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La GWF prépare ses armes pour les Assises du travail
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La GWF prépare ses armes pour les Assises du travail
La GWF veut faire entendre la voix des travailleurs du 23 au 25 septembre.
C’est dans les locaux de la General Workers Federation (GWF), à Grande-Rivière Nord-Ouest, que Clency Bibi a donné le ton en marge des prochaines Assises du travail, prévues du 23 au 25 septembre. Le président de la GWF a rappelé que cette rencontre nationale sera l’occasion de porter haut la voix des travailleurs et de défendre des revendications longtemps mises en avant par le mouvement syndical.
Il a souligné que la réflexion entamée dès le 1er mai 2024, lors d’une journée organisée conjointement avec ses partenaires, a débouché sur une ébauche et des amendements à apporter au Workers Programme. Plusieurs propositions issues de ce document figurent désormais dans le manifeste électoral de l’Alliance du changement, notamment sur la réforme de la législation du travail. «La CSG Solidarité et la GWF accueillent cette session de travail avec beaucoup d’espoir. C’est un moyen de défendre notre position et de donner suite à nos demandes», a insisté Clency Bibi. Pas moins de quinze points ont déjà été soumis au ministère du Travail. Parmi eux, le syndicaliste a mis en avant la réforme urgente des comités disciplinaires. «Depuis l’amendement du Workers Rights Act, le licenciement économique passe obligatoirement par le Redundancy Board. Les employeurs ont trouvé une autre parade : le comité disciplinaire, où le patron désigne président et assesseurs. Nous savons tous quel en est le résultat», a-t-il dénoncé, appelant à un organe indépendant.
Autre dossier sensible : la disparité entre le secteur public et le secteur privé en matière de conditions de travail lors de mauvais temps. La GWF souhaite aussi que les collective agreements soient appliqués aux travailleurs étrangers. «Nous espérons qu’à l’issue des Assises, des changements concrets pourront être apportés», a martelé Clency Bibi.
La fédération met également sur la table des sujets majeurs comme le congé parental, jugé insuffisant, ou encore la mise en place de la semaine de 40 heures. «Ce sera un long débat. Mais si toutes les parties s’y engagent sérieusement, nous pourrons trouver une solution», a estimé le président de la GWF.
Le syndicaliste a par ailleurs plaidé pour que la priorité soit donnée aux travailleurs mauriciens dans certains secteurs, notamment le tourisme. Il a aussi réclamé que les syndicats soient associés aux discussions concernant l’introduction de l’intelligence artificielle dans le monde du travail. Il n’a pas manqué de glisser un mot sur la situation internationale, appelant Maurice à «couper ses liens avec Israël tant que ce pays ne retrouvera pas de meilleurs sentiments» vis-à-vis de Gaza.
«Les travailleurs étrangers sont complémentaires»
Son camarade de lutte, Ashvin Gudday, négociateur à la GWF, est venu nuancer certains propos. Pour lui, les travailleurs étrangers restent un atout. «Ils sont complémentaires au marché du travail mauricien et contribuent directement à l’économie à travers la taxation et le Consolidated Fund», a-t-il expliqué. Concernant la pension de vieillesse, il a contesté l’argument du gouvernement selon lequel elle ne serait pas contributive. «Elle est financée par le Consolidated Fund. Avec la hausse du nombre de travailleurs, mauriciens comme étrangers, les ressources continueront à croître», a-t-il ajouté.
Ashvin Gudday a également abordé la question des conditions de logement des travailleurs étrangers. «Le ministre a évoqué une révision des dortoirs. C’est essentiel pour éviter les cas de trafic humain ou de harcèlement, notamment envers les femmes. Mais cela ne doit pas se faire au détriment des Mauriciens», a-t-il insisté.
Le syndicaliste a aussi pointé du doigt un mismatch dans le système éducatif, qui pousse de nombreux jeunes vers le chômage ou l’exil. «La jeunesse est révoltée partout dans le monde. À Maurice, si nous ne mettons pas de vraies structures en place, nous risquons de revivre ce qui s’est passé il y a 50 ans», a-t-il averti.
Ashvin Gudday a rappelé que les jeunes professionnels entrent sur le marché du travail avec un salaire d’environ Rs 22 500. « Mais que représente vraiment ce montant aujourd’hui ? Il faut redonner du respect aux corps de métier», a-t-il plaidé. Pour ce qui est de la marche de samedi à 13h30 à Rose-Hill, il a dénoncé l’injustice envers les futurs pensionnés. «Un Mauricien qui fête ses 60 ans perdra Rs 195 000 en un an avec la pension repoussée à 65 ans», a-t-il souligné, appelant la jeunesse à rejoindre la mobilisation.
Des zones d’ombre à éclaircir
Enfin, Sharvin Sunassee, autre négociateur de la GWF, a exprimé sa perplexité face à certaines décisions gouvernementales. «On nous parle de régulations sur les travailleurs étrangers, mais sans véritable discussion. Et voilà que la régulation est déjà retirée. À quoi bon en reparler aux Assises ?» a-t-il lancé.
Il s’est dit également surpris par l’annonce de la privatisation du port, apprise «sur les ondes, comme les travailleurs». Un signe, selon lui, que le dialogue social reste encore trop souvent ignoré.
À quelques jours des Assises du travail, le ton est donné : la GWF et ses partenaires entendent peser de tout leur poids pour que les revendications des travailleurs ne restent pas lettre morte.
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