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Joëlle Coret : «Rien n’a changé dans ma vie avec l’arrivée du nouveau gouvernement»

16 novembre 2025, 18:00

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Joëlle Coret  : «Rien n’a changé dans ma vie avec l’arrivée du nouveau gouvernement»

?Le conseil des ministres a annoncé votre nomination à la présidence de la MASA, vendredi. C’est un «pwalon so» que vous allez gérer. Quelles sont vos priorités ?

Je ne suis pas là pour évoquer le passé (NdlR: Joelle Coret a été la cible d’attaques dans un groupe WhatsApp regroupant de nombreux artistes). Je ne suis pas là pour diviser. Le plus important c’est de redonner sa valeur à cette institution qu’est la MASA. La faire fonctionner comme il se doit. Adopter une autre approche avec les artistes.

Moderniser la MASA ce n’est pas qu’une question de technologies et de systèmes informatiques. C’est surtout une question d’attitude et de culture institutionnelle.

Ma priorité est de travailler en collaboration avec toutes les parties prenantes : les artistes, le directeur, le board. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons reconstruire la MASA. Pas dans la division.

?Ce qu’attendent vos confrères artistes c’est surtout des explications sur l’aspect financier, «koz kas». Les Rs95 millions non distribués qui sont restés bloqués dans les caisses de la MASA. Le paiement des «royalties», alors que rien n’a encore été versé aux ayants-droits en 2025.

Il faudra d’abord que je participe à une première réunion du board et que je rencontre le directeur de la MASA. Je ne peux pas me prononcer pour l’heure, mais je pense que c’est un travail qui a déjà été enclenché avant mon arrivée.

?Le ministre des Arts et de la Culture, Mahen Gondeea a insisté pour qu’un «audit trail», donc une enquête sur les finances de la MASA, soit menée.

Je dois maintenant aller vers le board, vers le directeur, pour comprendre ce qui a bloqué. En revanche, je suis d’avis que la MASA doit faire une répartition des royalties le mois prochain, en décembre 2025. Je pense que le travail a déjà dû être fait en amont. Pour l’année prochaine, je compte bien participer à l’élaboration d’un calendrier de travail.

?Depuis 2021, vous êtes la présidente de l’Union des artistes. En devenant présidente de la MASA, est-ce que vous quittez une présidence pour une autre ?

Être présidente d’un syndicat des artistes, défendre leurs droits en tant que travailleurs et présider une institution qui protège les œuvres des artistes, pour moi, c’est complémentaire. Dans un souci de transparence, d’éthique et de bonne gouvernance, je compte respecter la séparation claire entre le syndicat, qui lutte pour le bien-être professionnel des artistes, et la MASA, qui gère les droits d’auteurs.

?Cela signifie-t-il que vous quittez la présidence du syndicat pour celle de la MASA ?

C’est la vice-présidente de l’Union des artistes, Yashvynee Dhonow, qui assurera l’intérim pendant mon mandat à la MASA. Mais il n’y a rien dans la loi qui m’empêche de faire l’un et l’autre parce que ce sont deux choses différentes. J’ai déjà eu des consultations avec la Fédération internationale des musiciens (NdlR : FIM, à laquelle l’Union des artistes est affiliée) à ce sujet. C’est grâce à l’appui de la FIM que l’Union a pu faire plusieurs plaidoyers en faveur des droits des artistes en tant que travailleurs. Des arguments qui ont été repris jusque dans le Parlement. Je veux faire les choses bien, dans le respect des lois.

?Vous êtes nommée présidente à temps partiel de la MASA. Un mi-temps que certains ne voient pas d’un bon œil estimant que cela dévalue la fonction et l’institution.

Selon le ministère des Arts et de la Culture, quand une institution a un directeur exécutif, il n’y a pas lieu d’avoir un président à plein temps.

?Une nomination est souvent synonyme d’affinités politiques. Vous avez été choisie durant le mandat d’un ministre travailliste aux Arts et à la Culture…

Je n’ai pas participé à la campagne électorale, il y a un an. Ni mo’nn al rod bout. Mo’nn res kouma mo ete. Rien n’a changé dans ma vie avec l’arrivée du nouveau gouvernement. Je suis une artiste indépendante. Cette nomination c’est une reconnaissance du travail accompli au sein de l’Union des artistes. Si le gouvernement reconnaît la crédibilité et la légitimité de ce que j’ai fait, c’est un honneur.

?Vous avez commencé à chanter dans le circuit hôtelier. Même si vous avez fait du chemin dans le créneau mainstream, vous êtes toujours associée aux «artis lotel». Quand une «artis lotel» devient présidente de la MASA, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Toutes les catégories d’artistes doivent travailler ensemble. L’industrie culturelle demande la collaboration. Il ne faut pas confondre popularité et infériorité. Ce n’est pas parce qu’un artiste est populaire aujourd’hui, qu’il est supérieur aux autres.

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