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Cour d’Investigation du «Wakashio»: l’inspecteur Nundlall de la NCG confronté à des incohérences

12 janvier 2022, 17:00

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Cour d’Investigation du «Wakashio»: l’inspecteur Nundlall de la NCG confronté à des incohérences

Mahendra Nundlall a avoué hier qu’il y a eu des lacunes dans la surveillance du vraquier lors de son approche de Maurice, avant son échouement, pointant du doigt des garde-côtes à «l’Ops Room» et ceux du radar de Pointe-du-Diable. S’il a concédé qu’il y a eu une défaillance humaine, il n’a voulu blâmer personne.

Si à Pointe-d’Esny le démantèlement de la poupe du MV Wakashio s’est achevé (voir encadré), la cour d’investigation mise en place pour faire la lumière sur les circonstances de ce naufrage a repris hier. Pour cette séance, l’ancien juge Abdurafeek Hamuth et ses deux assesseurs, Jean Mario Geneviève, Marine Engineer, et Johnny Lam Kai Leung, Marine Surveyor, ont écouté le témoignage du dernier policier de la National Coast Guard (NCG), convoqué par le panel. Appelé à déposer à plusieurs reprises l’année dernière, l’inspecteur Mahendra Nundlall ne pouvait le faire à cause d’ennuis de santé.

Celui qui était Officer in Charge à l’Ops Room de la NCG le 25 juillet 2020 a été confronté aux incohérences de ses officiers. Pour rappel, dans la soirée, le vraquier japonais s’est drossé sur les récifs de Pointe-d’Esny, provoquant le 6 août la pire catastrophe écologique de Maurice, en déversant environ 1 000 tonnes métriques de fioul dans le lagon. Interrogé par l’Assistant Sollicitor General, Me Rajkumar Baungally, le témoin a dit qu’à 19 heures, il se trouvait dans l’Ops Room, à préparer des rapports du jour qu’il devait communiquer ensuite au commandant Manu (NdlR, ce dernier n’est plus responsable de la NCG). Pendant ce temps, le Police Constable (PC) Ujoodha se trouvait devant l’écran du C-Vision alors que le caporal Abacousna s’occupait de la paperasse. «Je m’appuie sur l’expérience des officiers dans l’Ops Room pour interpréter et communiquer les données car je ne suis pas familier avec les équipements. Ils ont besoin de personnel spécialisé. Je n’ai pas suivi de formation approfondie.»

Selon lui, c’est à 19 h 10 que le PC Ujoodha l’a informé que le vraquier se trouvait à environ 6 milles nautiques au large de Mahébourg et qu’il s’approchait de la côte. «Il m’a également informé qu’il avait appelé le CSRS (NdlR, Coastal Surveillance Radar System) de Pointe-du-Diable pour que les officiers puissent demander au navire de changer sa trajectoire et de naviguer loin de la côte.»

Il explique que 6 milles nautiques est une distance sûre car il avait déjà vu plusieurs navires naviguer à 3 ou 5 milles nautiques. «Ce n’était pas un sujet de préoccupation à ce moment-là. Je n’étais pas inquiet. (…) Durant ma carrière, j’ai vu beaucoup de navires approcher des côtes pour ensuite changer de trajectoire. (…) À 6 milles nautiques, je pensais que le navire changerait de trajectoire.»

À une autre question de Me Baungally, il avouera qu’il y a eu des lacunes lors de la surveillance du vraquier, pointant du doigt les officiers chargés de scruter le C-Vision à l’Ops Room et ceux du CSRS de Pointe-du-Diable. Pressé de questions par l’ancien juge Abdurafeek Hamuth pour révéler l’identité de ceux «kinn foté», l’inspecteur Nundlall a répondu : «I won’t blame a particular person.» Il concédera toutefois qu’il y a eu une défaillance humaine dans le suivi du navire.

«PC Ujoodha vous a-t-il informé qu’il a repéré le Wakashio pour la première fois à 18 h 10 ?», lui demande alors Jean Mario Geneviève. L’inspecteur Nundlall répond par la négative. Pendant de longues minutes, l’assesseur l’a confronté aux dépositions du PC Ujoodha et du Radar Operator, le PC Sujeebun, posté au CSRS de Pointe-du-Diable sur des échanges par VHF à 19 h 10. «N’avez-vous pas entendu cette conversation ?», lui demande l’assesseur. «I didn’t pick up this conversation», dit le témoin. «Parce qu’il n’y a jamais eu cette conversation. Nous avons un relevé de tous les appels téléphoniques. Il n’y a pas eu d’appel à 19 h 10. Ujoodha et Sujeebun ne nous ont pas dit la vérité», lance l’assesseur Geneviève. Il ajoute : «Nous pouvons donc déduire que personne n’a vu le navire à 19 h 10 car il n’y avait aucune conversation téléphonique.» «Je suis surpris», s’est étonné l’inspecteur Nundlall.

Se référant à la chronologie, il révèle que c’est entre 20 heures20 h 25 qu’il a appris pour la première fois l’échouement du navire. «Avant cela, personne ne m’a informé.»

Une prochaine audition est prévue le 27 janvier avec les dépositions de SMIT Salvage ainsi que de l’architecte naval.

 

Fin du démantèlement : 4 726 tonnes d’acier récupérées

<p>Il a fallu 68 jours, entrecoupés de nombreux arrêts pour cause de mauvais temps, pour que le démantèlement de la poupe du <em>&laquo;MV Wakashio&raquo;</em>, qui a débuté le 9 février dernier, prenne fin. 4 726 tonnes d&rsquo;acier ont été découpées et récupérées de l&rsquo;épave par le <em>&laquo;Hong Bang 6&raquo;</em>, dépêché sur place par <em>Lianyungang Dali Underwater Engineering Co.Ltd. Hong Kong Lidada Ocean Engineering Co.Ltd </em>est venu prêter main-forte aux <em>&laquo;salvors&raquo; </em>chinois. L&rsquo;acier sera transporté à Port-Louis sur des barges pour la décontamination avant d&rsquo;être convoyé à la fonderie de Samlo, à Midlands. Par la suite, des experts étrangers feront des inspections pour voir l&rsquo;étendue des dégâts causés à l&rsquo;environnement marin et terrestre.</p>

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