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Dépénalisation du cannabis
Cure Mauritius plaide pour un modèle hybride auprès du Premier ministre
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Dépénalisation du cannabis
Cure Mauritius plaide pour un modèle hybride auprès du Premier ministre
François Henri, représentant de l’organisation Cure Mauritius, a adressé une lettre au Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans laquelle il relance le débat sur la dépénalisation du cannabis et évoque la fracture du mouvement, qui milite pour une approche plus humaine et pragmatique de la question des drogues à Maurice. Dans ce document, il plaide pour une réforme inspirée des modèles portugais, brésilien et sud-africain, soit une dépénalisation pour le consommateur, accompagnée d’un suivi médical, social et psychologique plutôt qu’une logique punitive. «Nous devons cesser de punir les consommateurs comme des criminels. Ce sont avant tout des patients, des personnes qui ont besoin d’un encadrement adapté», explique-t-il.
Cependant, derrière ce plaidoyer clair, le mouvement associatif mauricien apparaît profondément divisé. Si tous partagent la volonté de mettre fin à la criminalisation des usagers, les dissensions sur la méthode – dépénalisation progressive ou légalisation totale – freinent le combat. «Il existe plusieurs associations qui militent pour la même cause mais avec des visions différentes», déplore François Henri. «Certains prônent la dépénalisation encadrée, d’autres exigent la légalisation immédiate. Ces divergences stratégiques créent des tensions et affaiblissent notre message collectif.»
Plusieurs collectifs, dont le Kolektif 420 (Voir plus bas) et d’autres ONG, ont tenté d’unir leurs voix. Mais les désaccords idéologiques, les querelles de leadership et les rivalités internes ont progressivement miné cette unité nécessaire. Résultat : aucune force commune n’a encore réussi à établir un véritable dialogue institutionnel avec le gouvernement, malgré les nombreuses propositions soumises.
Dans sa lettre, François Henri souligne aussi l’hypocrisie d’un système où les prisons sont surpeuplées de petits consommateurs alors que les trafics se poursuivent. Il propose un droit de possession limité et un encadrement de la culture privée, à des fins personnelles et thérapeutiques. «Il est temps de reconnaître la différence entre consommation, addiction et trafic. Nous mélangeons tout depuis 40 ans, et la répression n’a rien résolu», dit-il.
Pourtant, la démarche de Cure Mauritius n’a reçu, à ce jour, aucune réponse officielle du bureau du Premier ministre. Le document, transmis également à plusieurs instances publiques, vise à provoquer un débat national. «Si la réponse ne vient pas d’en haut, elle viendra d’en bas, par la société civile», affirme François Henri, qui invite à un dialogue public entre ONG, médecins, forces de l’ordre et responsables politiques.
Mais sans front commun, ce dialogue semble encore lointain. «Tant que les ONG continueront à se diviser, le combat pour la dépénalisation restera lettre morte», conclut François Henri, rappelant qu’il ne s’agit pas seulement d’un débat sur la drogue mais d’une question de dignité humaine et de santé publique.
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