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Trois suicides d’élèves en quelques semaines

Mal-être des jeunes et urgence collective

11 août 2025, 12:00

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Mal-être des jeunes et urgence collective

■ Les raisons poussant les jeunes au geste fatal sont multiples : pressions sociales, difficultés familiales, harcèlement entre pairs ou encore troubles personnels.

Maurice est secouée par une série de suicides d’enfants et d’adolescents, avec des cas récents à Montagne Longue, Triolet et Vacoas. Ces drames soulèvent des questions urgentes : que se passe-t-il chez nos jeunes et quelles réponses apporte-t-on ?

Les faits sont tragiques. Fin juillet, une collégienne de 14 ans, élève au DAV College, à Morcellement Saint-André, a été retrouvée pendue à Vallée-des-Paradis, Montagne Longue. Quelques jours plus tôt, un garçon de 13 ans, élève au Triolet State Secondary School (SSS), s’est donné la mort à son domicile. Et début août, un jeune de 12 ans, scolarisé au collège du St-Esprit, a mis fin à ses jours à Vacoas. Trois histoires dévastatrices, trois familles brisées et des milliers de questions.

Le suicide d’une collégienne à l’Ébène SSS, survenu en mars, avait profondément marqué la communauté et cette tragédie avait mis en lumière la présence d’une secte en ligne, dont le rôle avait été pointé dans le contexte douloureux ayant précédé son geste fatal. Une seconde tentative avait heureusement pu être évitée, ce qui avait conduit les autorités à démanteler cette structure. Ce drame a agi comme un catalyseur, incitant le ministère de l’Éducation à renforcer ses efforts en matière de prévention du suicide chez les jeunes.

D’après une source au ministère, chaque établissement scolaire dispose désormais d’enseignants formés à l’écoute, capables de détecter les signaux de détresse. Ces enseignants orientent les cas sérieux vers les psychologues du ministère, toujours avec l’accord des parents. Les raisons poussant les jeunes au geste fatal sont multiples : pressions sociales, difficultés familiales, harcèlement entre pairs ou encore troubles personnels.

Toujours selon cette source ministérielle, Befrienders Mauritius, organisation spécialisée dans la prévention du suicide, a récemment obtenu l’accès aux établissements scolaires pour mener des campagnes de sensibilisation. «Avant, Befrienders n’avait pas accès aux écoles et ne pouvait pas intervenir ni sensibiliser directement. Le drame de l’Ébène SSS a été un déclencheur qui a permis ce changement et l’ouverture d’un partenariat avec le ministère», indique-t-elle. Désormais, les collégiens et écoliers peuvent également témoigner de façon anonyme grâce à des numéros WhatsApp dédiés, un dispositif récent qui vise à faciliter l’accès à l’aide.

Malgré ces mesures, le mal-être des enfants et adolescents semble s’aggraver, et interroge la société tout entière. Quels moyens supplémentaires faut-il déployer ? Comment mieux soutenir les familles, les écoles et surtout, les jeunes eux-mêmes ? Fautil repenser les programmes scolaires, les formations, ou encore renforcer les cellules d’écoute ? La parole est aux acteurs de terrain, aux parents, mais aussi aux jeunes, pour briser le silence autour de ce fléau qui touche notre île.

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