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Décès
Ismet Ganti : l’infatigable créateur a lâché prise
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Décès
Ismet Ganti : l’infatigable créateur a lâché prise
Le plasticien, peintre, théoricien des arts plastiques, Ismet Ganti, avait 77 ans.
Son œuvre parle désormais pour lui. C’est une exposition-testament qu’Ismet Ganti laisse au Caudan Arts Centre. Pangée, le titre de l’exposition actuellement visible au premier étage du Caudan Arts Centre s’était ouverte le 6 février. Ce n’était pas une date choisie au hasard. Ismet Ganti était né le 6 février 1948. Il vient de nous quitter. L’artiste pluridisciplinaire avait 77 ans. L’exposition est visible jusqu’au 26 février.
Plus connu comme plasticien – peintre mais aussi théoricien des arts plastiques, Ismet Ganti était aussi musicien – le rock avait ses faveurs- et poète. En 2021, il publiait un recueil substantiel sobrement intitulé Poésie. Pas de préface, pas d’introduction. Le lecteur entrait directement dans un long poème commençant ainsi :
Il y a un escalier
qui mène au premier
Au lieu du palier
Il y a un grand trou
Un vide dans lequel l’artiste s’est toujours abstenu de tomber. Lui qui décriait avec force le manque d’une politique culturelle étatique cohérente. Il ne manquait pas à l’occasion de rappeler que la république de Maurice, nation indépendante depuis 56 ans n’avait pas encore de galerie d’art nationale digne de ce nom, «ni de fonds d’art contemporain, ni d’orchestre national».
L’an dernier, en avril 2024, le ministère des Arts et du patrimoine culturel avait décerné un Lifetime Achievement Award à quatre grandes figures du monde artistique. Parmi, figurait Ismet Ghanti.
Plusieurs vies professionnelles
Créateur et créatif, pour gagner sa vie, Ismet Ganti a eu plusieurs vies professionnelles. Il a travaillé à la station de télévision nationale en tant que décorateur. Auparavant, une fois ses études secondaires terminées, il avait enseigné le dessin aux élèves de l’Islamic College, à Port-Louis. Avant de devenir Welfare Officer à la mairie de Beau-Bassin–Rose-Hill. Et de s’occuper de la galerie municipale Max Boullé.
Sa fibre artistique s’était développée très tôt. La présentation de l’exposition Pangée signale qu’une œuvre datant de 1956 – Ismet Ganti avait huit ans – figure dans ses collections. Il monte sa première exposition en 1970 «avec des œuvres inspirées du pop art avant d’adhérer quelques années plus tard aux idéaux de l’art conceptuel». «Dès 1975, il entreprend une œuvre tridimensionnelle conçue pour s’étendre sur plusieurs décennies : un assemblage de boîtes en carton qui s’achève en 1998, après vingt-trois ans de travail», poursuit la présentation.
Ismet Ganti c’était aussi cela : la valeur du travail patient, qui creuse l’idée. Prendre le temps de saisir l’insaisissable. Pour laisser une marque indélébile dans le paysage culturel mauricien.
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