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Le droit à l’information n’est pas respecté
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Le droit à l’information n’est pas respecté
Grippe H1N1, Agaléga et dette publique ont retenu l’attention durant la semaine écoulée. Des citoyens se posent des questions sur ces sujets. Ils demandent des informations afin de mieux cerner les enjeux. Cependant, la communication gouvernementale est restée très défaillante. Cette faiblesse laisse sans réponse des interrogations citoyennes légitimes. Elle permet aux spéculations, approximations, rumeurs et autres suppositions erronées d’avoir libre cours.
La panique qui s’est saisie de nombreux Mauriciens sur une supposée épidémie de grippe trouve sa source dans la mauvaise communication du ministère de la Santé. Les autorités prétendent tranquilliser la population en lui affirmant que la grippe H1N1 est une infection virale comme les autres. Toutefois, en même temps, le canal officiel fait chaque jour le décompte des décès qui sont censés être conséquents au même virus. Ce qui laisse les Mauriciens dans la confusion. L’internaute Big Lol se demande «ki bann mézir kinn met an plas par minister la Santé pou konténir épidemi-la ? » alors que Pat s’inquiète : «H1N1 éna vaksin ki finn dévlopé. Eski lopital inn komandé ? Eski éna stok ?»
L’opinion note la même contradiction dans la communication gouvernementale relative à la question d’une éventuelle présence militaire indienne à Agaléga. À son point de presse, le Premier ministre, interrogé sur le sujet, a été très évasif. Le public est resté sur sa faim, il ne sait pas si demain, il lui sera interdit de se rendre à Agaléga. «Eski Morisien gagn drwa al Agaléga kouma nou kapav al Rodrigues ?» s’interroge Yann le vrai.
Même souci en ce qui concerne la dette publique. Pravind Jugnauth, aussi ministre des Finances, annonce ce qu’il estime être une bonne nouvelle : l’obtention de lignes de crédit pour des projets de développement. Il se flatte d’avoirpu obtenir ces emprunts à des conditions très favorables. Il affirme que les taux d’intérêt sont les plus bas jamais demandés. Affirmation démentie par l’opposition, preuves à l’appui. Mais, le Premier ministre n’éclaire pas l’opinion quant au niveau de la dette publique et le bien-fondé de l’endettement.
Cette absence d’efficacité dans la manière de communiquer des ministères aura des effets négatifs sur la perception de l’action gouvernementale et offre un terrain fertile à la propagation de nouvelles infondées. Depuis longtemps, les Government Information Services ne répondent plus auxattentes de la population. Et manifestement, le gouvernement ne souhaite pas introduire le «Freedom of information Act». À ce sujet, l’internaute Ramesh Baijnath commente : «What I know is that we living in Mauritius need to sort out things by ourselves or die without water.»
Mais, les Mauriciens peuvent en toute légitimité demander à l’État de revoir sa manière de communiquer. Parce que dans une démocratie, l’information est un droit.
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