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Ramgoolam évoque l’assistance du FBI
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Ramgoolam évoque l’assistance du FBI
Lors de la séance parlementaire d’hier, la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, a donné lieu à un échange tendu autour de l’affaire du jet privé Cessna Citation 5R-HMR, arrivé à Maurice le 12 octobre en provenance de Madagascar. Le chef du gouvernement a expliqué que le vol avait initialement été autorisé à atterrir à la demande de Jet Prime Ltd, filiale d’Airport Holdings Ltd, au nom de Trans Ocean Airways. La raison invoquée a d’abord été une évacuation médicale, avant de devenir un vol touristique, puis un besoin urgent de ravitaillement en carburant. «En ligne avec les pratiques internationales, le Département de l’aviation civile a autorisé l’atterrissage», a précisé Navin Ramgoolam.
L’appareil a atterri à 00 h 44, transportant cinq passagers et deux membres d’équipage, tous de nationalité malgache. Parmi eux, figuraient l’homme d’affaires Maminiaina (Mamy) Ravatomanga et ses proches, ainsi que l’ancien Premier ministre de Madagascar, Louis Christian Ntsay. Neuf valises et plusieurs sacs à main ont été scannés à leur arrivée sans qu’aucune anomalie ne soit détectée. Chaque passager a déclaré 10 000 euros, un montant conforme au plafond autorisé. Une fouille plus approfondie, effectuée le 13 octobre par la Mauritius Revenue Authority, n’a rien révélé d’illégal à bord, hormis une valise de marque INEOS appartenant à Mamy Ravatomanga, contenant un simple accessoire de toit ouvrant pour véhicule.
Le Premier ministre a rappelé que les arrestations de Mamy Ravatomanga, David Jean Christian Thomas et Nasser Bheeky par la FCC reposaient sur des soupçons raisonnables de blanchiment d’argent et que le Directeur des poursuites publiques avait été consulté avant leur interpellation. «L’enquête suit son cours à la FCC», a indiqué Navin Ramgoolam, qui a aussi confirmé qu’il va rendre le rapport public après l’investigation.
Il a aussi souligné que le dossier prenait une tournure internationale, évoquant une requête du Federal Bureau of Investigation (FBI) américain en lien avec la vente de cinq Boeing 777 à l’Iran en violation d’un embargo. Le FBI aurait déjà offert son assistance aux autorités mauriciennes.
Joe Lesjongard a ensuite soulevé plusieurs questions supplémentaires, pointant des «ramifications» institutionnelles et politiques dans cette affaire. Il a notamment reproché à Jet Prime Ltd de ne pas avoir informé le Premier ministre par intérim lors de l’atterrissage du jet. Navin Ramgoolam lui a donné raison : «Il aurait dû être informé.» Il a toutefois affirmé que Jet Prime Ltd devra répondre sur son rôle exact, soulignant que les changements successifs des motifs d’atterrissage «démontrent que tout cela semble avoir été planifié à l’avance».
Interrogé sur une éventuelle démission liée à l’affaire au sein de la FCC, le Premier ministre a assuré qu’aucune personne impliquée ne serait épargnée. «Nous ne laisserons aucune pierre non retournée», a-t-il déclaré, promettant que toute enquête concernant des membres de la FCC serait conduite de manière indépendante. «Nous ne vivons plus à l’époque du MSM», a-t-il lancé, accusant l’ancien régime d’avoir couvert des affaires similaires par des arrangements financiers discrets.
Le leader de l’opposition a aussi questionné la position de Maurice vis-à-vis du nouveau pouvoir à Antananarivo, après la suspension de Madagascar par l’Union africaine. Navin Ramgoolam a répondu avec fermeté : «Ce n’est pas un coup d’État militaire comme certains le disent. Il s’agit d’une révolte. L’ancien président a quitté le pays. Ce que nous voulons, c’est le retour d’un gouvernement civil légitime à travers des élections.»
Enfin, le Premier ministre a indiqué que Mamy Ravatomanga, qui est toujours admis dans une clinique privée, ferait l’objet d’un contrôle par le ministère de la Santé pour vérifier la véracité de son état médical. «Il est trop facile de dire qu’on a un problème cardiaque pour éviter des interrogatoires. Des professionnels du public seront envoyés pour s’assurer de la véracité de ces allégations.»
Le Parlement a été ajourné au 11 novembre.
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