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Facettes cachées de Gino Alfred : Papa poule

4 juin 2017, 15:50

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 Facettes cachées de Gino Alfred : Papa poule

Bien qu’il ait déjà occupé la présidence de l’Agaléga Island Council, c’est la première fois que Gino Alfred, 45 ans, descendant d’Agaléens, a été élu à ce poste, à la suite d’élections demandées par Mahen Jugroo, ministre des Administrations régionales et des îles éparses. Ce veuf, père de quatre enfants, les adore. Et même si la benjamine vit loin de ses yeux, elle est très près de son cœur.

Nourrissez-vous toujours des craintes qu’Agaléga subisse ‘l’occupation’ indienne ?

Je ne pense pas qu’Agaléga ait été ‘vendue’ à l’Inde et sera occupée par elle. Je dois dire que j’ai été rassuré par les propos récents du Premier ministre qui a fait état de la seule utilisation du port et de l’aéroport par les Indiens une fois les infrastructures aménagées et installées. Je le crois jusqu’à preuve du contraire. L’ancien ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, a parlé d’une demande de l’Inde pour exploiter les eaux d’Agaléga et Paul Bérenger, leader du Mouvement militant mauricien, a dit qu’il n’y a rien d’alarmant. Ne soyons pas plus royalistes que le roi et attendons voir. Nous ne sommes pas opposés au développement d’Agaléga mais pour nous, que tout développement doit respecter le cachet d’Agaléga et inclure avant tout les Agaléens.

Parlez-nous de votre famille. J’ai quatre enfants, trois de ma première femme qui est décédée.

Ils sont Jéricha, 22 ans, Jazzonn, 14 ans, Jayzz, 13 ans. La petite dernière, Solena, sept ans, vit avec sa mère à Rodrigues où j’ai vécu plusieurs années avant de regagner Maurice.

Que faites-vous durant votre temps libre ?

 Je suis chef de cuisine dans un grand restaurant au nord de l’île. Je travaille tous les jours, week-ends compris, de 9 h 30 à 14 h 30 et de 17 h 30 à 23 heures et parfois jusqu’à plus tard. J’ai un jour de congé par semaine et un dimanche off sur quatre. Donc, en semaine, je fais le maximum pour être à la maison. Je me réveille à 5 heures du matin pour préparer le goûter et les affaires des enfants qui vont travailler et à l’école. J’aurai pu rester dans le Nord pour me reposer mais à 14 h 30, lorsque je termine le service du déjeuner, je prends l’autobus et je regagne Baie-du-Tombeau pour prendre soin des plus jeunes qui rentrent de l’école. Je n’ai plus ni père, ni mère et je préfère être là pour eux. J’étais engagé socialement autrefois en tant qu’animateur du programme d’échanges de seringues à Roche Bois, membre de plusieurs mouvements socioculturels, enfant de chœur à l’église de Notre-Dame-de -l’Assomption, conseiller de village mais je n’ai plus le temps pour tout cela.

Cuisinez-vous?

Tous les jours, des plats typiquement kréol à la maison, souvent des pâtes car les enfants aiment ça mais aussi des plats typiquement agaléens comme le céraz – de la viande ou du poisson, longuement mitonné dans du lait de coco.

Un péché mignon ?

 Le poisson, comme par exemple, une vieille rouge, un croissant ou un bourgeois d’Agaléga.

Pratiquez-vous du sport ?

 Je n’ai pas le temps de pratiquer la natation comme je le faisais autrefois.

Quels livres lisez-vous actuellement ?

J’ai seulement le temps de lire des journaux et des magazines.

Quel type de musique écoutez-vous ?

Les Oldies mais j’aime bien le séga. Je suis chanteur de séga et mon nom de scène est Zynno et mon groupe est Zynno ek bann zenfan Galéga. Nous les Agaléens, on dit Agaléga lorsque l’on parle des deux îles avec les trois villages constituant l’archipel. Quand on dit ‘Galéga’, on fait référence à l’île du Sud. J’ai même participé à des éditions passées du Festival Kréol et à une soirée typique au Morne.

Votre idée du bonheur ?

 Voir mes enfants, qui ont perdu leur maman et leurs grands-parents, progresser dans la vie et devenir des citoyens responsables. Mon bonheur à moi ne compte pas, j’ai presque atteint ma date de péremption.

Qu’auriez-vous souhaité réaliser avant de quitter ce monde?

 J’aurais voulu voir Agaléga intégrée à la République de Maurice. Ce n’est pas que la faute de l’État mais du secteur privé et de tout le monde. On réalise des projets pour Maurice et Rodrigues et Agaléga reste l’oubliée. Elle devrait pourtant avoir le même traitement que les autres îles de la République. Serge Clair a déjà évoqué la nécessité d’une fédération des îles de la République de Maurice. C’est ce qu’il faudrait.

 

 

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