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Quand les proches atterrissent (presque) à la NASA

13 août 2025, 05:48

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En l’espace de cinq jours, Paul Bérenger a animé deux conférences de presse – comme au bon vieux temps où il était dans l’opposition. Entre autres sujets, pour exprimer son insatisfaction par rapport à certaines nominations (jeudi) et pour défendre (hier) d’autres nominations, dont celles de ses proches (sa fille, sa belle-sœur et son gendre). Face à la presse, il a rappelé, plus d’une fois, que Navin Ramgoolam et lui sont et restent sur la même longueur d’onde et que l’Alliance du changement se porte bien, en dépit de quelques obstacles çà et là, de la grogne dans la rue et des articles de certains éditorialistes et journalistes.

Comme pour sa fille, sa belle-sœur et son gendre, Bérenger insiste sur le fait qu’il n’y est pour rien : que le choix de faire appel à eux pour servir le pays ne lui revient pas. Pour Joanna Bérenger et Danielle Perrier, la décision a été prise par Ramgoolam, pratiquement à l’insu de Bérenger. Dans le cas de son gendre, le choix a été effectué, encore une fois à son insu, par Ajay Gunness et Rajesh Bhagwan, qui doivent s’y connaître en aviation pour avoir su dénicher l’oiseau rare qui aurait pu, sinon, atterrir à la NASA. Bérenger semble être en pleine admiration devant le sacrifice de ses proches : Joanna, qui fait un travail «formidable» avec Rajesh ; Dany Perrier, qui va mettre sa vie en danger au Mozambique, où l’insécurité est grandissante ; et, finalement, son gendre, qui pourra faire travailler André Viljoen, Kishore Beegoo, Lormesh Bundhoo et le nouveau partenaire stratégique qu’on va chercher pour redonner de l’altitude à AHL/ Air Mauritius. Il ne faut pas désespérer face aux autres problèmes : Bérenger a sûrement d’autres proches à qui l’on pourra faire appel… à son insu, s’il vous plaît. Il n’aime pas l’hystérie de certains qui peuvent y voir du népotisme au sein du gouvernement ou la mise en place d’un système dynastique.

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Parmi la dizaine de comités interministériels que préside Bérenger, le DPM «without portfolio», comme il aime s’appeler, alerte sur les risques de «blackout». Cela fait plus de dix ans qu’il crie dans le désert. On est d’accord avec lui.

À Maurice, le spectre d’un black-out en décembre plane désormais comme une menace sourde au-dessus des foyers et des entreprises. Certes, les politiciens appellent au calme et les technocrates à la patience. Mais la vérité qui dérange est simple : des décennies de sous-investissement, de maintenance bâclée et d’inertie politique ont laissé notre réseau électrique au bord de la rupture. Et lorsque la panne viendra, la facture ne tombera pas sur ceux qui ont creusé le trou, mais sur le petit peuple.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la demande grimpe de 90 MW, portée par l’expansion touristique, les smart cities et un déluge de climatiseurs – plus de 100 000 importés chaque année. En face, des centrales vieillissantes qui toussotent et une transition vers les renouvelables qui piétine. Les «solutions» mises sur la table – barges électriques, turbines mobiles, batteries temporaires – sont des pansements coûteux qui engraissent des fournisseurs étrangers tout en nous enfermant dans une dépendance fossile pour des années.

Pour le public, la note est double : des factures gonflées pour financer l’urgence et des sacrifices imposés au quotidien pour éviter le délestage. On demande aux consommateurs de pratiquer la «sobriété énergétique» – éteindre les lumières, pré refroidir les pièces, troquer le costume trois pièces contre la chemise légère. Du bon sens, certes. Mais amer, quand on sait que la classe politique a passé des années à repousser les décisions, à politiser le dossier et à se chamailler sur les appels d’offres.

Maurice n’a connu que de rares blackout, souvent cycloniques. Ailleurs, ces crises ont été un tournant – comme en Australie Méridionale, passée de 4 % à 70 % d’énergies renouvelables après une panne majeure en 2016. Ici, le choc pourrait aussi servir de déclic. Mais pour l’instant, la panne n’est pas qu’électrique. Elle est politique. Et, comme toujours, c’est le petit commerçant, la femme de chambre d’hôtel et le retraité qui paieront de leur sueur… pendant que les erreurs continueront de se commettre dans des bureaux climatisés, où siègent pas mal de proches parents par alliance ou autres.

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