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Hippisme: le Champs-de-Mars pas classé patrimoine national malgré 210 ans d’histoire

29 avril 2022, 06:00

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Hippisme: le Champs-de-Mars pas classé patrimoine national malgré 210 ans d’histoire

1812- 2022 : le Champ-de-Mars a 210 ans d’histoire. Paradoxe : le plus vieil hippodrome de l’hémisphère Sud, associé au colonel Draper, ne figure pas sur la liste du patrimoine national. Ce sont seulement un endroit et deux monuments se trouvant au Champ-de-Mars qui sont protégés par la National Heritage Fund Act.

Le plus récent ajout à la liste du patrimoine national a eu lieu le vendredi 10 décembre 2021. Date à laquelle le Conseil des ministres a annoncé que six nouveaux sites sont inscrits sur la liste du patrimoine national. Parmi : le lieu symbolique où s’est tenu le premier lever de drapeau au Champ-de-Mars, le 12 mars 1968. Gare à la confusion. C’est seulement ce lieu situé près de l’entrée du Champ-de-Mars qui est officiellement considéré comme un patrimoine, pas tout le Champ-de-Mars.

Deux monuments se trouvant sur place sont aussi des patrimoines nationaux. D’une part le tombeau Malartic. Hommage à Anne Joseph Hippolyte de Maurès, comte de Malartic, gouverneur français mort en service à Port-Louis le 28 juillet 1800. D’autre part, la statue du roi Edward VII, datant du début du 20e siècle, œuvre du sculpteur Prosper d’Épinay.

Affluence en 1956 pour la visite de la princesse Margaret.

Malgré un hippodrome plus que bicentenaire, pourquoi le Champ-de-Mars n’est-il pas classé patrimoine national ? L’association SOS Patrimoine en péril en fait la demande en 2018, dans le cadre des 50 ans de l’Indépendance. Arrmaan Shamachurn, président de l’association, explique qu’il avait pris contact avec le Mauritius Turf Club (MTC), qui le dirige vers la mairie de Port-Louis, propriétaire du terrain. La demande n’aboutit pas.

Alors que les 30 ans de l’accession au statut de République arrive (célébré le 12 mars dernier), SOS Patrimoine en péril revient à la charge. Demandant à nouveau que le Champ-de-Mars soit décrété patrimoine national. Arrmaan Shamachurn indique qu’au cours d’une réunion avec des responsables du ministère des Arts et du patrimoine culturel en janvier 2022, on lui explique que «c’est déjà fait. J’ai rectifié : ce n’est pas tout le Champ-de-Mars qui est concerné, mais seulement un endroit spécifique du lieu». Le président de SOS Patrimoine en péril ajoute : «on n’a pas besoin d’être un expert en patrimoine pour savoir quelle est la valeur historique du Champs-de-Mars et de la zone tampon qui l’entoure, une zone où il y a aussi des bâtiments historiques».

D’où viennent les réticences ? Arrmaan Shamachurn confie qu’au sein du ministère des Arts et du patrimoine culturel, on lui a expliqué qu’il y a des «subtilités» à prendre en compte. Certains estimant – à tort – que c’est le MTC qui est propriétaire des lieux. «À l’époque, cela a été interprété comme pouvant peut-être freiner le projet de parking au Champ-de-Mars. Il y a cette perception que si un lieu est décrété patrimoine national, il devient difficile d’y faire des développements. Alors qu’un lieu classé a plus de valeur ajoutée.»

Pour le président de SOS Patrimoine en péril, la prise de contrôle claire de la mairie sur le Champ-de-Mars «facilite» la tâche du ministère des Arts et du patrimoine culturel. «Si pendant le confinement, il a pu faire des règlements pour enlever un bâtiment de la liste du patrimoine national (NdlR, Publico House rayé en 2020), qu’est-ce qui l’empêche d’ajouter le Champ de Mars à la liste ?» Il se demande aussi pourquoi au lieu d’inscrire seulement un endroit spécifique du Champ-de-Mars, «pourquoi le dossier d’inscription n’a pas été travaillé plus en profondeur pour faire reconnaître l’ensemble du lieu ?»

Le Tombeau Malartic endommagé pendant le cyclone du 29 avril 1892.

 

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