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Réserves officielles : Maurice affiche un coussin externe solide, couvrant presque 13 mois d’importations

8 septembre 2025, 09:00

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Réserves officielles : Maurice affiche un coussin externe solide, couvrant presque 13 mois d’importations

■ La BoM a publié, le 5 septembre, ses dernières données sur les réserves officielles internationales. À fin août 2025, elles s’élevaient à Rs 431,1 milliards.

La Banque de Maurice (BoM) a publié, le vendredi 5 septembre, ses dernières statistiques sur les réserves officielles internationales. À fin août 2025, celles-ci s’élevaient à Rs 431,1 milliards, soit l’équivalent de 9,36 milliards de dollars américains. Ce niveau de réserves permet au pays de couvrir 12,9 mois d’importations de biens et services, sur la base des chiffres de 2024.

Ce ratio place Maurice dans une position confortable, bien au-delà du seuil de référence généralement admis de trois à six mois pour juger de l’adéquation des réserves. Il traduit la solidité du coussin externe du pays face aux chocs potentiels, qu’il s’agisse de volatilité des marchés de change, de pressions inflationnistes importées ou encore de tensions géopolitiques influant sur les prix des matières premières.

Comparée à août 2024, lorsque les réserves s’élevaient à 7,7 milliards de dollars (soit 10,8 mois d’importations), l’augmentation est significative. En valeur absolue, Maurice a renforcé son stock de devises de plus de 1,6 milliard de dollars en 12 mois. Sur la période récente, les réserves ont atteint un pic en juin 2025, à 9,72 milliards de dollars (13,2 mois d’importations), avant de se replier légèrement à fin août. Cette évolution reflète les ajustements de la Banque centrale en matière de gestion active des actifs de réserve, ainsi que les fluctuations liées aux conditions du marché international, notamment l’or et les devises de placement.

Portefeuille diversifié

Selon les données de la BoM, les réserves comprennent principalement : la position de Maurice au Fonds monétaire international (USD 62,8 millions), les droits de tirage spéciaux (environ USD 14 millions), l’or (valorisé à quelque USD 2,35 milliards) et les autres avoirs de réserve, représentant la plus grande part. Ce portefeuille diversifié permet de réduire les risques et d’assurer une meilleure résilience face aux mouvements des marchés financiers mondiaux.

Le niveau élevé des réserves est un facteur de stabilité pour la roupie mauricienne, soutenant la capacité de la BoM à intervenir sur le marché des changes en cas de pressions excessives. Il constitue également un élément rassurant pour les investisseurs étrangers et les agences de notation, à un moment où les finances publiques et la dette externe font l’objet d’une surveillance accrue.

En parallèle, cette solidité externe doit être lue avec prudence. Une partie de l’accumulation des réserves découle de financements extérieurs et d’entrées de capitaux qui ne reflètent pas nécessairement une hausse durable des exportations ou de la balance courante. La question de la soutenabilité à moyen terme demeure donc centrale, notamment dans un contexte de croissance modérée et de pressions budgétaires.

Avec près de 13 mois de couverture des importations, Maurice affiche l’un des ratios les plus élevés de la région. Si ce niveau offre une marge de manœuvre appréciable en cas de turbulences, il ne dispense pas le pays d’accélérer la diversification de ses revenus extérieurs et de renforcer sa compétitivité afin d’assurer la pérennité de cette position.

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