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Rapport sur les violences à la prison de Melrose
Jean Marie Richard : «La NHRC passe de la Belle au bois dormant au mode réveil»
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Rapport sur les violences à la prison de Melrose
Jean Marie Richard : «La NHRC passe de la Belle au bois dormant au mode réveil»
Le rapport de la Fact-Finding Committee (FFC) sur les violences survenues le 17 juillet 2025 à l’Eastern High Security Prison (EHSP) de Melrose a été rendu public par le Cabinet. Ce document, fruit de l’analyse de témoignages, registres et enregistrements CCTV, décrit une opération marquée par des abus et des atteintes aux droits des détenus. Selon des informations, des sanctions ont été recommandées par le cabinet contre tous ceux identifiés comme fautifs. Le rapport expose des contradictions entre les chiffres avancés et ceux finalement confirmés.
Les images CCTV montrent un usage disproportionné de la force : coups de tonfa, bousculades et détenus contraints de se dénuder. Le rapport insiste aussi sur la gravité des fouilles à nu imposées et qualifiées comme étant des traitements «dégradants». Le rapport recommande d’interdire les fouilles à nu collectives et de mettre en place un registre détaillé de toutes les opérations.
Contacté pour une réaction à la suite de la publication de ce rapport, Dev Jokhoo, commissaire des prisons, nous fait part qu’il a consulté le rapport hier et qu’il a ensuite tenu à une réunion avec des Senior Officers.
Pour lui ce rapport «a été rédigé par des légistes, il manquait la présence d’un ancien membre de la prison parmi pour équilibrer…» Avant d’ajouter :«le rapport est d’un point de vue légal et non opérationnel. L’opération d’une prison est une toute autre histoire. L’utilisation de force excessive est à prendre avec des pincettes, le rapport dit que deux de nos officiers ont battu en retraite, c’est logique qu’ils se soient réorganisés pour contenir la situation.»
Revenant sur les polémiques, Jokhoo déclare : «il y a eu des avocats qui ont blow out of proportion ces événements» avant de conclure : «nous sommes chanceux d’avoir pu contenir cette situation explosive, il n’y a pas eu mort d’hommes.»
Questions à… Jean Marie Richard, «Human Rights Division», de la National Human Right Commission (NHRC)
?Nous abordons le point le plus marquant du rapport : le fait que certains prisonniers ont été contraints de se dénuder en plein air lors de fouilles et de punitions. Le rapport recommande l’interdiction de cette pratique.
C’est évidemment inhumain. Notre mission (NdlR celle du FFC) était d’établir les faits et de formuler des recommandations. Il revient maintenant aux autorités concernées de proposer des solutions, et nous veillerons à ce que ce que nous avons constaté ne se reproduise plus.
Quelles mesures seraient nécessaires pour éviter ce type d’incidents ? Il nous faut avant tout un protocole de désescalade pour les situations de crise, ainsi qu’un cadre clair pour l’utilisation de la force. Il est également important d’instaurer un suivi psychologique pour les personnes travaillant avec les prisonniers. Nous avons déjà tenu une réunion de travail et c’est maintenant aux institutions pénitentiaires de prendre leurs responsabilités.
?Ces pratiques étaient-elles courantes dans les prisons ?
Avant l’incident du 17 juillet, aucune investigation similaire n’avait été menée. Nous avons constaté ces faits uniquement en visionnant les images CCTV. Pour ce cas précis, il y a bien eu ces dérapages. Je ne peux pas confirmer la situation antérieure, mais on peut en déduire que ce type de pratiques a pu se produire auparavant.
?On note plusieurs contradictions entre les chiffres fournis par les officiers présents et ceux présentés dans le rapport. Par exemple, 43 détenus dans la cour centrale selon les officiers, contre 55 dans le rapport. Même chose pour les consultations médicales, 14 contre 40. Que répondez-vous ?
Ce sont des constats factuels. Quant aux raisons de ces contradictions, c’est à l’autorité concernée d’y répondre. De notre côté, nous avons compilé nos chiffres à partir des images CCTV, des documents et des informations recueillies.
?La publication du rapport a été plus rapide que d’habitude à Maurice. Comment l’expliquez-vous ?
C’est probablement une première à Maurice. Nos collègues étaient déjà sur le terrain dès le lendemain du dépôt de la plainte (18 juillet). Nous avons écouté des dizaines de protagonistes, visionné les images CCTV et étudié de nombreux documents pour arriver à ce rapport. Pour notre institution, c’est comme si elle passait de l’état de la Belle au bois dormant au mode «réveil», ce qui est une excellente avancée pour l’État de droit, les prisonniers et le personnel pénitentiaire.
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