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Pas dans une forme olympique
Le sport national sur la corde raide
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Pas dans une forme olympique
Le sport national sur la corde raide
Les anneaux olympiques flottent au-dessus du COM, alors que le mouvement sportif local traverse une période critique.
Le Comité olympique mauricien (COM) traverse une crise profonde qui dépasse la simple querelle administrative. Le conflit avec la Fédération mauricienne de tennis (FMT) met en lumière la fragilité inquiétante d’un mouvement olympique coincé entre rivalités internes et pressions internationales.
Depuis plusieurs semaines, le COM est incapable de renouveler son comité directeur. Deux fédérations, la Mauritius Modern Pentathlon Federation et la Mauritius Roller and Skate Federation, sont contestées par la FMT, qui refuse de reconnaître leur droit de vote. Mais peut-on vraiment bloquer tout un mouvement sportif pour deux fédérations ? Le COM défend ces instances : affiliées à leurs fédérations internationales, elles disposent des mêmes droits que les autres membres.
Ce différend, qui pourrait sembler technique, a paralysé tout le comité. Les élections ont déjà été reportées à plusieurs reprises. Combien de temps encore faudra-t-il attendre ? Et surtout, combien d’athlètes devront pâtir de cette guerre de procédures ?
Face à l’impasse, le Comité international olympique (CIO) a fini par sévir. D’abord par le gel de certains financements et formations destinés aux fédérations et aux athlètes. Puis, le 26 août, un courrier cosigné par James Macleod (CIO) et Mustapha Berraf (ACNOA) a franchi un nouveau palier. Le gel est provisoire, mais la suspension du COM devient une menace bien réelle. Jusqu’où ira la patience du CIO ?
Le problème central n’est pas seulement juridique. Les deux fédérations contestées n’ont pas encore régularisé leur statut légal, alors que toutes les autres l’ont fait. Pourquoi cette situation n’a-t-elle pas été réglée plus tôt ? Et fallait-il en arriver là pour que Maurice se retrouve au bord du précipice ?
La secrétaire générale par intérim du COM, Aarti Gulrajani-Descann, ne cache pas l’ampleur du risque : «Le CIO a fait preuve de beaucoup de patience, mais une suspension n’est pas à écarter. Il paraît impossible de trouver un compromis avec la FMT.» Mais si rien ne bouge, qui paiera le prix fort ? Les dirigeants ou les athlètes, déjà fragilisés et privés de soutien ?
Au-delà des conséquences immédiates, c’est l’image du sport mauricien qui vacille. Comment prétendre envoyer des athlètes compétitifs sur la scène internationale quand l’institution censée les encadrer est incapable de s’organiser ? Comment espérer accueillir un jour de grands événements si la crédibilité du pays est minée par des querelles locales ?
Cette crise montre que la faiblesse du système ne tient pas aux règles, mais à l’incapacité de concilier des intérêts divergents. Le gel des fonds est déjà une alerte rouge ; la suspension serait l’ultime avertissement.
Organiser rapidement l’AGE, régulariser le statut des fédérations et faire passer l’intérêt général avant les calculs personnels : n’est-ce pas le minimum que le mouvement sportif doit à ses athlètes ?
Le monde olympique observe. Sa patience, comme celle des sportifs, a des limites. Faut-il vraiment attendre d’être suspendu pour comprendre la gravité de la situation ? Et quand les drapeaux ne flotteront plus aux Jeux, qui assumera le silence des stades ?
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Comité international olympique : Le gouvernement tente de désamorcer la situation
La situation actuelle du sport mauricien est préoccupante, suite aux récentes sanctions imposées par le Comité international olympique (CIO) à l’encontre du Comité olympique mauricien (COM). Lors d’une conférence de presse urgente, le ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), Deven Nagalingum, a décrit les implications de cette crise et les mesures envisagées pour y remédier.
Deven Nagalingum, ministre de la Jeunesse et des Sports, engagé à désamorcer la crise du COM et à protéger les athlètes mauriciens.
