Publicité

Dur, dur, ce plan à trois...

8 avril 2024, 14:43

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Pour qu’un couple perdure, on dit qu’il faut, en plus des sentiments, des sacrifices et une communication saine. Pour un «trouple» (un trio amoureux), c’est bien plus compliqué. L’alchimie revêt des nuances. Chacun des protagonistes doit être capable d’aimer et de partager sans succomber à la jalousie.

Si les relations à trois sont généralement vécues en secret, cette fois-ci, nous assistons à une crise en direct entre deux des trois partenaires qui affichaient hier leur sourire devant la presse, chacun de son côté, au lieu de sceller leur union avant le 1ᵉʳ-Mai.

La plupart des personnes impliquées dans une relation à trois rejettent le modèle traditionnel de relations imposé par la société avec ses conventions et ses codes. Leur polyamour repose sur le consentement. Cependant, hier, le MMM et le PMSD ont confirmé qu’ils ne sont pas d’accord avec la répartition 35-17-8. Paul Bérenger regrette que le MMM ne puisse pas être présent dans 20 circonscriptions sur le plan arithmétique, tandis que le PMSD refuse de se contenter de huit tickets, ayant des ambitions légitimes d’élargir sa base – d’autant que le régime en place ne rate plus une occasion pour flatter le PMSD.

Navin Ramgoolam, s’il veut sauver son alliance, doit, ce week-end, s’assurer que ses deux partenaires, qui se sont exprimés publiquement de manière contradictoire, acceptent les conditions d’un contrat à trois (qui n’a jamais été ratifié) et éloigner le soupçon qu’un autre partenaire pourrait surgir et les rejoindre sous la «tente du mariage». Comme me l’a dit un médecin qui suit de près l’évolution du malaise : «La notion d’adultère n’a plus lieu d’être et il faut rassurer les deux autres. Être dans une relation à trois implique d’être heureux du bonheur des deux autres partenaires.» Cela nécessite donc une grande ouverture d’esprit pour faire fonctionner ce triangle inédit.

En écoutant les dirigeants du MMM et du PMSD, on a l’impression que le dialogue ne passe plus. Bérenger, tout en disant vouloir retenir le PMSD, pousse en fait son rival dans les bras du MSM. Tout le monde a compris qu’il ne veut plus partager son voisin «Nuvin» qu’il a brièvement vu hier, avant d’animer sa conférence de presse 100 % MMM, un exercice devenu rare ces derniers temps. Comme d’habitude, quand Bérenger déteste quelqu’un, il évite de prononcer le nom, comme hier il a soigneusement évité le nom du fils du leader des bleus, préférant dire «so garçon» au lieu d’Adrien Duval, tout comme il a feint d’avoir oublié le nom de «Patrick» Belcourt, dont la photo avec XLD l’a agacé...

XLD a été moins provocateur que Bérenger hier. Il s’est montré plus rationnel, même si l’amour, surtout dans un trouple, relève surtout de l’émotion et du ressenti du moment. Selon lui, le cadre entre les trois doit être mieux défini et des ajustements sont nécessaires pour que le PMSD ne se sente pas lésé. Prudent, il est conscient que deux des protagonistes peuvent décider de s’exclure mutuellement et de former un couple, ou une quatrième personne ou un parti peut faire son apparition et perturber l’équilibre du trouple...

Autant de risques que dans un couple traditionnel, finalement.

Le constat est clair : le ver est déjà dans le fruit entre le MMM et le PMSD, même s’ils essaient tous deux de rétablir la situation pour la galerie. Leur conférence de presse disjointe a mis en lumière la fracture. En essayant de ménager la chèvre et le chou, le lion a peut-être cru avoir décroché le jackpot en termes d’unité dans une famille recomposée. Maintenant que les choses commencent à déraper, comment fera-t-il pour éviter que l’embarcation des trois ne chavire ? Le MSM tend déjà la main au PMSD. Le MMM, qui n’a pas d’autres prétendants, doit, lui, s’accrocher aux griffes du lion... comme en 2014. Un remake est-il en train de se produire ?