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Kronik KC Ranzé
La politique qui laisse pantois…
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Kronik KC Ranzé
La politique qui laisse pantois…
Ça chauffe à Mada !
Devenue colonie en 1896, indépendante depuis juin 1960, Madagascar est un pays qui se cherche encore… Son premier président, Philibert Tsiranana, considéré trop proche de la puissance coloniale, fut viré pour insuffisances multiples. Entre 1975 et 1992, il y eut une expérience marxiste/socialiste, sous «l’amiral rouge» Didier Ratsiraka, d’abord nommé par les militaires, qui a véritablement dérapé. Il revint pourtant au pouvoir entre 1997 et 2002. Plus récemment, l’emphase a été mise sur une politique bien plus libérale qui n’a pas livré de progrès notables. Seules les élites ont, semble-t-il, progressé économiquement. Seulement voilà, même ces progrès n’ont pas été beaucoup réinvestis dans le pays, une attitude généralement «extractive» ayant opéré tant chez les investisseurs que chez les responsables politiques, le bien général passant systématiquement après le bien particulier de certains.
Le dernier chef d’État en date, Andry Rajoelina, ancien maire de la capitale, qui a aussi été initialement favorisé militairement dont l’épouse est de la haute bourgeoisie de Tananarive, a été bien trop «bling bling» et n’a clairement pas pu «tout régler» comme il l’avait promis encore et encore. D’abord entre 2009 et 2010, puis après son élection en 2018 et une fois encore en 2023, grâce à des élections manipulées et une opposition muselée. Son problème ? De la corruption systémique qui handicapait le progrès commun, ainsi qu’un sens des priorités biscornu et un penchant pour le spectaculaire – l’inauguration, en août, d’une superbe autoroute de quelques 8 kilomètres (sur les 260 requises pour rejoindre Tamatave), ou un téléphérique tape-à-l’œil au-dessus de la capitale. C’est du gaspillage évident quand la Jirama ne peut toujours pas distribuer de l’électricité de manière fiable, que l’eau courante manque dans les quartiers et que la pauvreté se répand comme un chancre…
Rappelons que, entre 1990 et 2024, le PIB par tête de Madagascar a progressé de $ 1,165 (PPP) à $ 1,884, en 2024, 35 ans plus tard (+ 62%). Pendant ce temps-là, ici, chez nous, le PIB par tête progressait de $ 5,008 a $ 31,050 (PPP) (+ 620 %).
Quand Rajoelina dû fuir le pays, après avoir tenté de réprimer sévèrement les émeutes de la Gen Z de septembre/octobre dernier, qui laissait au moins 22 morts, il s’est envolé d’abord pour Dubaï, via La Réunion, où se trouverait «sa» fortune, comme d’autres fortunes fumeuses. Il avait été exfiltré à bord d’un avion français, ce qui confirme son soutien diplomatique principal jusque-là et met immédiatement la France dans une position inconfortable vis-à-vis du nouveau pouvoir «nationaliste» incarné par le colonel Michael Randrianirina. D’autant que ce nouveau pouvoir semble être, au moins partiellement, inspiré par le rejet d’une France, jugée néo-colonialiste à souhait, par certains pays du Sahel (Burkina, Niger, Mali, Tchad). Les nouveaux dirigeants malgaches revendiquent solidement leur souveraineté et ancrent, a priori, leurs promesses d’avenir meilleur dans le rejet des puissances d’hier…
Ce positionnement va sans doute s’exprimer d’abord sur les îles Éparses, revendiquées depuis toujours par Tananarive. Les îles Europa, Bassas da India, les Glorieuses, Juan de Nova, ces îlots minuscules inhabités, contrôlent en effet des territoires marins importants (350,000 km2 de ZEE), alors que leurs soussols regorgeraient d’importantes ressources de pétrole et de gaz. Les enjeux géopolitiques et économiques seraient immenses.
La France, quelques mois seulement avant l’indépendance malgache, avait excisé, en toute discrétion, et six mois avant la résolution 1514(XV) des Nations unies, ces îles Éparses du territoire malgache, les mettant sous tutelle administrative de La Réunion, démembrant ainsi «illégalement le pays qu’il allait rendre souverain. On suppose qu’ils voyaient déjà l’intérêt stratégique de ces îles pour les voies maritimes du canal du Mozambique ? Des estimations suggèrent depuis, l’existence de 17 milliards de barils de pétrole brut et 167 000 000 millions de pieds cube de gaz (*) à exploiter sous ces îles. Les responsables malgaches comprennent bien ce qui alimente le refus systématique de la France de discuter de rétrocession, mais force est de constater que leurs démarches diplomatiques et légales n’ont jusqu’à présent rien donné de concret en six décennies, sauf pour deux résolutions onusiennes non contraignantes (la 34/91 et la 35/123) datant de 1979/80, invitant Paris à discuter de restitution. Après ces résolutions, la France préférait parler de coopération et même de cogestion, mais ne cédait en rien sur la question de souveraineté, à 8 600 km de «chez elle».
