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Crise à Madagascar
Le régime de Rajoelina vacille, ses proches s’exilent à Maurice
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Crise à Madagascar
Le régime de Rajoelina vacille, ses proches s’exilent à Maurice
Un jet privé transportant plusieurs proches du président malgache, Andry Rajoelina, a atterri dans la nuit de samedi à dimanche Maurice, après une tentative avortée d’atterrissage à La Réunion, ont indiqué hier des sources aéroportuaires et des services de renseignement. Selon une liste de passagers consultée par l’express, l’appareil transportait notamment Maminiaina «Mamy» Ravatomanga, homme d’affaires influent et bras droit du chef de l’État malgache, propriétaire du jet et qui aurait des investissements à Maurice. Il était accompagné de membres de sa famille et de plusieurs proches du régime.

Le vol, enregistré sous le numéro 5RHMR, aurait commis cinq infractions aux règles aéronautiques, selon un pilote, et pourrait faire l’objet d’une enquête des autorités mauriciennes. Pour l’heure, Port-Louis n’a pas commenté officiellement l’arrivée de l’appareil ni les raisons de la présence de ces Malgaches sur le sol mauricien. Ce déplacement intervient dans un climat de fortes tensions à Madagascar, où une partie de l’armée s’est retournée contre le régime et escorterait désormais les manifestants dans les rues d’Antananarivo, selon un journaliste local. Depuis vendredi, la rumeur d’une mutinerie militaire circule dans les couloirs du palais d’Iavoloha.
Le président Andry Rajoelina se trouverait toujours sur le territoire malgache, mais dans un lieu tenu secret pour des raisons de sécurité. Il aurait organisé une réunion de crise avec ses plus proches collaborateurs et des membres de son état-major dans un bâtiment sécurisé de la capitale. Parallèlement, des services de renseignement à Antananarivo estiment que la venue à Maurice de figures clés du régime pourrait viser à préparer une éventuelle arrivée du président en exil – une hypothèse que les autorités mauriciennes n’ont, à ce stade, ni confirmée ni démentie.
Le régime de Rajoelina est fragilisé par des fractures internes profondes. L’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, longtemps considéré comme l’éminence grise du président, est désormais en froid avec lui. Leur relation, déjà tendue, s’est détériorée après la dissolution du gouvernement, annoncée sans que Ravatomanga en soit informé.
Dans ce contexte, le mouvement contestataire Gen Z a rejeté tout dialogue avec le pouvoir, accusant le président d’avoir tenté d’organiser une «mascarade de négociations» en installant de faux représentants pour simuler des discussions. Les observateurs notent qu’avec des unités de l’armée malgache qui basculent dans le camp de la contestation et des proches du régime qui quittent discrètement le pays, Madagascar s’enfonce dans une crise politique majeure dont les répercussions pourraient dépasser ses frontières.
Une «tentative de prise illégale du pouvoir» dénoncée

Dans un communiqué émis hier, la présidence indique qu’une «tentative de prise du pouvoir illégale et par la force» était en cours dans la Grande île, après que des soldats avaient rejoint la veille les manifestations antigouvernementales dans la capitale, Antananarivo. La présidence dénonce un acte «contraire à la Constitution et aux principes démocratiques», tout en appelant au dialogue et à «l’unité nationale». Samedi, un contingent du Corps d’armée des personnels et des services administratifs et techniques (Capsat) s’était rallié aux protestataires, appelant les forces de sécurité à «refuser les ordres de tirer» sur la population. Ces militaires affirment désormais avoir pris le contrôle des forces armées, déclarant que «tous les ordres de l’armée malgache, terrestres, aériens ou navals, émaneront du quartier général du Capsat».
Communiqué du ministère mauricien des Affaires étrangères :
«Le gouvernement mauricien n'est pas satisfait des conditions dans lesquelles ce vol privé a été autorisé à atterrir»


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