Le CIO a informé le COM, par une lettre datée du 26 août 2025, qu’il suspendait toute aide financière, à l’exception des bourses accordées aux athlètes. Cette décision est le résultat d’un retard dans l’organisation des élections au sein du COM, ce qui va à l’encontre des règlements de l’olympisme. Le ministre a souligné qu’une solution doit être trouvée rapidement, car un échec pourrait mener à une suspension totale du COM par le CIO, ce qui aurait des conséquences dramatiques pour le sport à Maurice. «Il est fort probable que le COM sois suspendu par le CIO. Ce qui découlerait d’une situation dramatique pour le sport mauricien», a rappelé le ministre Nagalingum.
Le ministre a également évoqué les précédents conflits qui ont conduit à cette impasse. Il a rappelé qu’un jugement de la Cour Suprême en 2013 stipulait que seules les fédérations sportives enregistrées pouvaient participer aux élections du COM. Malgré ce verdict, la situation est restée inchangée, entraînant des dysfonctionnements au sein du comité. «Le 6 mars 2025, j’avais adressé une première lettre formelle par voie diplomatique au CIO pour expliquer la situation. J’avais demandé qu’une délégation du gouvernement mauricien fasse le déplacement à Lausanne (Suisse) pour discuter avec la direction du CIO pour trouver une solution. Malheureusement, nous n’avons eu aucune réponse», a expliqué le MJS.
Deven Nagalingum a affirmé son engagement à mettre fin aux pratiques néfastes, qu’il a qualifiées de «règne de la mafia» dans le sport. Il a également mentionné un bras de fer avec la Fédération Mauricienne de Tennis (FMT), qui a récemment engagé des poursuites judiciaires contre le COM, compliquant davantage la situation. Malgré ses efforts pour dialoguer avec le CIO, la réponse a été inexistante, ce qui suscite des inquiétudes quant à l’avenir des athlètes mauriciens.
Le ministre a précisé que Maurice risque une suspension qui limiterait la participation des athlètes à tout événement sous l’égide du CIO. Cela constituerait une catastrophe non seulement pour les sportifs, mais aussi pour l’image du pays sur la scène internationale. Il a insisté sur la nécessité de prioriser les intérêts des athlètes, affirmant qu’il est inacceptable qu’un petit groupe d’individus privilégie ses intérêts personnels au détriment du sport local.
Alors que les discussions se poursuivent, le ministère espère parvenir à une solution rapide pour éviter des sanctions supplémentaires. L’enjeu est de taille pour le sport mauricien, qui doit naviguer entre les exigences du CIO et les réalités internes de ses fédérations. «Maurice est en face d’une suspension réelle. Ce qui veut dire que Maurice ne pourra participer dans aucun évènement sportif tombant sous l’égide du CIO. Ce serait une situation catastrophique pour les athlètes et la réputation du pays. Notre priorité demeure la priorité de nos athlètes. Ce n’est pas possible qu’un groupe de personnes qui fait passer ses intérêts personnels avant toute chose, prenne en otage et assassine le sport local.»
Finalement, il est important de préciser que le MJS et ses advisors semblent avoir mis de côté leur obstination de ne pas rencontrer les membres du COM. C’est ainsi qu’un atelier de travail dans le but d’aider à trouver une solution pour le bien du sport mauricien est prévu ce mardi. Les différentes fédérations sportives et le COM y sont d’ailleurs conviés de même que les journalistes. Pourtant, il y a peu, le MJS avait soutenu qu’il n’était pas intéressé à rencontrer le COM. On ne sait d’ailleurs pas pourquoi. Il a fallu que la menace de sanctions se fasse sentir pour que Deven Nagalingum et ses advisors décident enfin de changer leur fusil d’épaule. Une bonne résolution d’autant que le MJS n’a aucun problème à rencontrer la Mauritius Football Association (MFA) qui n’adhère pourtant pas au Sports Act 2016.
