Publicité

Plumes engagées

Entre être et avoir

20 octobre 2025, 05:38

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Entre être et avoir

Jean-Yvan Marechal.

À l’heure du tout à l’image et du buzz sans suite, «l’express» souhaite faire découvrir la plume de poètes, de chanteurs, d’écrivains et de tous ceux qui jettent leur âme sur le papier, et qui mettent en mots des réflexions profondes.

Ne vous est-il jamais arrivé de vous dire : à quoi sert la vie ?

Pourquoi vient-on sur Terre ? Et que faisons-nous de ces années passées sur cette planète ? Manger, travailler, dormir ?

Tenter d’avancer professionnellement sans doute. Logique du reste. Avoir un toit, une voiture. Réussit-on sa vie à ce moment-là ? Ou bien faut-il encore plus ? Une plus grande maison ? Deux ? Une plus grande bagnole ? Et si vous y arrivez, avez-vous réussi votre vie ?

C’est quoi d’ailleurs réussir sa vie pour vous ? Atteindre l’excellence ? Bosser plus dur pour devenir un patron ? Être son propre boss ? Est-ce réussir sa vie ou réussir... dans la vie ?

Et si nous nous posions cette question avec un cœur d’enfant ? Oui, vous vous rappelez cette période de votre vie où tout était simple et magique ? Où le Père Noël exaucerait nos vœux ? On ne pensait pas à réussir sa vie à cet âge ! Non, on voulait juste... vivre !

Et vivre, c’était s’amuser, manger, rire, se ficher d’être ceci ou cela. Juste être soi-même, peu importe les apparences. On ne voyait pas les jours passer comme des échéances à respecter. Du stress à embarquer. Des objectifs à atteindre. La vie c’était au jour le jour. Le plaisir d’apprécier chaque minute avec soi ou avec d’autres personnes. À être connecté aux fées, à des super-héros et se déconnecter du monde réel.

C’est en quittant l’enfance que l’adulte qu’on essaie de devenir, de gré ou de force, nous transforme jusqu’à même devenir quelqu’un d’autre. Pas nécessairement une mauvaise personne, mais une autre personne. Celle qui doit s’adapter à la société parce qu’elle fonctionne comme ça et qui nous façonne pour affronter la haine, les médisants, les hypocrites, les bien-pensants, les intellectuels, les meilleurs.

Qui nous amène à connaître l’amour, les déchirements, la déprime, la maladie, la mort. Qui nous plonge dans le noir complet pour trouver la lumière... ou pas. Chacun l’affronte à sa façon. Certains s’en sortent, d’autres non.

En y réfléchissant bien, la vie est un équilibre fragile. Celle où beaucoup tentent de viser le ciel, quitte à l’atteindre de manière inavouable. Et d’autres ne veulent juste qu’être heureux, même sans tout avoir.

Entre être et avoir, l’équilibre de ce monde penche toujours un peu plus vers tout avoir plutôt qu’être un tout. Et c’est ainsi que le déséquilibre se crée. Parce que pour tout avoir, on ne peut plus être. Être soi. Tant de gens veulent tout avoir au lieu d’être.

Pour ces gens-là, c’est à cela que sert la vie : à tout avoir pour être heureux. Le sont-ils vraiment ? Le pire, c’est que pour tout avoir, il faut obligatoirement que d’autres en aient moins ou rien. Parce que tout le monde ne peut pas tout avoir. Et c’est ainsi que le déséquilibre se crée.

Pour ceux qui veulent être, même s’ils n’ont pas tout, ils ne cherchent qu’à vivre un bonheur simple. Où, plutôt que de détruire la nature pour tout avoir, ils vivent avec la nature et ont tout ! Où, plutôt que de vouloir diviser pour régner, ils veulent cohabiter et apprendre de l’autre. Et au lieu de s’enrichir matériellement, ils s’enrichissent humainement.

C’est cela l’équilibre ou plutôt le déséquilibre du monde actuel. Entre ceux qui ont et ne sont jamais satisfaits et ceux qui sont et s’en satisfont.

À quoi sert la vie ? Pour beaucoup c’est de devenir des adultes méconnaissables vivant comme s’ils seraient éternels. Pour d’autres, c’est de grandir avec ce cœur d’enfant qui leur ont appris à vivre chaque jour comme si c’était le dernier.

BPAMsaWoej7qgacalRN1Gfihlvws8bKspEzlaGL1.jpg

Bio

Jean-Yvan Marechal

Concepteur-rédacteur, trailer passionné et peintre inspiré, cet ancien journaliste et communicant, amoureux de la nature et des récits vrais, conçoit aujourd’hui des messages, peint des paysages et court souvent entre les deux. Le temps lui a appris que chaque jour est un cadeau qu’il faut déballer lentement.

Publicité