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Incivisme

Rajesh Bhagwan : «Sans l’aide de la population, nous ne gagnerons pas la bataille de la propreté»

6 août 2025, 09:00

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Rajesh Bhagwan : «Sans l’aide de la population, nous ne gagnerons pas la bataille de la propreté»

Rajesh Bhagwan, ministre de l’environnement.

Sollicité pour une réaction, Rajesh Bhagwan, ministre de l’Environnement, de la gestion des déchets solides et du changement climatique, nous a fait la déclaration suivante : «On ne va pas se voiler la face. Trop de Mauriciens continuent encore et encore à salir, défigurer et polluer. Si le Mauricien aime bien s’occuper de sa maison et de sa petite cour, par contre la rue et les terrains vagues continuent à être utilisés comme dépotoirs. La santé publique dépend d’un environnement sain et notre qualité de vie dépend de notre qualité de l’air, de l’eau, de la nourriture.

Tant qu’il n’y aura pas de changement d’attitude de certains au sein de la population et une application plus rigoureuse et sans exception des lois et des règlements par les différents enforcement officers, qu’ils soient inspecteurs municipaux, ceux des conseils de district, des Fisheries, inspecteurs sanitaires et policiers, le fléau d’insalubrité dont des dépotoirs sauvages, restera entier.

Je l’ai déjà dit, ma plus grande frustration est l’indiscipline qui défigure notre petite île et le plus grand défi est la responsabilisation des générateurs de déchets, utilisateurs comme producteurs.»

Il indique que rien qu’au niveau de la police de l’Environnement, depuis janvier dernier, 743 contraventions ont été émises pour littering et 43 pour déversement sauvage de déchets. Les sanctions sont des amendes de Rs 3 000 à Rs 5 000 pour littering à Rs 25 000 pour déversement sauvage.

Rs 3 milliards par an

«Ce dont beaucoup ne se rendent pas compte, se kan ou zete, se pas zis ou ki peye si trap ou, me tou bann contribuables peye. Savez-vous que le service public de gestion des déchets coûte Rs 3 milliards par an, soit Rs 2 500 par tête d’habitant ? Outre les services de voirie, c’est au prix de gros efforts des balayeurs, balayeuses et autres travailleurs de Mauri-Facilities, désormais sous l’égide de mon ministère, qui, dès le matin, sont sur la brèche, pour nettoyer et ramasser des déchets dans les drains et en bordure de route, que l’île Maurice reste relativement propre dans certains endroits. Mais, hélas quelle démotivation pour ces gens que de se retrouver le lendemain, avec des bouteilles en plastique, des contenants de yaourt à boire et autres déchets à nouveau entassés au même endroit. Ramasser ces détritus, qui ne sont pas jetés dans les poubelles mais qui sont éparpillés aux abords des autoroutes et ailleurs coûtent deux fois plus cher avec la mobilisation des ressources additionnelles.»

Le ministre Bhagwan souligne que tout cet argent aurait pu être réparti plus judicieusement à la santé, à l’éducation et à planter, embellir et enjoliver «au lieu d’être canalisé pour nettoyer là où les gens ont sali afin d’éviter la propagation de maladies comme le chikungunya, la dengue ou encore la leptospirose, qui, ne l’oublions pas, a fait, à elle seule, 12 morts l’année dernière».

La protection de l’environnement, rappelle-t-il, n’est pas seulement son affaire mais celle de tout un chacun. «Sans l’aide de la population, nous ne gagnerons pas la bataille de la propreté.»

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