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Bernard Charoux: mon père Roger, parti de l’autre côté de la vie

3 juillet 2023, 14:15

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Bernard Charoux: mon père Roger, parti de l’autre côté de la vie

Triple cheminement. Celui du fils Bernard dans les pas de son père, Roger Charoux. Celui du jeune peintre qui cherche et trouve ses marques à l’ombre des sept décennies de création de «l’ancien». Celui qui professionnellement, a choisi la même filière que son père, la décoration d’intérieure. Une semaine après le décès de son père Roger Charoux, son fils raconte.

L’atelier de Roger Charoux laisse entrer le soleil d’hiver à Rose-Hill. Près de la porte, le fauteuil au coussin orange est vide. L’artiste nous a quittés jeudi 22 juin, à 93 ans. Une semaine après, Bernard, le benjamin de ses trois fils, se souvient.

Bernard Charoux, lui aussi peintre, développe son propre style.

Parmi les toiles rangées dans l’atelier, Bernard Charoux sort les deux derniers tableaux de son père. Dans l’un d’eux, une voluptueuse dame blonde aux seins nus prend ses aises, avec des tranches de melon d’eau autour d’elle. «Roger n’a pas eu le temps de lui donner un titre», précise son fils.

L’artiste est resté actif jusqu’à la semaine précédant son grand départ. Roger Charoux laisse environ 150 toiles à la postérité. «Son ancien travail, les œuvres figuratives, c’est à part», précise Bernard Charoux. Quant à ses dessins conservés dans des boîtes hermétiques et des tiroirs remplis, «je ne les ai pas encore répertoriés. Il dessinait matin, midi et soir sur un petit bloc-notes, une enveloppe qui traîne. À un jour de son décès, il dessinait encore. C’était son essence».

L’une des dernières toiles réalisée par Roger Charoux. Il a laissé environ 150 tableaux

Bernard Charoux poursuit : «Le dernier samedi avant son décès, nous sommes allés peindre à Port-Louis, David Constantin, lui et moi. Mais il n’était pas en forme, il n’était pas sorti de l’auto.» Comme une boucle bouclée avec le groupe du samedi, groupe qui a laissé ses marques dans l’histoire de la peinture contemporaine, comptant parmi ses membres Serge Constantin, Yves David et tant d’autres.

Que va devenir l’atelier de Roger Charoux ? Son fils Bernard répond qu’il avait lui aussi un coin dans cet atelier. «Mais je ne prenais pas trop de place. C’était son atelier. Ce serait dommage de fermer.» Il faut maintenant réfléchir à la suite qu’aura l’œuvre de Roger Charoux. «Il y a tellement de possibilités : créer une fondation, organiser une rétrospective. On verra.»
 

Artiste de père en fils 

<p>J&rsquo;ai baigné dedans&raquo;, lance Bernard Charoux. Le goût pour l&rsquo;art est dans la famille. Outre son père Roger, son oncle est l&rsquo;artiste pluridisciplinaire Jacques Charoux. La grand-mère Madeleine &laquo;<em>avait une inclinaison pour la peinture. C&rsquo;est elle qui a incité Roger à prendre des cours&raquo;.</em></p>

<p>À son tour, Bernard Charoux commence à peindre à huit, neuf ans.<em> &laquo;Je voyais tout le temps mon père peindre. C&rsquo;était une inspiration&raquo;.</em> À 13-14 ans, l&rsquo;ado qui fait des gouaches est &laquo;hissé&raquo; dans le groupe du samedi, par son père. &laquo;<em>C&rsquo;était un peu impressionnant. Je ne savais pas quelle direction prendre</em>&raquo;, se souvient-il. Environ un an avant ces sorties hebdomadaires, il prend des cours, dans le grenier du Plaza, avec Serge Constantin.</p>

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	<figure class="image" style="display:inline-block"><img alt="" height="341" src="/sites/lexpress/files/images/atelier.jpg" width="457" />
		<figcaption>Le temps dira ce que deviendra l&rsquo;atelier à Rose-Hill. &copy; Aurelio Prudence</figcaption>
	</figure>
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<p>Le cheminement pictural de Bernard Charoux suit d&rsquo;abord le sillon creusé par son père : le figuratif. Roger Charoux a par la suite effectué un grand virage vers l&rsquo;abstrait et le semi-abstrait. Ce que son fils appelle &laquo;<em>sa nouvelle peinture&raquo;. </em></p>

<p>Pour Bernard Charoux, quelle est sa nouvelle peinture ? Son médium de prédilection, c&rsquo;est l&rsquo;acrylique. Il a un penchant pour la nature, dans un style contemporain, &laquo;<em>plus déconstruit&raquo;</em>. La dernière expo solo de Bernard Charoux remonte à 2012. Sa dernière participation à une expo collective, c&rsquo;était l&rsquo;an dernier, dans la<em> &laquo;Summer Collection</em>&raquo; organisée par <em>The Third Dot.</em> En 2022 toujours, <em>The Third Dot</em> a choisi Roger et Bernard Charoux &ndash; et six autres peintres mauriciens &ndash; pour réaliser des fresques sur un pan de mur du <em>Victoria Urban Terminal.</em></p>

<p><strong>Relève professionnelle</strong></p>

<p>Quand Bernard Charoux évoque son père, il dit<em> &laquo;Roger&raquo;</em>. Quel père a été Roger Charoux ? <em>&laquo;Il a beaucoup aimé ses enfants&raquo;,</em> dit pudiquement Bernard, le petit dernier. <em>&laquo;Les autres me dominaient un peu. Grâce à la peinture, avec Roger, on parlait le même langage.&raquo;</em> Après le collège, il passe par l&rsquo;agence de publicité<em> Publico</em>.<em> &laquo;Ce n&rsquo;était pas exactement ce que je voulais.&raquo;</em></p>

<p>Bernard Charoux s&rsquo;oriente vers des études supérieures. Il choisit la même filière que son père : l&rsquo;architecture d&rsquo;intérieure. &laquo;<em>Lui avait étudié à la Central School of Arts à Londres.</em>&raquo; Bernard Charoux est admis au <em>Boston House College School of Design</em>, en Afrique du Sud. &laquo;<em>J&rsquo;y ai été design student of the year.&raquo; </em>Il s&rsquo;y plait beaucoup.</p>

<p><em>&laquo;Je voulais rester en Afrique du Sud, mais Roger était arrivé à un stade où il ne pouvait plus travailler à plein temps.</em>&raquo; Bernard Charoux nuance : &laquo;<em>Ce n&rsquo;était pas une relève soudaine. Roger a quand même continué à travailler longtemps après.&raquo; </em></p>

<p>La société <em>Roger Charoux Ltd </em>n&rsquo;existe plus depuis environ deux ans. Au plus fort de ses activités, <em>&laquo;il y avait jusqu&rsquo;à 45 ouvriers qui fabriquaient ce que Roger dessinait&raquo;.</em> Bernard Charoux, lui, travaille en free-lance.&nbsp;</p>

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