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Conflit autour de l’organisation de l’AG élective : Le Comité international olympique et l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique serrent la vis
Un courrier signé par James Macleod, Directeur des Relations CNO de la Solidarité Olympique et Olympisme365, et Mustapha Berraf, président de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA), a été adressé au Comité olympique mauricien (COM) le 26 août dernier. Les deux dirigeants ont exigé que ce document soit transmis à tous les membres du CNO et aux autorités compétentes «en toute transparence». Ce que le COM n’a fait que le 3 septembre, soit neuf jours plus tard.
Aarti Gulrajani-Descann, secrétaire-générale par intérim du COM, alerte : après le gel des fonds, une suspension par le CIO n’est pas à écarter.
D’entrée, le ton est ferme. «Le CIO et l’ACNOA ont entrepris toutes les démarches nécessaires et ont discuté à de nombreuses reprises ces derniers mois avec toutes les parties concernées afin d’aller de l’avant et de trouver une solution de compromis et de bon sens pour permettre la tenue au plus vite, de l’AGE de votre CNO.» Malgré ces efforts, les signataires constatent un blocage persistant. «En dépit des efforts intenses, aucun accord n’a pu être trouvé à ce stade entre les parties concernées sur le tout dernier point en discussion, à savoir le cas de deux fédérations qui ne sont pas encore enregistrées légalement au niveau local (étant entendu que tous les autres points problématiques ont déjà été rectifiés par votre CNO, comme demandé).»
Les deux fédérations visées sont la Mauritius Modern Pentathlon Federation et la Mauritius Roller and Skate Federation. Sur ce point, le CIO et l’ACNOA sont catégoriques : «L’enregistrement de ces fédérations selon les lois locales n’est en aucun cas incompatible ou contradictoire avec la Charte Olympique ni avec les statuts de votre CNO, ni avec la position très claire exprimée dans nos communications précédentes.»
Et le reproche est direct, «les autres fédérations membres ont effectué ces démarches et sont dûment enregistrées. Par conséquent, nous ne comprenons toujours pas pourquoi ces deux fédérations n’ont pas encore fait le nécessaire au cours des dernières années pour simplement régulariser leur situation au niveau local et régler ainsi définitivement le problème qui affecte désormais votre CNO.»
Pour le CIO et l’ACNOA, l’impasse est désormais intenable. «Cette situation de blocage durable des élections de votre CNO n’est pas tenable puisqu’elle est clairement contraire aux statuts de votre CNO et à la Charte Olympique qui prévoient que les élections des CNO doivent se tenir tous les quatre ans au plus tard.»
La sanction est aussitôt annoncée. «Compte tenu du manque évident de bonne volonté des parties concernées pour trouver une solution logique et de compromis, nous regrettons de vous informer que le CIO et l’ACNOA n’ont pas d’autre option à ce stade que de geler – à titre provisoire et conservatoire – les programmes et les fonds du CIO, de la SO et de l’ACNOA normalement alloués à votre CNO (à l’exception des paiements directs aux athlètes qui bénéficient d’une bourse de la SO afin de protéger les intérêts des athlètes).»
Un avertissement clair ! «Au-delà des intérêts personnels des uns et des autres, nous espérons vivement que chacun prendra conscience de l’urgence et de la gravité de la situation.»
«Le CIO et l’ACNOA se réservent le droit d’envisager d’autres mesures, conformément à la Charte Olympique», menacent les deux signataires du courrier.
Des propos qui font écho à ceux de la secrétaire-générale par intérim du COM, Aarti GulrajaniDescann : «Le CIO a fait preuve de beaucoup de patience, mais une suspension n’est pas à écarter.» «Il paraît impossible de trouver un compromis avec la FMT (Fédération mauricienne de Tennis)», a-t-elle ajouté.
Le gel des fonds n’est donc qu’un avant-goût. La question est désormais frontale : le CIO et l’ACNOA iront-ils jusqu’à brandir l’arme ultime, la suspension du COM, quitte à plonger le sport mauricien dans la tourmente ?
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