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Fléau social
Drogues synthétiques : Encore des morts et toujours l’inaction
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Drogues synthétiques : Encore des morts et toujours l’inaction
■ Les travailleurs sociaux pensent que si rien n’est fait, des drames similaires risquent de se répéter.Photo : d’illustration
En l’espace de quelques jours, deux affaires distinctes sont venues rappeler l’impact destructeur des drogues synthétiques à Maurice. Un homme de 27 ans, ayant des antécédents de consommation de drogue de synthèse, est décédé après avoir été admis à l’hôpital Dr A.G Jeetoo à Port-Louis, et un accident mortel de la route à Saint-Pierre, qui soulève des soupçons quant à la consommation de ces substances.
Dans le premier cas, admis le 17 août à l’hôpital Jeetoo, un homme de 27 ans, ayant déjà consommé des drogues de synthèse, est mort trois jours après son hospitalisation, soit dans la nuit du 20 août. Une autopsie a été ordonnée et la police a ouvert une enquête afin d’établir les circonstances exactes de son décès.
Parallèlement, dans la nuit du 19 août, une voiture a percuté un pylône électrique avant de terminer sa course dans un fossé, à proximité du rond-point de la clinique C-Care Wellkin. Le conducteur est décédé sur place alors que ses deux passagers, un homme et une femme dans la trentaine, ont été gravement blessés. Le premier a été admis à l’hôpital Dr Jeetoo, son état étant jugé stable, tandis que la seconde est toujours en soins intensifs à C-Care Wellkin.
Si dans un premier temps, l’identité du conducteur était inconnue, la victime a été identifiée, dans la matinée d’hier, par son épouse. Il s’agit d’un habitant de Montagne-Blanche, âgé de 34 ans.
Fait troublant, lors de l’intervention policière à l’issue de l’accident, les policiers ont découvert cinq feuilles d’aluminium contenant une substance suspecte, dissimulées dans les chaussettes du conducteur. Ces items ont été transmis au Forensic Science Laboratory (FSL) pour analyses et l’enquête suit son cours.
Selon plusieurs travailleurs sociaux actifs sur le terrain, ces cas ne sont pas isolés mais reflètent une tendance inquiétante. «Chaque semaine, des jeunes sont hospitalisés ou meurent des suites de la consommation de drogues synthétiques. Ce ne sont plus seulement des faits divers, c’est une crise de santé publique.»
Ces substances, faciles à se procurer et bon marché, sont consommées dans de nombreux quartiers. Elles provoquent des effets graves sur la santé : convulsions, crises cardiaques, troubles psychiatriques et, de plus en plus souvent, des morts subites.
Pour les acteurs de terrain, l’absence de stratégie claire des autorités explique en partie la gravité de la situation. «Nous voyons les ravages tous les jours. Les campagnes de prévention et la répression ne fonctionnent pas et les familles se sentent abandonnées.»
C’est la raison pour laquelle ils n’ont de cesse de réclamer une approche nationale intégrée, alliant prévention, soins, réduction des risques et action policière ciblée contre les trafiquants. «Tant que l’on se limite aux saisies et aux annonces, rien ne changera sur le terrain», ajoutent-ils.
En attendant… en ce mois d’août, deux nouvelles familles s’ajoutent à la longue liste de celles endeuillées ou brisées par les drogues synthétiques. Et, de l’avis des travailleurs sociaux, si rien n’est fait, d’autres drames similaires risquent de se répéter à l’avenir.
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