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Réforme des retraites

La colère des syndicats ne faiblit pas

12 août 2025, 13:00

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La colère des syndicats ne faiblit pas

■ Les syndicats de la Plateforme commune annoncent une nouvelle manifestation, à Port-Louis, le 20 septembre. © Kiranchand Sookrah

La mobilisation contre le passage de l’âge de la pension de vieillesse de 60 à 65 ans reste vive. Réunis hier au siège de la Fédération des travailleurs unis (FTU), à Port-Louis, les leaders de la Plateforme commune syndicale ont réaffirmé leur détermination à poursuivre le combat et à élargir leur mobilisation à l’ensemble de la population.

Pour Atma Shanto, président de la FTU, la méthode du gouvernement est inacceptable : décisions unilatérales, absence de dialogue et refus d’écouter la voix des travailleurs. «Le combat n’est pas fini, il va continuer. Nous prendrons les décisions importantes quand il le faudra, car nous ne pouvons accepter cette mesure imposée sans concertation par l’Alliance du changement», a-t-il déclaré. Il rappelle qu’une délégation avait remis une pétition au Premier ministre, restée sans réponse, et que le gouvernement a ignoré leur appel à participer à un forum-débat organisé à Belle Rose. «Il y a un sentiment de révolte parmi les travailleurs et la population. La pension de vieillesse est un droit universel qui ne figurait pas dans leur manifeste électoral.»

Reeaz Chuttoo, président de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), a qualifié l’événement de Belle-Rose de «vrai succès», saluant le soutien croissant, y compris d’intellectuels, à la revendication syndicale. «Ce qui s’est passé à Belle-Rose doit se propager dans toute l’île. La pension concerne tous les résidents, pas seulement les travailleurs ou le secteur informel», a-t-il insisté.

Il a annoncé une grande manifestation le 20 septembre à Port-Louis et appelé à une mobilisation nationale, avec une campagne de sensibilisation et d’éducation populaire.

De son côté, Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress, a souligné que les récentes actions de la Plateforme ont rassemblé bien au-delà de la classe ouvrière. «Nous avons reçu des demandes pour organiser des actions régionales. Ce message est fort : il n’est pas trop tard pour écouter ceux qui vous ont mis au pouvoir. Un travailleur doit pouvoir partir à la retraite à 60 ans.» Il indique avoir écrit au président de la République pour demander que le Finance Bill ne soit pas approuvé, sans réponse à ce jour.

Clency Bibi, président de la General Workers Federation (GWF), a rappelé que Maurice est signataire de la Convention 144 de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui impose la consultation tripartite. «Le gouvernement n’a pas respecté ses engagements et n’a pas écouté la classe syndicale. Ce n’est pas trop tard pour revenir à la table des discussions. Nous sommes prêts à proposer des solutions pour faire entrer de l’argent dans les caisses de l’État.»

D’ailleurs, la CTSP a officiellement saisi le directeur de l’OIT pour dénoncer ce qu’elle considère comme une violation de la Convention 144, ratifiée par Maurice en 1994. Elle lui demande d’examiner ce dossier en urgence.

La Plateforme commune syndicale, qui regroupe plusieurs fédérations et confédérations, entend maintenir la mobilisation dans les semaines à venir. Convaincus que la défense de la pension à 60 ans dépasse les clivages politiques, ses leaders affirment : «Ce que nous défendons, c’est un acquis social fondamental. Le peuple doit comprendre, et le gouvernement aussi, que nous n’abandonnerons pas.»

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