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Décryptage
Anabelle Savabaddy : «Nou pann vinn anbet lepep»
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Décryptage
Anabelle Savabaddy : «Nou pann vinn anbet lepep»
Anabelle Savabaddy, députée de la circonscription numéro 4. (Photo: © Kiranchand Sookrah)
? Quel est votre bilan après plus de huit mois au pouvoir ?
J’ai un bilan et à ce jour en huit mois de députée je suis satisfaite du travail fait par le gouvernement. Il y a déjà le terrain de football Bienheureux Père Laval qui est un diamant qui sort de son écrin. Quand je vais dans ma circonscription, je me dis que je dois faire quelque chose pour ces personnes qui m’ont élue. Ma première question parlementaire concernait Cité La cure dont Ti Rodrigues et ma première action c’était d’apporter un soulagement pour ces habitants qui n’étaient pas connectés au système de l’eau. J’ai soulevé la question au Parlement auprès de mon collègue Patrick Assirvaden. J’avais fait savoir que je n’étais pas satisfaite de la réponse et il a été à l’écoute. Aujourd’hui le problème est résolu et les habitants sont contents. Je me suis aussi occupée du problème de toutà-l’égout car c’était absent pour la circonscription numéro 4. Mes questions sont bien souvent par rapport à la souffrance de mes mandants. Rs 236 millions ont été allouées à la circonscription numéro 4 pour la reconnexion vers le système de tout-à-l’égout. La circonscription était abandonnée totalement ces dernières 10 années.
? Vous vous êtes même fait recadrer par la speaker au Parlement car vous posez trop de questions et interpellez directement le leader de l’opposition Joe Lesjongard…
Je suis une jeune députée et c’est évident que quand je venais d’entrer au Parlement, je ne comprenais pas les rouages. Je n’ai pas 25 ans de carrière au Parlement. Peut-être qu’au début j’ai fait des faux pas mais au fil du temps j’ai appris les rouages et l’apprentissage ne se termine jamais.
? Quoique vous soyez politicienne, vous faites toujours des «lives» pour soulever des problèmes. Vous n’avez pas perdu le réflexe de journaliste ?
Parfois c’est plus fort que moi. J’imagine que vous faites allusion au Cancer Centre. Je fais mon travail sans peur et en faveur de mes principes. Si j’ai fauté et que le Premier ministre m’appelle pour me le faire remarquer, je m’excuserai.
? L’interpellation du ministre Deven Nagalingum au Parlement concernant les joueurs de La Cure Waves…
C’est quelqu’un de très proche sauf que le problème de La Cure Waves est autre. Ils devaient jouer un match à Côte d’Or et finalement on leur a dit qu’ils doivent jouer au stade Auguste Vollaire. Be zot fer mo san konpran pran. Pendant la campagne tout le monde aimait Bilygane et la chanson Ki zot problem ar Roche Bois. Mais là quel est le problème avec La Cure ? J’avais dit au Parlement pourquoi on ne peut pas les laisser jouer à Côte d’or. Ce terrain n’est pas réservé aux personnes venant de quartiers huppés, non ?
? Vous dites que vous avez un titre et que même sans ce titre vous pouvez marcher dans les rues…
Je le ferai fièrement car je me bats pas pour mes mandants. On ne peut pas faire plaisir à tout le monde. Même au Parlement il y a ceux qui ne sont pas contents mais le peuple m’a mise ici pour travailler pour eux. Je suis consciente que j’ai un franc-parler.
? Qui sont ces personnes au Parlement qui ne sont pas contents ?
Je ne pourrai pas vous dire…
? Il y a des ministres qui vous ont fait des reproches ?
(Silence) Ne soyons pas dupes. Vous-même vous travaillez à l’express et je ne pense pas que tout le monde vous dise partout que vous êtes le meilleur, non ? Je n’ai pas de temps à perdre avec les faux-semblants. Je suis ici pour travailler et c’est tout. Je suis redevable aux mandants.
? Lors de la campagne, beaucoup de promesses ont été faites aux mandants parmi lesquelles la baisse du prix de l’électricité, hausse de la pension…
Monsieur Casimir, je vais vous interrompre. Avez-vous déjà vu un gouvernement tout changer en seulement huit mois ?
? Non mais je n’ai jamais vu aussi un politicien dire pendant la campagne, dès que nous serons élus, le prix de l’essence va tout de suite baisser par Rs 20…
Je vais défendre Ehsan Juman dont vous parlez car c’est comme un frère comme d’autres mais très peu. C’était dans le programme électoral et n’importe qui aurait pu le dire. On n’est pas venu embêter la population et nous avons toujours le désir et la volonté de le faire. Ce n’est pas dans notre intérêt de ne pas le faire. On pensait pouvoir baisser le prix de l’essence mais malheureusement la situation est tout à fait le contraire.
La pension, d’ailleurs, j’en parle pour la première fois. C’est un des plus gros défis de ma jeune carrière de politicien. On est un gouvernement responsable. On est en train de dire aux jeunes que si nous ne prenons pas ces mesures, plus tard la pension sera insoutenable. Il y a beaucoup d’émotions autour de ce sujet. Je suis agacée et en colère quand j’écoute des irresponsables venir parler et embêter le peuple comme l’ancien ministre des Finances.
? Qu’en est-il des nominations ? Le peuple est outré de voir des nominations comme celle de Frédéric Curé, gendre de Paul Bérenger. Ces mêmes politiciens se disaient contre ce genre de nomination de «ti copain ti copine».
On parle d’une femme sous l’ancien régime qui a eu 22 nominations. Personne n’a rien vu de mal à l’époque ? On est dans une phase d’apprentissage avec un nouveau gouvernement qui nomme des personnes en qui il a confiance. Un jour peut-être il faudra démarquer les postes politiques et techniques. Ce n’est pas parce que quelqu’un est proche d’un membre du gouvernement qu’il est disqualifié d’un poste. N’oubliez pas cette femme proche de l’ancien régime qui a eu 22 nominations des paraétatiques pour Rs 84 millions.
? Vous mentionnez cette femme et le Premier ministre aussi qui dit d’aller regarder les anciennes nominations du MSM. Du coup le gouvernement actuel veut faire pareil ?
Je ne dis pas qu’il faut faire pareil mais laissons ces personnes travailler et voyons ce qui se passe. Frédéric Curé est un expert dans son domaine. Je ne prends pas les décisions. Je ne suis pas ministre ni junior minister mais enn depite koltar.
? C’est facile de défendre le gouvernement face à cette impopularité ?
Je ne vois pas autant de colère sur le terrain comme on le voit sur les réseaux. C’est normal que certaines personnes ne soient pas contentes et d’autres le sont. Je n’ai aucun problème avec les personnes de ma circonscription.
? Pourtant vous aviez mis un Precautionary Measure contre une personne qui vous a agressée verbalement ?
C’était une personne qui était sous l’effet de l’alcool et qui n’était pas d’accord.
? La relation avec vos collègues Ashok Subron et Ludovic Caserne se passe comment ?
On est des élus de la même plateforme et on assume nos tâches. Chacun pour soi et Dieu pour tous. Nos heures ne coïncident pas. On nous a choisis pour travailler.
? Une réaction sur le Parlement où on entend Paul Bérenger balancer des mots comme «koson», «batiara» ?
(Silence). Il prend ses responsabilités comme Deputy Prime Minister comme je prends les miennes comme députée.
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