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Bonne Année 2019
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Bonne Année 2019
2018 tire à sa fin. Enter 2019. L’occasion pour certains de faire un bilan des événements passés et de se projeter dans l’avenir. Pour ne pas déroger à la règle, 2019 sera on ne peut plus politique. Dès janvier, le ton sera donné avec l’appel du Directeur des poursuites publiques, devant le Conseil privé de la reine, contre le verdict de la Cour suprême dans l’affaire MedPoint.
Pravind Jugnauth joue là son avenir politique: si les Law Lords britanniques maintiennent le verdict de la haute cour mauricienne, les «spin doctors» oranges s’activeront devant leurs fourneaux pour nous présenter le Premier ministre sous son meilleur jour. En espérant que le peuple devienne amnésique et idiot lors des prochaines élections, tout en restant admirable. Mais s’il est condamné… Il pourra alors dire adieu à Metro Express, Metro Express et, euh, Metro Express. Et au bâtiment du Trésor, accessoirement.
2019 sera une année électorale. Malgré la fanfaronnade du leader du MSM, disant qu’il peut légalement gouverner jusqu’à mai 2020, il ne le fera pas. Pour la simple et bonne raison que, s’il ne demande pas au président de la République de le dissoudre de manière anticipée, le Parlement sera dissous automatiquement le 21 décembre 2019, cinq ans après sa première session, le 22 décembre 2014.
Le matin du 22 décembre 2019, il n’y aura plus de députés, ni de PPS en fonction. Ne resteront que des ministres et le PM, membres d’un «caretaker government», lequel ne pourra prendre aucune décision politique ni se lancer dans des projets impliquant des fonds publics, jusqu’à la tenue des élections générales. Ce gouvernement-là devrait se contenter d’expédier les affaires courantes. Plus d’opérations «koup riban», plus d’inauguration du moindre jardin d’enfants ou de terrain de pétanque, à gauche, droite et travers.
Plus de JT de 19h30 de la MBC transformé en caisse de résonance du pouvoir… Euh, non, n’allons pas trop vite en besogne. Nous aurons toujours droit au trombinoscope quotidien de nos chers et valeureux ministres de la République, tout heureux de montrer leurs tronches (à défaut d’autres parties moins nobles de leur anatomie, n’est-ce pas cher déshonorable membre ?) à la télé nationale. Se rendent-ils compte que cela les dessert plus qu’il ne les sert ? Car, tenir pendant cinq mois avec un gouvernement qui est pieds et poings liés ne sera pas chose aisée. Ce sera du pain béni pour l’opposition.
L’opposition, parlons-en. Si le MMM dit qu’il peut se présenter seul aux élections, personne n’y croît vraiment. Les Mauves négocieront quelque chose d’ici quelques mois et le p’tit frère redeviendra présentable. Ses bêtises seront effacées et ses mauvaises performances oubliées. Et dans un grand élan patriotique, le Rubicon sera franchi, dans l’intérêt supérieur du pays, cela va sans dire. Mais cela risque fort d’être la bataille de trop pour un MMM en perte de vitesse.
Les Rouges du PTr passeront probablement à une étape supérieure mais Navin Ramgoolam va devoir composer avec une vieille garde qui est toujours là et de jeunes loups qui veulent en découdre et incarner la rupture prônée par le leader du PTr. Ramgoolam doit aussi naviguer entre les écueils que sont les deux procès qu’il traîne dans son sillage. Les autres partis joueront plus un rôle de joker, sans que leur aide aux principales formations ne soit une absolue nécessité. Quant à l’émergence de nouveaux partis politiques, c’est une utopie – nous devrons composer avec les partis traditionnels car rien ne changera à une année des élections.
2018, c’est donc fini. Nous aurons tous nos propres défis, nos projets, nos rêves ou nos objectifs à réaliser ou à atteindre en 2019. Que cette nouvelle année nous soit bénéfique à plus d’un titre. La politique n’est pas tout. Des fois elle est même insignifiante devant des questions de vie ou de mort, des maladies incurables, des situations de pauvreté ou de drogue. Ou devant des enfants qui vivent dans la rue ou qui sombrent dans tous les fléaux possibles ou imaginables.
Mais la politique, si bien menée, peut être la solution à bien de maux de la société. Rien ne peut nous faire oublier les scandales qui ont émaillé 2018. Un arbre (Pravind Jugnauth, par exemple) ne cache pas la forêt (tous ces députés et ministres qui ont été éclaboussés par des affaires). Les élections seront-elles celles de la continuité ou celles de la rupture ? Nous avons un an pour y voir plus clair. Bonne année à tous.
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