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Affaire Wendip Appayah
Le témoignage d’un Mauricien incarcéré à Madagascar sera-t-il décisif ?
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Affaire Wendip Appayah
Le témoignage d’un Mauricien incarcéré à Madagascar sera-t-il décisif ?
■ En janvier, neuf individus sont arrêtés lors de l’opération antidrogue à Madagascar, dont trois Mauriciens.
À quelques jours d’une audience prévue le 7 octobre pour la remise en liberté sous caution de Wendip Appayah, accusé de blanchiment d’argent présumé, les révélations d’un détenu dans une prison malgache pèseront-elles assez dans la balance pour influencer son sort ? Des vidéos, aveux et itinéraires livrés par ce Mauricien emprisonné à Madagascar pourraient s’avérer cruciaux.
Mais la grande question demeure : le Pôle anticorruption (PAC) de Madagascar sera-t-il disposé à coopérer avec la Financial Crimes Commission de Maurice pour donner un poids international à ce témoignage, qui relierait directement Wendip Appayah à un réseau transnational de drogue. Si ce détenu peut livrer officiellement ses preuves et sa version, il pourrait devenir un star witness dans l’affaire Appayah.
Tout commence avec le témoignage glaçant de ce Mauricien arrêté en janvier dernier par la gendarmerie malgache. Incarcéré depuis, il ne cesse de clamer qu’il n’était pas un complice, mais un infiltré volontaire décidé à dénoncer un réseau tentaculaire entre Madagascar et Maurice. Ses aveux, documentés par photos, vidéos et itinéraires détaillés, pourraient aujourd’hui bouleverser l’équilibre d’une affaire où apparaît en toile de fond un nom déjà controversé : celui de Wendip Appayah.
Face aux autorités malgaches, le détenu affirme avoir agi pour alerter sur un trafic d’envergure. Selon ses dires, il avait été sollicité à travers un certain Kevin Bouncer pour retrouver un compatriote porté disparu. Mais ses recherches l’auraient conduit à des allées et venues suspectes autour de valises, qu’il soupçonnait chargées de cocaïne. Il affirme avoir immédiatement transmis des preuves à un policier mauricien à Grand-Baie, par WhatsApp. Pourtant, aucune suite n’aurait été donnée.
Arrêté en janvier sans drogue en sa possession, le Mauricien a remis aux enquêteurs malgaches son téléphone portable contenant des photos et vidéos. Dans ces séquences, un détail marquant : il allègue que Wendip Appayah, vêtu de pantoufles d’hôtel, apparaît aux côtés d’un Malgache, semblant attendre le comptage de paquets soupçonné être de la drogue avant la livraison.
Ses aveux apportent aussi des précisions inédites sur les circuits empruntés. Il décrit un départ de Manompana, avec récupération de colis au large de Tromelin via un voilier, puis un acheminement vers Toamasina avant le transfert sur un speed boat en direction de Maurice. L’itinéraire détaillé couvre plusieurs points de passage : Fort-Dauphin, Farafangana, Ranomafana, Ambositra, jusqu’à Antananarivo. Une cartographie qui, si elle est confirmée, mettrait en lumière une organisation logistique bien huilée.
Une saisie partielle de cocaïne en janvier
Le 25 janvier 2025, la gendarmerie malgache interceptait environ 16 kg de cocaïne en provenance du Pakistan et destinés à Maurice. Neuf personnes furent arrêtées, dont trois Mauriciens. Mais le dénonciateur insiste : ce n’était qu’une partie du stock. Selon lui, deux autres valises contenaient une trentaine de colis supplémentaires. Une révélation qui, si elle se vérifie, prouverait l’ampleur réelle du trafic.
Au-delà des saisies, les noms circulent déjà à Maurice. Ceux d’un contracteur et d’un manager hôtelier, aux fortunes personnelles impressionnantes et aux voyages fréquents vers Dubaï, La Réunion et la Thaïlande, apparaissent dans le sillage de ce réseau. Villas, voitures de luxe, terrains et quincaillerie alimentent le soupçon d’un blanchiment massif adossé à ce trafic.
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