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Aslaka Callikan-Proag: Namasté et adieu

30 mai 2020, 10:08

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Aslaka Callikan-Proag: Namasté et adieu

Toute la ferveur de la lectrice. Toute la passion d’une spécialiste de la littérature. Toute la précision de l’œil académique, qui une fois qu’il s’est emparé d’un sujet, ne le lâche pas. C’est à ce point-là qu’Aslaka Callikan-Proag  a étudié l’œuvre de Marcel Cabon.

Que dire étudier ? Aslaka Callikan-Proag n’a eu de cesse de la partager, de la mettre en contexte, d’en promouvoir ses multiples facettes, dans un pays où trop souvent, les auteurs mauriciens sombrent dans l’oubli. Des auteurs mauriciens, qui de leur vivant sont trop peu lus. Trop peu ou trop mal enseignés. Imaginez maintenant, le sort des auteurs morts. S’il est un reproche qu’il est impossible de formuler à l’encontre d’Aslaka Callikan-Proag c’est bien celui d’avoir laissé mourir l’œuvre de Marcel Cabon..

Aslaka Callikan-Proag nous a dit son dernier Namasté, le mardi 26 mai dernier. Elle avait 65 ans. Elle a mené une carrière académique au Mahatma Gandhi Institute. Elle laisse de nombreux écrits qui analysent l’œuvre de son auteur fétiche : Contes, nouvelles et chroniques de Marcel Cabon, Cahier deuxième, L’enfant bihari, entre autres. Dans un témoignage écrit, d’anciens collègues se souviennent d’elle comme d’une personne qui disait toujours ce qu’elle pensait. Une personne qui savait aussi mettre des mots sur toutes les subtilités de l’émotion. Sa pierre à l’édifice d’une meilleure connaissance de l’œuvre de Marcel Cabon, Aslaka Callikan-Proag n’a eu de cesse de la porter, malgré toutes les critiques. Tant pis, si on dit qu’elle s’était en quelque sorte «accaparée» Cabon. Si les piques qui lui étaient destinées l’ont blessée, la critique, la passionnée de littérature, la femme, n’a rien laissé paraître. Traçant sa route entre Kelibé Keliba, Mallika et le mendiant et Brunepaille. Jusqu’à ce que l’on finisse par reconnaître la valeur de ses travaux. Et que les écrits de cette critique littéraire deviennent une référence en la matière. À la famille endeuillée, nous présentons nos sincères condoléances.

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