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Protection infantile

Les familles d’accueil reprennent enfin la place qu’elles méritent

13 août 2025, 12:00

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Les familles d’accueil reprennent enfin la place qu’elles méritent

Après des années de marginalisation au profit des shelters, les familles d’accueil reprennent enfin leur rôle central dans la protection de l’enfance. Promesse tenue par la ministre de l’Égalité des genres et du bienêtre familial, Arianne Navarre-Marie, cette nouvelle dynamique s’appuie sur des mesures concrètes et une volonté claire de privilégier un cadre familial pour les enfants vulnérables. Le cas très médiatisé du nourrisson abandonné à Stanley la semaine dernière aura mis en lumière les failles du système de protection de l’enfance.

Ce drame, qui a profondément choqué l’opinion publique, a rappelé l’urgence d’un changement en faveur d’un accompagnement plus adapté aux besoins des enfants en difficulté. Suite à cet événement, le ministère a reçu une trentaine d’appels de personnes intéressées à être familles d’accueil. À chacune, les responsables ont expliqué en détail son fonctionnement et transmis les formulaires nécessaires pour entamer les démarches d’inscription, signe d’un élan citoyen important.

À ce jour, Maurice compte 92 familles d’accueil actives en charge de 119 mineurs. Ces chiffres officiels du ministère traduisent une progression tangible de ce mode de placement. Les mesures mises en place depuis la prise de fonction de la ministre ont simplifié les démarches administratives et instauré un suivi social et psychologique régulier afin d’assurer le bien-être et la stabilité des mineurs placés, tandis que les allocations mensuelles aux familles sont de Rs 12 000 à Rs 15 000 selon les besoins spécifiques des enfants.

Pour Lakshya Jundoosingh, coordinateur de la Foster Care Division du ministère, «le développement du programme des familles d’accueil est essentiel pour offrir à ces enfants un environnement familial stable et sécurisant. Nous travaillons non seulement à simplifier les procédures, mais aussi à accompagner les familles tout au long de cette mission cruciale». Si les shelters restent indispensables dans des situations de prise en charge immédiate, la priorité sera désormais donnée aux placements en famille, qui offrent un environnement plus propice au développement des enfants. Ce virage essentiel vise à réduire la dépendance à un modèle institutionnel souvent critiqué pour son cadre impersonnel et parfois inadéquat.

Malgré ces avancées encourageantes, des défis subsistent. Les familles d’accueil demeurent encore trop peu nombreuses pour répondre aux besoins et les stigmates culturels freinent parfois l’engagement. Le ministère travaille à lever ces obstacles par des campagnes d’information et un accompagnement renforcé des familles candidates. Si la ministre Navarre-Marie a réaffirmé son engagement à poursuivre et renforcer ce dispositif, ce retour à une approche plus humaine et personnalisée constitue une avancée majeure dans la politique sociale du pays, selon les acteurs concernés.

Depuis le début de cette politique renouvelée, les familles d’accueil témoignent d’un engagement profond. L’une d’elles confie qu’«accueillir un enfant, c’est lui offrir un foyer et une stabilité qu’il n’a pas toujours connue. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est très gratifiant de voir leur progression. Le soutien du ministère est essentiel pour nous accompagner dans cette mission.» Un travailleur social ajoute que «les shelters ne peuvent pas remplacer une famille. Les enfants ont besoin de relations humaines fortes pour se reconstruire. Le virage vers les familles d’accueil est un vrai pas en avant, mais il faut encore sensibiliser la population pour lever les préjugés.»

Par ailleurs, la question d’un dispositif sécurisé permettant aux mères en détresse de confier anonymement leur nouveau-né sans crainte de poursuites – un «lieu de dépôt sous X» – commence à être évoquée par des acteurs sociaux et politiques. Un tel espace offrirait une solution humaine et légale pour éviter les abandons dangereux et souvent tragiques, en protégeant à la fois l’enfant et la mère, tout en permettant un accompagnement post-abandon. Cette proposition, encore à l’étude, pourrait constituer un complément important au renforcement des familles d’accueil et contribuer à prévenir de futurs, tout en renforçant la cohésion sociale.

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