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Grave accusation
La CSG détournée ?
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Grave accusation
La CSG détournée ?
C’est une bombe politique que Renganaden Padayachy a lancée sur le plateau Radio Plus, hier. L’ancien grand argentier affirme que le gouvernement actuel aurait détourné Rs 11 milliards du compte de la CSG, fonds censés financer des allocations sociales ciblant les plus vulnérables.
«Ce gouvernement aurait pu utiliser Rs 2 milliards de ce fonds détourné pour maintenir la pension à 60 ans à 13 500 bénéficiaires pour l’année fiscale 2025/26», soutient-il.
Au-delà de cette accusation majeure, l’ancien ministre a critiqué le Budget 2025/26, qu’il considère comme un exercice de rupture sociale, en totale contradiction avec les politiques qu’il a lui-même portées durant son mandat. «Ce Budget consacre une politique économique antisociale, où les retraités, les jeunes et les femmes enceintes sont les premières victimes. Il s’agit d’une austérité déguisée qui affaiblit la protection sociale», a-t-il dénoncé.
Il critique notamment la suppression de plusieurs allocations financées par la CSG et s’oppose fermement au ciblage de la pension de vieillesse, qu’il qualifie de remise en cause dangereuse du principe d’universalité.
Sur le plan macroéconomique, Padayachy dresse un tableau préoccupant. Il avertit que la croissance économique, qui tournait autour de 5 % en 2024, pourrait tomber sous les 2 % en 2025, en raison du recul de la consommation et du resserrement budgétaire. Il pointe également du doigt une inflation croissante (3,4 % en 2024) et anticipe une détérioration du niveau d’investissement en 2025. «Le chômage, historiquement bas à 5,8 % en 2024, repart à la hausse. On ne peut pas bâtir une prospérité durable en comprimant la demande intérieure.»
Face à ses détracteurs, l’ancien ministre assume pleinement son action à la tête du ministère des Finances. Il rejette l’accusation d’avoir laissé une économie fragilisée à son départ :«Ce n’est pas une bombe économique que nous avons laissée, mais un boom. Une croissance moyenne de 5 % pendant trois années consécutives, c’est du jamais vu depuis longtemps.»
Renganaden Padayachy met en cause, par ailleurs, la crédibilité du document officiel “The State of the Economy”, le qualifiant de «document malpropre», et dénonçant le «trimming and cooking of data» – une falsification présumée des statistiques économiques. Il affirme connaître les auteurs du rapport et s’engage à instituer une commission d’enquête à cette fin si son parti retourne au pouvoir.
L’ex-ministre insiste sur le fait que son gouvernement a investi massivement pour soutenir l’économie après la pandémie, en particulier à travers la création de la Mauritius Investment Corporation (MIC). Il réfute toute proximité avec les bénéficiaires des fonds alloués par cette entité : «Il n’existe aucun lien personnel entre les entreprises qui ont reçu un soutien financier de la MIC et moi.»
Cette intervention, à la fois technique, accusatoire et politique, marque le grand retour de Renganaden Padayachy dans le débat public. Son positionnement, plus combatif que jamais, pourrait en faire l’un des porte-voix économiques de l’opposition, dans un contexte où les tensions sociales et les arbitrages budgétaires risquent d’occuper le devant de la scène.
Après l’émission, le ministère des Finances a souligné qu’il n’y a aucun détournement de fonds. L’argent payé par le gouvernement pour les employés du secteur public ne peut pas être comptabilisé comme un revenu pour le gouvernement.
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