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La bataille de Quatre-Bornes

17 décembre 2017, 11:14

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Alea jacta est. Le sort en est jeté. Cette locution latine, que le général romain Jules César aurait prononcée plus de 2 000 ans de cela, devant le fleuve Rubicon, avant de marcher avec ses troupes sur la ville aux sept collines (dans sa démarche de renverser le consul Pompée), est appropriée pour décrire la journée particulière que vivent les électeurs de Belle-Rose–Quatre-Bornes en ce dimanche 17 décembre. Jour de vote.

Les dés sont, en effet, jetés. Les jeux sont faits. Rien ne va plus. Le pronostic électoral est engagé. Qui vont succomber, parmi les 40 candidats en lice pour l’élection partielle ? Qui va réussir à survivre à la fin de cette journée ? La réponse sera connue, lundi, jour du décompte des voix.

Parmi les 40, on sait qu’il y a quelques-uns, une poignée, qui se sont détachés du lot. De par le poids électoral de leur parti ou grâce à la fraîcheur de leur candidature. Les enjeux sont multiples à l’occasion de cette élection tenue pour trouver un remplaçant au député démissionnaire Roshi Bhadain. Lui croit dur comme fer qu’il se succédera à lui-même.

Cependant, les 17 257 électeurs de l’alliance MSM-PMSD-ML qui avaient voté pour Bhadain, en décembre 2014, vont-ils se décider à lui refaire confiance ? La donne a beaucoup changé entre-temps. Les électeurs du PMSD ne voteront pas pour lui. Idem pour ceux qui sont affiliés au MSMML (sauf entente sous-marine). Son Reform Party a-t-il pu avoir le temps de ramener des électeurs vers le jaune de son panache, depuis sa toute récente création ? On le saura lundi.

Les trois candidats qui jouent vraiment gros ce dimanche sont sans conteste ceux du MMM, du PTr et du PMSD. Chacun pour des raisons propres à leur parti ou à eux-mêmes. La mauve Juddoo, le rouge Boolell et le bleu Maraye sont des soldats, importants certes, mais néanmoins savamment utilisés par le leader de leur parti respectif à des fins de stratégie politique.

Xavier-Luc Duval, leader du PMSD, avait reçu 20 278 votes fin 2014, au no18. Comme pour Bhadain, son candidat va devoir composer avec la perte de ceux qui supportent toujours le MSM-ML, ceux qui sont retournés au PTr, ceux qui avaient donné un vote de sympathie à Duval parce qu’ils l’aimaient bien ou ceux qui ont abandonné la basse-cour bleue.

Dhanesh Maraye n’est pas Duval. Il le sait et c’est pour cela qu’il a voulu créer son propre style le long de la campagne. Serait-ce suffisant pour le faire élire ? Malgré l’affirmation qu’ils iront seuls aux prochaines élections générales, un bon résultat des bleus influera sur les négociations d’alliance. Et le nombre de tickets marchandés.

Nita Juddoo affirme avoir fait une bonne campagne. Certes, en 2014, Kavy Ramano, alors au MMM, avait, avec le soutien du PTr, remporté 15 457 votes, pour se faire élire en troisième position. Depuis, Ramano a quitté le MMM. Ces partisans ne voteront pas forcément pour Nita Juddoo. Kavy Ramano, tout indépendant qu’il est actuellement, devra prendre position dans pas longtemps, s’il veut continuer sa carrière politique. Il ne faut pas que le MMM sous-estime sa force électorale.

Il leur faut aussi tenir en considération le phénomène Tania Diolle, du MP, parti de l’ancien mauve Alan Ganoo. Diolle estelle le cheval de Troie de Ganoo, utilisée pour miner le MMM de l’intérieur ? Elle a beaucoup occupé le champ médiatique, surtout sur les réseaux sociaux, pendant cette campagne. Alors, fera-t-elle un croc-en-jambe à Juddoo ?

Quid d’Arvin Boolell ? En 2014, avec le soutien du MMM, le travailliste Assirvaden obtenait 10 848 voix, sortant en 6e position au no18. Depuis, le MMM et le PTr ne sont plus en alliance et Navin Ramgoolam, leader des rouges, a connu bien de déboires politico-judiciaires. Trois ans après, les observateurs politiques s’accordent à dire qu’il y a un retour du PTr à l’avant-plan. Sur 11 charges portées contre Ramgoolam, neuf sont tombées et les deux autres sont toujours devant la justice. Est-ce suffisant pour que le peuple lui pardonne ?

Le choix de Boolell comme candidat, selon les rouges, est le choix du meilleur candidat qu’ils pouvaient mettre pour remporter la victoire. Les travaillistes comptent sur un retour de leur électorat, le même qui l’avait déserté en 2014, en tablant sur l’impopularité du gouvernement MSM-ML. N’oublions pas que les résultats ont souvent démontré que l’électorat du PTr et celui du MSM sont comme des vases communicants : les malheurs de l’un font le bonheur de l’autre.

Alors, Boolell pourra-t-il bénéficier de ce retour de l’électorat rouge ? Lui semble y croire en tout cas. Mais pas que lui ! Quand bien même ses principaux adversaires disent que leur cauchemar serait une victoire de Boolell le 18 décembre, quand des ministres du gouvernement ne ratent pas une occasion de parler de Navin Ramgoolam et du PTr, trois ans après la défaite des travaillistes, on est en droit de se demander si les adversaires politiques de Boolell n’ont pas déjà intériorisé sa victoire ? La réponse lundi. Allez voter.

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