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Banque centrale
Le Premier ministre écarte Gérard Sanspeur
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Le Premier ministre écarte Gérard Sanspeur
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a décidé d’écarter Gérard Sanspeur, numéro trois de la Banque de Maurice (BoM), accusé d’avoir orchestré une campagne de déstabilisation contre le gouverneur Rama Sithanen, a-t-on appris ce matin.
La décision a été prise unilatéralement par le chef du gouvernement peu avant la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, selon des sources proches de l’exécutif. M. Ramgoolam devait ensuite en informer ses ministres.
Le départ de M. Sanspeur intervient dans un climat de vives tensions au sein de la direction de la Banque centrale, divisée depuis plusieurs semaines sur des questions de gouvernance. Le conseil d’administration, composé de huit membres, paraît largement aligné sur le gouverneur Rama Sithanen : cinq administrateurs indépendants nommés en janvier 2025 — l’avocate Sharmilla Bhima, la directrice d’Accenture Shalini Jugessur-Sumputh, la dirigeante du groupe Filatex Mehzabine Pirbhai, le maître de conférences Matthew John Lamport et l’entrepreneure Jennifer Webb de Comarmond — ont apporté leur soutien au gouverneur.
Le rapport de force serait désormais de sept voix contre une, laissant Gérard Sanspeur isolé. Selon plusieurs sources, les administrateurs, y compris certains proches de l’opposition, ont recommandé que la Banque écrive officiellement au Premier ministre pour dénoncer plus de dix griefs visant le Second Deputy Governor. Ces accusations vont de manquements à la confiance à des irrégularités dans des appels d’offres, considérées comme des violations graves des règles de conduite.
M. Sanspeur, qui devait tenir une conférence de presse vendredi au siège de la BoM, n’a pas obtenu l’autorisation de l’institution et rencontrera finalement les journalistes à l’hôtel Labourdonnais, à Port-Louis.
Cette crise interne intervient alors que la Banque centrale, régie par la Bank of Mauritius Act 2004, est déjà sous pression sur la question de son rôle de supervision et du cumul de ses fonctions de régulation bancaire et financière.
Le leader du MMM, Paul Bérenger, s’est plus d'une fois montré critique à l’égard du gouverneur Sithanen lors de conférences de presse et d’une réunion régionale, ce qui aurait provoqué des remous au sein du Parti travailliste, partenaire de l’alliance gouvernementale. Certains observateurs y voient un signal politique envoyé par le Premier ministre à son allié de coalition.
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