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Comme une odeur de…

26 février 2017, 09:32

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Si j’avais un conseil, un seul, à donner à Pravind Jugnauth, c’est de se tenir le plus loin possible des personnes qui se disent dépositaires du vote d’une grande partie de la population. Ce conseil, gratuit, vaut aussi, à un degré moindre, pour Navin Ramgoolam, Paul Bérenger ou Xavier-Luc Duval. Je dis à un degré moindre car ces leaders de partis politiques ont tous, à un moment ou une autre, payé le prix fort pour s’être trop frottés à ces pseudo-détenteurs du vote de l’électorat. On espère que ces politiques auront retenu la leçon. Quant aux Roshi Badhain, Ashok Subron, ou tout autre leader de parti en devenir, le conseil à Pravind vaut aussi pour eux.

Donc, cette semaine, dans un lieu qui revêt un caractère très sacré pour beaucoup de nos compatriotes, ont retenti des paroles d’un autre âge. Alors que nous peinons encore à nous dire Mauriciens, que nous sommes encore à bâtir la nation mauricienne, à consolider les acquis durement obtenus depuis l’Indépendance, il y a toujours des habitants de ce pays (oui, je me retiens sciemment de les qualifier de Mauriciens) qui osent utiliser un langage sectaire et divisionnaire à des buts avoués. Avoués. Car ils ne se cachent pas pour clamer haut et fort le raisonnement derrière leurs affirmations. Je vais faire simple : ils professent de vouloir «protéger leur montagne» pour paraphraser un de nos anciens politiciens. Et donc, en «bons» protecteurs de montagnes, ils cherchent à s’attirer les bonnes faveurs du Premier ministre.

 

Ces gens ne représentent qu’eux-mêmes ou, au mieux, leurs sociétés. Ils utilisent donc ces dernières comme paravent pour des actions intéressées. Cela a été ainsi depuis des années à Maurice. Des techniques grandement utilisées par des communautaristes de toutes sortes, ardents défenseurs du repli identitaire et du nombrilisme aigu. Ce faisant, en prônant de telles actions et en disant de tels propos, ces gens se rendent-ils seulement compte qu’ils blessent d’autres personnes? Comment, pour revenir aux mots (maux?) prononcés par ce dirigeant d’une association socioculturelle, oser dire que telle ou telle partie de Maurice a le pouvoir de décider du sort des élections, par exemple ?

 

C’est très facile de se dire qu’on a qu’à envoyer paître ces gens-là et leurs propos. Trop facile même. Mais est-ce le devoir du citoyen responsable de fuir devant des moulins à vent ? Il nous faut dénoncer haut et fort ce genre de discours. Pour que cela ne se reproduise plus. Je n’ai jamais mandaté qui que ce soit pour voter à ma place. Mon vote m’appartient. Je n’en ai qu’un. Tout comme le reste des électeurs n’en ont qu’un, de vote. Et je vote dans une circonscription dite rurale. Au profil bien métissé, comme Maurice est en train de le devenir, petit à petit. C'est l’ensemble des vingt circonscriptions de notre île qui décide du sort des élections. Pas 30 sièges ruraux sur soixante. Je dénonce de vive voix ces gens qui, aujourd’hui encore, comme hier, continuent à croire que les Mauriciens doivent vivre dans des compartiments hermétiques, sans se toucher. Sans se mélanger. Et qui prennent les Mauriciens pour des imbéciles tout juste bons à suivre une consigne de vote. Aveuglément.

Il faut donc que cela cesse. Que les hommes et femmes politiques cessent de donner de l’importance à ces gens. Évitez-les comme la peste. Rien de bon, ni de beau, ne sortira d’eux. Ces mêmes types qui vous glorifient aujourd’hui ont, hier, chanté les louanges de vos adversaires. Et ces gens se sont honteusement servis de ces dirigeants politiques d’hier pour se maintenir à flot. Et aujourd’hui, ils ont renié ce qu’ils avaient adoré hier. On sait qu’ils n’hésiteront pas une seule seconde à vous brûler dès que le vent tournera. En créole mauricien, nous avons un beau dicton qui parle de chiens et de «carapates», pour décrire ce type de comportement. Le Premier ministre n’est pas né de la dernière pluie. Il roule sa bosse sur le plan politique depuis plus d’un quart de siècle. Longtemps resté à l’ombre du père, il a maintenant l’occasion de se forger un prénom. Et de faire ses preuves à la tête du gouvernement. Le moment venu, l’électorat le jugera sur l’ensemble de son œuvre. Les électeurs iront aux urnes en ayant son bilan comme Premier ministre en tête. Et ils choisiront de le reconduire au pouvoir ou, le cas échéant, de le renvoyer dans l’opposition. Sans avoir à attendre une quelconque consigne de vote. Entre-temps, gardez-vous, Monsieur le Premier ministre, de vos «amis»! Ils ne veulent pas tous vous tirer vers le haut…

 

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