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Éducation

Réforme scolaire : moderniser l’école à l’ère du XXIᵉ siècle

16 août 2025, 15:00

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Réforme scolaire : moderniser l’école à l’ère du XXIᵉ siècle

■ Le système éducatif se doit de retrouver un second souffle et ce ne sont pas ceux qui exercent dans ce milieu qui diront le contraire.

Mercredi dernier, lors du 50ᵉ anniversaire du Mahatma Gandhi Institute Secondary School à Moka, le Premier ministre Navin Ramgoolam n’a pas mâché ses mots. Devant un parterre d’enseignants, d’élèves et d’invités, il a qualifié le système éducatif mauricien de «chaotique, bureaucratiquement lourd et inefficace». Une situation qui, selon lui, conduit trop d’élèves au décrochage scolaire.

Il a rappelé que les Assises de l’éducation, tenues en avril, avaient permis de recueillir de nombreuses idées pour enfin engager une réforme profonde. Un draft de ce projet devrait être présenté prochainement au Conseil des ministres par le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad. Ce dernier assure qu’une équipe planche déjà sur les propositions issues de ces consultations.

?Un système à moderniser d’urgence

Pour Vishal Baujeet, président de la Government Teachers’ Union (GTU), si le système éducatif a fait ses preuves par le passé, il est aujourd’hui dépassé. «L’éducation n’est pas statique. Elle évolue avec chaque nouvelle ère. On ne peut dispenser en 2025 la même éducation qu’en 1970.» Selon lui, l’adaptation doit être double : répondre aux exigences du numérique et s’ajuster aux mutations sociétales. «Les attitudes, les libertés, la démocratie et les droits ont évolué. Enseigner aujourd’hui est beaucoup plus complexe. Le Premier ministre a parlé du bullying : comment le traiter efficacement alors que certains parents contestent toute accusation portée contre leurs enfants ? C’est tout le cadre légal qu’il faut revoir», avance-t-il.

Vishal Baujeet plaide également pour une simplification des procédures administratives, une numérisation efficace des démarches et une clarification des responsabilités à chaque niveau. Il estime que les établissements doivent bénéficier d’une autonomie accrue afin de s’adapter à leurs réalités locales, tout en responsabilisant chaque acteur de l’encadrement. Des outils et des facilités supplémentaires devraient être mis à la disposition des enseignants afin qu’ils puissent se concentrer pleinement sur leur mission pédagogique.

Pour lui, toute réforme devra s’installer dans la durée. «Les changements ne peuvent pas être instantanés. Il faut laisser le temps à la vision de s’intégrer et maintenir un dialogue constant entre toutes les parties prenantes.»

?Les axes de refondation selon les syndicats

De son côté, Yugeshwur Kisto, président de la Government Secondary School Teachers’ Union (GSSTU), insiste sur la nécessité de donner plus d’autonomie pédagogique et budgétaire aux écoles, tout en veillant à l’équité et à l’évaluation des résultats. La simplification et la dématérialisation des procédures administratives sont, selon lui, une priorité, tout comme l’introduction de compétences adaptées au XXIe siècle, incluant la littératie numérique, la pensée critique, la résolution de problèmes, la collaboration et la préparation à l’emploi.

Il souhaite également que l’on accorde davantage de place aux évaluations pratiques et aux projets concrets, en délaissant un système trop centré sur les examens finaux au profit d’une évaluation continue intégrant des portfolios et des tests nationaux ciblés sur les compétences clés.

Pour les enseignants, il plaide en faveur d’une formation continue axée sur les méthodes actives, l’usage pédagogique du numérique et la gestion du temps. La réduction de la charge administrative est essentielle, avec une délégation des tâches non pédagogiques et un soutien administratif renforcé. Le bienêtre du corps enseignant doit être pris en compte, en offrant un accompagnement pour la gestion du stress et du temps de collaboration entre pairs.

