Publicité

Justice

Après le scandale des poupées pédopornographiques, quatre géants chinois visés par la justice

4 novembre 2025, 07:18

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Après le scandale des poupées pédopornographiques, quatre géants chinois visés par la justice

Illustration du logo Shein et du site web du détaillant de mode éphémère.

Le parquet de Paris a ouvert quatre enquêtes qui ont été confiées à l’Office des mineurs (Ofmin) sur les pratiques de Shein, AliExpress, Temu et Wish.

L’affaire des poupées pédopornographiques prend de l’ampleur. Le parquet de Paris a ouvert ce lundi 3 novembre quatre enquêtes sur les pratiques des géants asiatiques de la vente en ligne Shein, AliExpress, Temu et Wish, après des signalements dénonçant notamment la mise en vente d’objets sexuels ayant l’apparence d’enfants.

Les enquêtes, confiées à l’Office des mineurs (Ofmin), portent sur la « diffusion de message violent, pornographique, ou contraire à la dignité accessible à un mineur » pour les quatre sites, a annoncé le parquet à l’AFP.

Dans le cas de Shein et AliExpress, qui proposaient des poupées ayant l’apparence d’enfants, les enquêtes visent aussi la « diffusion de l’image ou la représentation d’un mineur présentant un caractère pornographique. »

Menace d’interdiction

Le parquet souligne avoir été saisi par des signalements de la Répression des fraudes (DGCCRF), qui dénonçait « l’accessibilité de contenus sexuels par des mineurs, ainsi que la mise en vente d’objets sexuels revêtant l’apparence d’enfants, et donc à caractère pédopornographique ».

Lundi soir, Shein a affirmé avoir supprimé l’intégralité des annonces et visuels associés aux « poupées sexuelles », et avoir temporairement déréférencé sa catégorie « produits pour adultes ». AliExpress a assuré de son côté que « les annonces concernées (par le signalement) ont été retirées ».

Plusieurs responsables politiques étaient montés au front, le ministre de l’Économie Roland Lescure menaçant sur BFMTV et RMC de demander, « si ces comportements sont répétés, (...) qu’on interdise l’accès de la plateforme Shein au marché français ».

« C’est tout à fait inacceptable et soulève la question, plus généralement, de la manière dont le marché unique européen, dont notre marché intérieur, est envahi par des produits contrefaits », a ajouté le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, en déplacement dans le Loiret.

L’Arcom également saisie

Shein sera auditionnée sous quinze jours à l’Assemblée par la mission d’information sur les contrôles des produits importés en France.

« Il y en a marre parce que ce ne sont pas des objets comme les autres », a condamné sur BFM la haute-commissaire à l’Enfance Sarah El-Haïry. « Ce sont des objets pédocriminels sur lesquels des prédateurs s’entraînent malheureusement, parfois avant de passer à des sévices sur des enfants », a-t-elle ajouté.

« Au domicile de Joël Le Scouarnec, le médecin qui a fait plus de 300 victimes, on a retrouvé une collection de poupées sexuelles à l’effigie d’enfants », rappelle Arnaud Gallais, fondateur de Mouv’Enfant, en référence à l’ancien chirurgien, condamné à 20 ans de prison pour viols et agressions sexuelles. Le collectif s’est rendu devant le BHV lundi pour dénoncer le partenariat avec Shein.

Le régulateur de la communication audiovisuelle et numérique, l’Arcom, a par ailleurs confirmé à l’AFP avoir été saisi.

Entreprise aux racines chinoises qui a conquis le marché mondial de l’ultra fast-fashion, Shein s’est implantée progressivement dans le paysage du commerce en ligne depuis son arrivée en France en 2015. Régulièrement accusée de concurrence déloyale, de pollution environnementale et de conditions de travail indignes, Shein a prévu d’ouvrir mercredi son tout premier magasin physique pérenne au BHV, historique grand magasin.

Publicité