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COP30 à Belém : la forêt amazonienne, symbole des contradictions de la lutte contre le changement climatique
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COP30 à Belém : la forêt amazonienne, symbole des contradictions de la lutte contre le changement climatique
Une vue aérienne montrant une zone dégradée de la forêt amazonienne, près du territoire indigène de Koatinemo dans l’État de Para, au Brésil, le 12 juin 2025. Photo: AFP
Avec la COP30 qui s’ouvre ce lundi 10 novembre à Belém, le Brésil espère montrer qu’il est capable de jouer les premiers rôles dans la lutte contre le changement climatique. Un rôle d’autant plus important qu’il abrite 60 % de la forêt amazonienne sur 5 millions de km². Le « poumon de la planète » reste la principale source de dioxygène sur Terre et produit 20 % de l’oxygène que nous respirons.
De retour au pouvoir depuis près de trois ans, le président Lula peut se targuer d’un bilan globalement positif en matière de défense du climat, notamment sur l’Amazonie. Si la plus grande forêt tropicale de la planète a perdu 490 000 km² entre 1985 à 2024 - soit environ la superficie de l’Espagne – avec une destruction accentuée sous Jair Bolsonaro de 2019 à 2022 –, depuis, la déforestation a freiné.
Lula, qui s’est engagé à éradiquer la déforestation d’ici 2030, a vite engrangé des résultats spectaculaires. Ainsi, sur une période de référence allant d’août 2024 à juillet 2025, elle a atteint son plus bas niveau en onze ans, avec seulement 5 796 km² déboisés. Le déboisement a aussi baissé dans d’autres écosystèmes sensibles, comme le Cerrado, savane très riche en biodiversité située au sud de l’Amazonie.
Initiative mondiale pour les forêts en danger
Au rayon des bonnes nouvelles, le Brésil a aussi enregistré en 2024 sa plus forte réduction des émissions de gaz à effet de serre d’une année sur l’autre depuis 2009, en raison notamment de cette baisse de la déforestation. Les émissions brutes dans le plus grand pays d’Amérique latine ont été réduites de 16,7 % l’an dernier par rapport à 2023, selon les calculs du réseau brésilien d’ONG Observatoire du climat.
Lula a également créé le ministère des Peuples indigènes et légalisé 16 réserves indigènes au cours de son troisième mandat, un processus qui avait été paralysé par les gouvernements précédents. De nombreux experts estiment que ces territoires, protégés par l’État, jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique, agissant comme un rempart contre la déforestation et les incendies.
Enfin, le gouvernement brésilien a également conçu une initiative mondiale pour financer la conservation des forêts en danger : la Facilité de financement des forêts tropicales (TFFF, selon l’acronyme anglais). « C’est la principale contribution que le Brésil entend apporter à la COP », a expliqué le ministre des Finances Fernando Haddad. Les autorités envisagent le TFFF comme un fonds de plus de 100 milliards de dollars de capitaux publics et privés.
Mais tout n’est pas si rose pour le Brésil de Lula. Malgré les données encourageantes de l’an dernier, « les données de l’économie brésilienne en 2025 (...) ne permettent pas de faire des projections optimistes » quant au respect des engagements pris par le pays pour réduire ses émissions cette année, tempère l’Observatoire du climat.
Projet d’exploration pétrolière
Le président de gauche est aussi ciblé par les écologistes pour son soutien à un projet d’exploration pétrolière au large de l’Amazonie. Fin octobre, l’agence de surveillance environnementale Ibama a donné son feu vert à la compagnie publique Petrobras pour débuter l’exploration dans un bloc situé à 500 kilomètres de l’embouchure de l’Amazone.
Face à ses détracteurs qui jugent le fait d’investir dans les combustibles fossiles contradictoire avec ses ambitions environnementales, Lula rétorque que l’argent du pétrole peut être utilisé pour financer la transition énergétique.
Le Brésil est aussi critiqué pour avoir relancé, en 2024, un projet d’autoroute qui était dans les tuyaux depuis 2012 pour faciliter l’accès à Belém en vue de la COP 30. Le secrétariat spécial pour la COP, rattaché à la présidence brésilienne, a rappelé que ce projet « ne relève pas de la responsabilité du gouvernement fédéral » et n’avait pas de lien avec la conférence.
Par ailleurs, le Brésil a subi l’an dernier l’une des pires vagues d’incendies de forêt de son histoire, le feu – très souvent lié à l’activité agricole – se propageant à la faveur d’une sécheresse liée, selon les experts, au réchauffement climatique.
Les personnes vivant au cœur de la forêt amazonienne en subissent aujourd’hui les conséquences. Selon un rapport publié le 4 novembre par Greenpeace International, elles respirent un air contenant des concentrations de particules fines plus élevées que celles vivant dans des métropoles telles que São Paulo, Pékin ou Londres. Et cette mauvaise qualité de l’air est en grande partie due aux incendies allumés intentionnellement.
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