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Parlement

PNQ : Insécurité croissante et relance dans l’affaire Kistnen

11 octobre 2025, 06:00

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PNQ : Insécurité croissante et relance dans l’affaire Kistnen

■ Le Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Navin Ramgoolam, a répondu aux questions du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, sur l’ordre public hier.

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a répondu hier à une Private Notice Question (PNQ) du chef de l’opposition, Joe Lesjongard, sur la recrudescence des agressions recensées depuis le début de l’année. Joe Lesjongard a justifié sa démarche par le climat d’insécurité croissant, citant une série de faits divers récents. «La situation est alarmante», a-t-il insisté, évoquant une moyenne de 15 agressions par jour et une dizaine de policiers agressés chaque mois.

Le Premier ministre a ouvert sa réponse par une attaque frontale contre l’ancien régime, affirmant que son gouvernement avait trouvé une force policière «en ruine» lors de son retour au pouvoir en novembre 2024. Selon Navin Ramgoolam, la décennie précédente aurait été marquée par une «stratégie machiavélique» visant à contrôler les institutions et à museler les contrepouvoirs, citant notamment les tensions avec l’ancien Directeur des poursuites publiques, Satyajit Boolell.

Les agressions depuis janvier

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Cas enregistrés : simple assaults, 4 247 cas ; assaults with premeditation, 112 ; wounds and blows causing death (sans intention de tuer), 1 ; assaults against police officers (agents de l’autorité), 104 ; attempted murders, 24 ; et murders, 24 cas.

Le total des agressions mortelles (meurtres et coups et blessures ayant entraîné la mort) s’élève donc à 25 cas pour les dix premiers mois de 2025. Le nombre total d’arrestations s’élève à 1 185, avec 108 récidivistes et 100 personnes sous caution, en liberté conditionnelle ou provisoire. Quant aux agressions contre la police, elles sont au nombre de 95, avec un taux de résolution de 96 % (24 des 25 cas mortels élucidés).

Navin Ramgoolam a tenu à replacer ces chiffres dans une perspective comparative, affirmant que la situation s’est nettement améliorée par rapport à 2024, sous le précédent gouvernement. Il a estimé que la tendance générale est «à la baisse», malgré une perception d’insécurité alimentée par certains cas médiatisés. «Un crime est toujours un crime de trop», a-t-il reconnu, tout en affirmant que «les données démontrent une amélioration tangible».

Affaire Kistnen : Ramgoolam confirme la thèse du meurtre

Profitant de la PNQ, Navin Ramgoolam a fait une annonce concernant l’affaire Soopramanien Kistnen, militant politique de l’ancien régime, dont la mort demeure inexpliquée depuis 2020. «Les experts étrangers que nous avons sollicités ont conclu que la mort de Soopramanien Kistnen n’était ni accidentelle ni volontaire. Il a bel et bien été assassiné.» Le Premier ministre a déclaré que l’enquête sur le meurtre de Kistnen sera formellement rouverte en novembre 2025 et qu’un projet de loi sera prochainement présenté pour autoriser, dans certains cas d’intérêt public, le recours à des enquêteurs étrangers spécialisés. Interrogé sur le manque d’effectifs, Navin Ramgoolam a confirmé le recrutement d’une nouvelle cohorte de policiers, tout en insistant sur la nécessité de restaurer la discipline interne.

Dans sa dernière réplique, Joe Lesjongard a dénoncé ce qu’il considère comme une rhétorique d’excuse. «Le Premier ministre ne peut pas indéfiniment blâmer le précédent gouvernement. Il est en fonction depuis près d’un an.» Le chef de l’opposition a appelé à des opérations ciblées pour démanteler les gangs et réseaux criminels, affirmant que «la population ne peut plus tolérer la banalisation de la violence». Navin Ramgoolam a répondu qu’il partage cette préoccupation, mais que la transformation d’une institution «minée par dix ans d’abus» ne pouvait se faire «du jour au lendemain». «Je n’ai pas de baguette magique. Nous avançons pas à pas, mais dans la bonne direction», a-t-il ajouté.

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