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STC-Betamax

Rs 5,5 milliards payées, dont Rs 4,6 Mds venues du peuple en 2021

23 octobre 2025, 05:00

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Rs 5,5 milliards payées, dont Rs 4,6 Mds venues du peuple en 2021

La décision prise par le précédent gouvernement, en 2015, de résilier le contrat d’affrètement liant la State Trading Corporation (STC) à la société Betamax Ltd constitue, selon Navin Ramgoolam, une «erreur colossale» aux lourdes conséquences financières pour l’État et les contribuables mauriciens. Le chef du gouvernement a rappelé que le contrat Betamax, signé en 2009, visait à assurer le transport régulier des produits pétroliers de Mangalore, en Inde, vers Maurice. Ce dispositif s’inscrivait dans une stratégie globale mise en place à l’époque pour garantir la stabilité et l’efficacité de l’approvisionnement en carburant du pays.

Deux arrangements principaux avaient été conclus : un accord de gouvernement à gouvernement avec l’Inde, à la suite d’une mission officielle auprès du Premier ministre indien d’alors, le Dr Manmohan Singh, et un contrat d’affrètement entre la STC et Betamax Ltd, attribué après un appel d’offres. Selon Navin Ramgoolam, ces accords assuraient à Maurice une sécurité énergétique durable et renforçaient la coopération avec un partenaire stratégique de longue date. Toutefois, a-t-il souligné, ces bénéfices potentiels avaient été anéantis par la décision du gouvernement qui lui avait succédé en 2014 de résilier unilatéralement ces deux accords, sans tenir compte des implications juridiques et diplomatiques. Le Premier ministre a dénoncé une décision motivée par la «vengeance politique», qui avait non seulement sapé la relation privilégiée entre Maurice et l’Inde, mais également entraîné des conséquences économiques dramatiques pour le pays.

Cette résiliation a conduit à une longue bataille judiciaire entre Betamax Ltd et la STC, conclue le 14 juin 2021, par un verdict du Comité judiciaire du Privy Council en faveur de Betamax. La STC a été condamnée à verser à la société un montant total de Rs 5,55 milliards, comprenant les dommages, les frais d’arbitrage et les intérêts accumulés. Ce paiement, effectué le 22 juin 2021, a été financé en grande partie à partir du Consolidated Fund, soit des fonds publics, à hauteur d’environ Rs 4,6 milliards, tandis que le solde, proche de Rs 1 milliard, a été réglé directement par la STC. Navin Ramgoolam a rappelé que ce règlement avait nécessité l’adoption d’une Supplementary Appropriation Act au Parlement, démontrant l’ampleur du fardeau imposé aux finances publiques.

Le Premier ministre a ajouté que cette dépense considérable avait contribué à plonger la STC dans une situation financière critique. Selon lui, la société publique, qui joue un rôle essentiel dans la sécurité énergétique du pays, se retrouve aujourd’hui lourdement endettée et affaiblie à cause d’une décision prise «sans réflexion ni sens de responsabilité». Il a insisté sur le fait que ce dossier doit servir d’exemple pour l’avenir afin d’éviter que des choix politiques précipités ne se transforment en catastrophes économiques. Il a affirmé que la stabilité économique d’un pays dépend avant tout du respect de ses engagements contractuels et de la préservation de ses relations internationales. «La crédibilité d’un État repose sur la cohérence de sa politique et la fiabilité de ses institutions. Lorsqu’on agit par calcul politique, ce sont les citoyens qui finissent par payer le prix.»

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