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A Lourdes
Les Ukrainiens célèbrent l'indépendance avec un désir intact de retour
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A Lourdes
Les Ukrainiens célèbrent l'indépendance avec un désir intact de retour
Loin de leur pays en guerre, les Ukrainiens réfugiés à Lourdes célèbrent les 33 ans de l'indépendance de l'Ukraine en prières et en chants, et caressent l'espoir d'un retour et d'une victoire prochaine.
Alors que l'armée ukrainienne a lancé une offensive inédite sur le sol russe, dans la région de Koursk, cette communautés unie dans l'exil s'est retrouvée samedi au sanctuaire de la grotte de Lourdes pour prier pour la paix en Ukraine.
Olena Biletska, 54 ans, est arrivée dans la cité mariale il y a deux ans avec son fils et son mari, tout comme le millier d'Ukrainiens accueillis à Lourdes depuis le début du conflit avec la Russie.
«Nous voulons revenir quand la guerre sera terminée. Nous avons été bien accueillis ici, mais on vit avec beaucoup de stress et d'incertitude», soupire Olena Biletska, en larmes.
Derrière elle, un drapeau ukrainien noirci de dates et d'écriture cyrillique. «Quand nous avons traversé la frontière, je l'ai serré fort contre moi», mime-t-elle en touchant l'étendard de son pays. "Aujourd'hui, nous célébrons notre drapeau", ajoute cette Ukrainienne de 54 ans.
D'hôtel en hôtel
D'une voix tremblante, cette ancienne journaliste originaire de Melitopol, localité située à 200 km de Marioupol, raconte qu'elle a laissé derrière elle sa fille de 30 ans, qui a tenu à rester en Ukraine avec son petit garçon, l'arrivée à Nice dans une famille, puis l'installation à Lourdes et une vie ballotée d'hôtel en hôtel.
En attendant la fin du conflit, elle est serveuse dans l'un des nombreux hôtels de la ville et s'amuse de rencontrer des pèlerins venus du monde entier. «Lourdes est finalement très internationale !», sourit Olena. Son mari Oleksandr, ancien ingénieur du bâtiment de 63 ans, travaille dans une blanchisserie de la ville.
Consignes de sécurité écrites en cyrillique, nourriture ukrainienne, cartes de l'Ukraine affichées dans les couloirs... Situé dans le centre de Lourdes, l'Hôtel Métropole, où vivent actuellement 150 Ukrainiens, accueille également les travailleurs sociaux du dispositif Dodomu, "maison" en ukrainien, lancé par l'ONG catholique Caritas.
«Au début du conflit, l’État nous a sollicités pour accueillir les Ukrainiens en lien avec les hôtels de Lourdes qui se sont portés volontaires», se rappelle Isabelle Simon, cheffe par intérim du dispositif Dodomu.
«Caritas s'occupe de l'accompagnement social: l'insertion professionnelle, les visites médicales, les demandes d'asile, les cours de français... Beaucoup de personnes ont pu obtenir un emploi grâce à la vie hôtelière de Lourdes», précise-t-elle.
Si Olena et Oleskandr Biletski disent «beaucoup souffrir» du déracinement, ils se réjouissent de faire partie de la «communauté soudée et solidaire» formée autour de l'Hôtel Métropole et par l'église ukrainienne de Lourdes qui, bien qu'ils ne soient pas catholique, a «beaucoup fait pour nous, en maintenant le lien», confient-ils.
Un sentiment partagé par Juliana, la réceptionniste de l'Hôtel Métropole. «Aujourd'hui, je vis dans un appartement avec ma famille et ma chatte, venues d'Ukraine. Elle a deux passeports, le français, et l'ukrainien !», s'exclame cette femme d'une cinquantaine d'années en français, en faisant défiler les photos de l'animal sur son portable.
Prier pour l'Ukraine
Actuellement, 368 Ukrainiens sont hébergés à Lourdes. Depuis avril 2022, Dodomu a pris en charge 1.035 déplacés. Certains sont repartis en Ukraine, loin des zones de front. D'autres sont devenus autonomes.
Si les familles ukrainiennes pourront bénéficier de l'autorisation provisoire de séjour jusqu'en 2026, «elles sont nombreuses à hésiter à demander l'asile, qui, en cas d'obtention, leur rendrait tout retour en Ukraine impossible. Certains ne sont pas prêts à cela», indique Isabelle Simon.
Près de la voie ferrée, les trois coupoles dorées de l'église catholique ukrainienne émergent parmi les habitations. Pour le père Mykhailo Romaniuk, administrateur de cette église de rite byzantin, «le 24 août est une fête très importante. Depuis toujours, ce que les Ukrainiens veulent, c'est l'indépendance. On va prier pour la paix en Ukraine».
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