C’est dans ce contexte qu’un «ultimatum» français de considérer une cogestion jugée inégale et laissant peu de bénéfices à Madagascar, essuyait un refus cinglant. Tant dans les réactions de l’ancien que du nouveau pouvoir nationaliste. Madagascar, à travers son nouveau ministre des Affaires Étrangères, aurait, selon des informations non confirmées, rejeté tout compromis, annonçant même s’inviter à la Cour Internationale de Justice et réclamant apparemment des indemnités pour des exploitations pétrolières et hauturières passées jugées «illégales». Plusieurs dizaines de milliards d’euros seraient ainsi documentés. Au Quai d’Orsay, on parle de dérive autoritaire mais l’ambassadeur a été entre-temps reçu avec civilité et intérêt. La Russie, au ban des nations depuis 2022, s’est déjà positionnée pour profiter de l’opportunité. Comme au Sahel d’ailleurs. Les nouveaux dirigeants malgaches affirment vouloir aussi renforcer leurs liens économiques avec l’Inde et la Chine. Des accords préliminaires indiquent un intérêt chinois pour l’exploitation pétrolière et un intérêt indien pour du développement portuaire et logistique. Il n’est pas du tout démontré à ce stade que les nouveaux «partenaires» de Madagascar seront mieux pour les Malgaches et ils pourraient d’ailleurs être les mêmes, à dosages différents. Néanmoins, la visite du président français à Maurice les 20 et 21 novembre prochains se passera dans un contexte de tension diplomatique certaine dans la région. On parlera sûrement de tout cela et peut-être de Tromelin aussi, et Maurice avec Ravatomanga entre les jambes va donc devoir faire quelques choix ?
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Après les départs de Sanspeur, Sithanen, Beegoo ; voilà Le Lay et Teelock limogés de la MTPA…
Ce sont pourtant, tous, des nominés du gouvernement actuel qui, en moins d’un an, auront été virés ou démissionnés. Pour la dernière paire, Le Lay et Teelock, il semblerait que trois membres du Conseil d’administration auraient aussi été invités à évacuer, dont Jocelyn Kwok de l’ARIHM ! Il y a de quoi s’interroger…
En effet, le choix de ces personnes n’est pas le fait d’un Appointments Committee quelconque, mais bien des choix personnels. Qu’est-ce qui fait donc qu’en moins de quelques mois, ces choix personnels des «meilleurs», doivent être renversés ? Une conséquence n’est-elle pas, en fin de compte, que l’on questionne la clairvoyance initiale de celui qui les nomme ?
Dans le cas de la MTPA, on évoque, en l’absence d’une raison officielle, le fait que le ministre s’est retrouvé, à Londres pour la World Travel Market, sans la Chairperson Le Lay et le CEO Teelock de la MTPA qui auraient refusé de voyager en classe Économie, privilégiant la Business. La faute de circonstance serait donc une attitude de «désinvolture». Il y a sûrement des règlements a respecter pour les billets d’avion payés avec des deniers publics ? Ou même reçus «gratuitement» de tiers (dés)intéressés ? Ceux qui acceptent un poste, ne sont-ils pas informés de ce à quoi ils ont droit, au départ ? De son côté, le ministre considère-t-il vraiment que ces cinq fautifs méritent des licenciements plutôt qu’un savon vigoureux ?
Ma crainte, avec ces cas en toile de fond, c’est qu’il puisse devenir plus difficile de convaincre des citoyens compétents et de bonne foi de venir aider le gouvernement à mieux gérer les 117 (un nombre pas actualisé récemment) corps paraétatiques du pays, qui en ont pourtant terriblement besoin. Restera alors le choix de nommer seulement… des loyalistes ? Échec et mat au «changement» d’approche ?
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Révélations au Parlement : l’ancien PM, Pravind Jugnauth, avait… 31 conseillers au PMO, soit 16 Advisers, 11 Senior Advisers et 4 Special Advisers. Quand on a besoin d’autant de conseillers, de deux choses l’une : soit on n’est pas assez outillé pour faire le travail soi-même, soit de nombreux conseillers sont en fait des «protégés» à qui l’on assure une rente intéressante pour des raisons occultes, que l’on peut aisément imaginer…
Deux cas typiques. Prakash Maunthrooa touche Rs 8,1 millions de salaires et Rs 15 millions de Board fees entre 2015 et 2024. Kreedeo Beekharry fait légèrement mieux avec Rs 23,6 millions en dix ans. Ces conseillers ont souvent cumulé d’autres postes de responsabilité. Ainsi, Maunthrooa se démenait à la CWA et Beekharry sévissait à la Gambling Regulatory Authority (GRA). Il est pour le moins improbable, peu importe son talent, qu’une personne puisse être le deus ex machina d’un corps paraétatique important, le Special Adviser d’un Premier ministre, tout en siégeant à 14 conseils d’administration et 7 comités divers.
À moins d’être des surhommes ?
(/*/) Ce qui situerait Madagascar à la 11e place du classement des réserves de gaz naturel par pays.
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