au profit du comité central. «Paul Bérenger n’a pas mâché ses mots pour dire sa déception envers ceux, surtout les anciens, qui mettaient leurs intérêts personnels avant ceux du parti. Mais justement, le débat est : qui représente le parti ?», fait ressortir un membre du BP mauve. Selon lui, la crise couve toujours sous les cendres et a engendré au moins deux courants : les anciens du BP, dans l’opposition depuis 2005, et les jeunes recrues ou membres de l’aile jeune, qui entourent la fille du leader, Joanna Bérenger.
Lors d’un BP tendu, plusieurs élus mauves avaient indiqué qu’ils ne suivraient pas Bérenger dans l’opposition, révélant des fractures profondes. Le leader du parti se serait montré amer envers ceux qui n’étaient pas prêts à le soutenir. «Clairement, certains ont changé leur fusil d’épaule depuis que Paul Bérenger a opéré sa volte-face. Il n’y avait que deux ministres disposés à le suivre, mais aujourd’hui certains retournent leur veste, du moins pour le moment.»
Interrogé, Reza Uteem – alors en mission en Inde et absent des dernières discussions – explique qu’il a demandé au leader quelle devait être la conduite du parti après l’annonce de Bérenger de quitter son poste de numéro 2 du gouvernement. «Étant à l’étranger, j’ai raté les deux derniers BP. Raison pour laquelle j’ai recherché l’avis du leader. Il nous a demandé de consulter les militants de notre circonscription.» Le ministre Uteem nie que le poste de leader de l’opposition lui ait été promis en cas de démission. Mais d’autres ministres du MMM précisent que cette éventualité avait été envisagée, avant que la donne ne change lundi.
Au sein de l’Alliance du changement, l’impatience grandit pour que le feuilleton cesse et que les projets se matérialisent – notamment la réforme électorale et les engagements du manifeste. «Le public ne nous a pas élus pour ces secousses internes. Nous devons mettre nos différences de côté et travailler comme une seule équipe», affirme un dirigeant d’un des quatre partis de l’alliance. «Cela doit dépasser la querelle entre Ramgoolam et Bérenger.»
Joanna Bérenger : «Aucune ambition d’être leader»
L’avenir politique de Joanna Bérenger constitue un autre foyer de tensions. Soutenue par une partie des jeunes, la fille du leader peine à rallier les anciens du MMM. Au plus fort de la crise, seuls trois élus – dont elle-même – étaient prêts à accompagner une éventuelle démission collective. La ministre déléguée à l’Environnement a défendu son père sur sa page Facebook et réfute toute ambition personnelle à se retrouver à la tête du parti.
«Certains refusent d’accepter l’engagement de Paul Bérenger pour le vrai changement. […] Ils rabâchent leur vieux fantasme : “Il fait tout ça pour sa fille ! Il prépare Joanna comme héritière !”», écrit-elle. Elle se montre catégorique : «À ces aigris, je le redis clairement : je n’ai ni l’envie, ni l’ambition, ni l’intention d’être leader, ni du MMM, ni de l’opposition. La dynastie n’a aucune place chez les militants.» Cette sortie, loin d’apaiser les secousses internes, aurait au contraire accentué les fractures au sein du parti.
Dans les rangs de l’opposition, ce feuilleton est du pain bénit : au lieu de marquer le premier anniversaire de l’Alliance du changement, l’épisode semble confirmer, selon ceux du MSM et du PMSD, l’un de leurs principaux arguments de campagne : «Navin Ramgoolam et Paul Bérenger peuvent difficilement travailler ensemble».
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