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Bilan, alertes et perspectives
Paul Bérenger : «Le pays risque un black-out d’ici la fin de l’année»
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Bilan, alertes et perspectives
Paul Bérenger : «Le pays risque un black-out d’ici la fin de l’année»
Paul Bérenger, Deputy Prime Minister (DPM) et leader du Mouvement militant mauricien (MMM).
Lors d’une conférence de presse tenue hier à Port-Louis, Paul Bérenger, Deputy Prime Minister (DPM) et leader du Mouvement militant mauricien (MMM), est revenu sur les huit derniers mois passés au sein du gouvernement. Bien qu’il ne détienne aucun portefeuille ministériel, il a affirmé avoir abattu un «travail colossal», tout en tirant la sonnette d’alarme sur plusieurs dossiers brûlants, dont une crise énergétique imminente et une recrudescence du trafic de drogue. «Jamais je n’ai autant travaillé de toute ma carrière», a-t-il déclaré, rejetant l’idée que sa fonction de Premier ministre adjoint «sans portefeuille» soit de pure forme. Il a ainsi présenté un portfolio détaillé des actions menées dans le cadre de ses fonctions.
Parmi ses priorités, le dossier des Chagos occupe une place centrale. Paul Bérenger s’est félicité des efforts entrepris pour affirmer la souveraineté mauricienne sur l’archipel, tout en reconnaissant les défis logistiques à surmonter : «Nou ti ena pou devlop Chagos, nou pena bon bato.» Il a également annoncé la création prochaine d’une zone marine protégée autour des îles, et souligné la nécessité de renforcer la surveillance et la protection du territoire.
? Crise énergétique : Un scénario à la sud-africaine ?
Mais c’est surtout la crise énergétique qui a dominé ses propos. Paul Bérenger a affirmé que Maurice est en route vers une situation de black-out généralisé d’ici la fin de l’année, si rien n’est fait rapidement. Il a attribué cette crise à l’inaction du précédent gouvernement Mouvement socialiste mauricien : absence d’investissements dans les équipements, machines obsolètes et hausse soudaine de la consommation autour des élections.
Face à cela, deux solutions sont à l’étude : l’option d’une barge électrique, bien que coûteuse et à l’impact environnemental controversé, ainsi que l’acquisition de moteurs mobiles. Paul Bérenger a salué les efforts en cours pour redresser la situation, tout en avertissant que «des hôtels touristiques fonctionnent déjà avec leurs propres générateurs», une solution «qui ne peut durer éternellement». Il a affirmé avoir «tiré la sonnette d’alarme depuis des années» et averti que le pays pourrait être contraint d’adopter le principe de rotating black-outs, à l’image de l’Afrique du Sud.
Autre dossier d’urgence : le fléau de la drogue. Le DPM a annoncé la mise en place d’une nouvelle législation, d’un comité interministériel regroupant 14 ministres, ainsi que la participation de sept Organisations non gouvernementales au sein du nouveau board. «On a perdu un peu de temps au début, mais le travail est désormais bien lancé», a-t-il indiqué.
Paul Bérenger a aussi mis en avant son rôle dans la prévention des dérives liées aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle, en partenariat avec le ministère de l’Éducation. Il a également présidé des comités sur des sujets environnementaux tels que les invasions d’algues sur la côte Est, la protection des baleines ou encore la participation de Maurice à la COP30 au Brésil. Le dossier de la pêche au thon a également été abordé. Il a dénoncé les pratiques frauduleuses autour du by-catch au port de Maurice, assurant que le gouvernement va agir face aux tentatives de sabotage venant de ceux qui profitent illégalement de ce secteur.
Sur le plan du développement des îles, le DPM a critiqué la gestion passée d’Agaléga et de Saint-Brandon, qu’il qualifie de «massacre écologique». Il s’est félicité de la création de l’Outer Island Development Council, présidé par Daniella Bastien, pour relancer les projets sur ces territoires. Des efforts sont également déployés pour la remise en valeur de l’île-aux-Bénitiers et d’autres îlots autour de Maurice.
Le secteur sportif n’a pas été oublié : une nouvelle Sports Act est en préparation, et Paul Bérenger a insisté sur la nécessité d’en finir avec le favoritisme et la corruption dans le domaine.
? Domaine Les Pailles, JinFei et Air Mauritius : le grand nettoyage
Concernant les projets phares comme Jin-Fei et Domaine Les Pailles, il a évoqué les abus et négligences du passé, dénonçant notamment les mauvais traitements infligés aux chevaux de l’ancienne écurie de Pailles. Il a affirmé que ces projets sont désormais «remis sur les rails», avec l’appui de l’ambassade de Chine et de l’Economic Development Board.
Concernant Air Mauritius, le DPM a fait part de sa grande inquiétude : «Ce qui s’y passe n’est pas bon du tout.» Il a assuré avoir proposé des solutions au Premier ministre depuis plusieurs mois, notamment pour améliorer les dessertes régionales.
Paul Bérenger a reconnu que l’inflation est une réalité difficile à contenir, expliquant que les hausses internationales ont un impact direct sur les prix locaux. Il a rappelé que le gouvernement a prévu un fonds de Rs 10 milliards, dont Rs 2 milliards déjà mobilisées, pour atténuer cet impact. Toutefois, il a affirmé que «la population devra comprendre» que certaines augmentations sont inévitables.
Quant à la réforme de la Basic Retirement Pension, il s’agit, pour lui, d’une priorité absolue. Il a également évoqué le déclassement par Moody’s, qu’il estime peu compris par la population, mais central dans les préoccupations budgétaires du gouvernement. Enfin, Paul Bérenger a réaffirmé que Dawood Rawat avait été victime d’une injustice, rappelant qu’il fut le premier à soulever l’affaire BAI au Parlement via une Private Notice Question, bien avant l’éclatement du scandale.
? Affaire Stanley : un drame humain
Paul Bérenger a également réagi à la découverte d’un nourrisson abandonné à Stanley. Il a qualifié la situation de «terrible» et a indiqué travailler de concert avec la ministre Arianne Navarre-Marie et l’Attorney General, Gavin Glover, pour placer l’enfant en famille d’accueil. «De nombreuses familles souhaitent déjà l’accueillir», a-t-il assuré.
Face aux critiques sur certaines nominations et lenteurs administratives, Paul Bérenger a reconnu des manquements, tout en rappelant que les priorités gouvernementales sont jusqu’ici centrées sur le Budget et le redressement économique. Il appelle la population à faire preuve de patience : «Ce n’est pas facile de redresser un arbre qui a poussé de travers.»
Traité de Pelindaba et Chagos : Le Premier ministre adjoint dénonce une campagne de désinformation
Interrogé sur les récentes critiques relayées par certains médias britanniques concernant le Traité de Pelindaba et le dossier des Chagos, Paul Bérenger a dénoncé une tentative délibérée de nuire aux efforts diplomatiques mauriciens. Il a qualifié cette campagne de «malhonnête» et menée de «mauvaise foi» par des opposants politiques. Selon lui, le Traité de Pelindaba, signé depuis de nombreuses années, n’interdit pas la présence temporaire d’armes nucléaires dans la région, mais en interdit le stockage permanent. «Il y a une différence claire entre stockage et transit», a-t-il expliqué, tout en précisant que lors des interventions militaires américaines, comme l’attaque contre l’Iran, Diego Garcia n’avait pas été utilisée comme base opérationnelle. Paul Bérenger a ainsi réaffirmé la position du gouvernement : la souveraineté sur les Chagos est non négociable et les accords en cours respectent pleinement les engagements internationaux du pays.
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