«La technologie doit être pleinement intégrée dans les écoles, avec un accès équitable pour tous les élèves, une connexion fiable, du matériel adapté et des plateformes d’apprentissage performantes. L’inclusion et l’équité doivent être renforcées, notamment par un soutien ciblé pour les élèves défavorisés ou en difficulté.»

Enfin, il préconise le développement de partenariats entre les écoles et les entreprises locales afin de multiplier les projets, stages et programmes de mentorat. L’alignement entre la formation et les besoins réels du marché de l’emploi, la mise en place de programmes de bien-être, la prévention du harcèlement ainsi que la sécurité physique et numérique sont, selon lui, indispensables. Le soutien à la santé mentale et la motivation des élèves, grâce à des services dédiés et des activités stimulantes, doit également figurer parmi les priorités.

?Une réforme attendue

Pour le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, cette réforme est en bonne voie. «Une équipe travaille déjà sur le dossier et un draft sera soumis au Cabinet très bientôt», assure-t-il. Le chantier est vaste : adapter l’école mauricienne aux réalités du XXIᵉ siècle, répondre aux défis technologiques, sociaux et pédagogiques, et surtout, redonner espoir à ceux qui décrochent. Entre ambitions politiques, attentes syndicales et réalités du terrain, la réforme annoncée s’annonce comme l’une des plus scrutées du quinquennat.


Téléphones portables à l’école : entre interdiction et débat pédagogique

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a récemment annoncé son intention d’interdire l’utilisation des téléphones portables dans les écoles. Selon lui, trop d’élèves restent absorbés par leurs écrans pendant les heures de cours, au détriment de leur apprentissage. Une mesure jugée nécessaire par certains, mais qui fait grincer des dents dans le corps professoral.

«Avant de prendre une telle décision, il faudrait que le gouvernement vienne avec des régulations claires. Ce n’est qu’à ce moment que l’on pourra réellement interdire l’usage des portables à l’école», souligne un enseignant. Un autre professeur adopte une position plus nuancée : «Beaucoup d’entre nous resteront partagés. Le numérique est aussi un outil pédagogique. Chez certains collégiens, notamment les plus âgés, le téléphone peut devenir un support d’apprentissage efficace… si son usage est encadré.» Pour lui, l’enjeu est de concilier interdiction des abus et ouverture à la technologie.

Mais la réalité est parfois plus sombre. Les jeunes, férus de réseaux sociaux et d’applications, détournent parfois leurs appareils à des fins inappropriées. Un enseignant évoque un incident récent impliquant un élève de Grade 7 : après avoir pris en photo sa professeure, il a utilisé un outil d’intelligence artificielle pour manipuler l’image, la déshabiller virtuellement et diffuser le montage sur internet.

Face à ces dérives, la question est désormais de savoir quelles dispositions précises le Premier ministre, en collaboration avec le ministre de l’Éducation, proposera pour encadrer ou proscrire l’usage des téléphones dans les établissements scolaires. Le débat, lui, est loin d’être clos.

Admission en grade 10 dans une «academy» : ouverture des demandes

Le ministère de l’Éducation lance l’appel à candidatures pour les élèves actuellement en Grade 9 ou 9+ souhaitant intégrer une Academy en janvier 2026. Les candidats doivent avoir été inscrits à l’évaluation du National Certificate of Education (NCE) 2025 en tant que school candidates. Les formulaires seront disponibles dulundi 18 août au mercredi 27 août 2025.

Par ailleurs, il est important de noter que pour les élèves des écoles secondaires publiques, le retrait auprès du recteur et le retour du formulaire complété doivent se faire au plus tard le 27 août. Et pour ceux des écoles privées, le retrait et le dépôt auprès de la Zone Directorate correspondante sera entre 9h et 15h (Pamplemousses, Beau-Bassin, Rose-Belle, Ébène). Les parents doivent se munir des documents suivants: acte de naissance original de l’élève et la carte d’identité du responsable.

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