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Beaux-arts
Neermala Luckeenarain, au nom de l’estampe
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Neermala Luckeenarain, au nom de l’estampe
Mirror Image, le premier livre de Neermala Luckeenarain a été lancé le vendredi 22 août au Hennessy Park Hotel. L’auteure, qui a été chargée de cours et responsable du département de gravure au Mahatma Gandhi Institute (MGI), raconte ses efforts pour donner toutes ses lettres de noblesse à l’art de l’estampe à Maurice. En initiant l’introduction de nouvelles techniques de gravure, en favorisant des échanges avec des artistes d’ici et d’ailleurs. L’artiste a également organisé de nombreux ateliers et expositions, et mené des actions de sensibilisation auprès des étudiants. «La gravure est comme mon bébé», explique-t-elle.
L’auteure a travaillé sur ce livre pendant plus de cinq ans. L’enrichissant au fil des ateliers dispensés à Maurice, à Rodrigues, à l’École des beaux-arts et dans initiatives privées. «J’ai voulu montrer que la gravure est un art contemporain.» Le titre Mirror Image fait référence à l’art de l’estampe. «Tout ce qu’on fait en gravure, sauf pour la sérigraphie, est fait à l’envers. C’est l’effet miroir.»
Elle revient aussi sur ses échanges avec l’École des beaux-arts de La Réunion. Cela va d’une exposition autour de la Marche du sel du Mahatma Gandhi, en 2013, à Atelier 24 tenu l’année dernière. Cet espace de rencontre et d’expérimentation, doté d’une grande presse, est pour l’artiste un tournant, propice à la création.
L’auteure évoque également les artistes mauriciens qui ont pratiqué l’estampe, dont Serge Constantin et Moorthy Nagalingum. L’ouvrage de 92 pages, en anglais, comprend une quarantaine de photos d’œuvres. La préface est signée par l’historienne Marina Carter.
Neermala Luckeenarain re- trace ses débuts dans l’art de l’estampe. «À l’époque, je n’avais pas de plaquettes. J’allais au Quai D à la recherche de vestiges des flancs de bateaux en ruine. C’est dans cette matière corrodée que je trouvais des formes.» Elle écrit aussi sur les débuts de l’estampe au MGI. Son prédécesseur, Moorthy Nagalingum, avait fait venir une presse au MGI, mais l’outil n’était que très peu utilisé. «En 1982, il y avait un certificate course à temps partiel ; j’ai établi un programme plus étoffé pour ce cours.»
Si au début le public n’était pas sensible à cet art, le regard a évolué avec l’introduction des différentes techniques, les expositions et les ateliers. Le vœu le plus cher de l’artiste : «Que l’art de l’estampe continue de se faire connaître.» Un art dont la pratique nécessite des moyens. L’outil primordial de la gravure, c’est la presse. «Mais cela coûte cher», explique l’auteure. Elle-même a acquis une presse et des outils des quatre coins du monde. Aujourd’hui, elle dispose d’un atelier à son domicile. Des installations qu’elle a mises à la disposition d’autres artistes à Atelier 24. Expérience qu’elle souhaite renouveler.
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