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Quatre-Bornes: la foire sème le bazar

16 janvier 2017, 05:27

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Quatre-Bornes: la foire sème le bazar

À un jour de la rénovation, les marchands de la foire sont contrariés. S’ils sont pour le renouveau, ils déplorent toutefois les mesures inadéquates prises par la mairie pour leur relocalisation.

«Il n’est pas question de reculer.» Grogne ou pas, les autorités comptent aller de l’avant avec le projet de rénovation de la foire de Quatre-Bornes. «Lundi matin, les contracteurs seront là pour tout démolir et le chantier démarrera. Si les marchands laissent leurs affaires sur place, nous allons tout enlever et commencer les travaux», martèle Atmaram Sonoo, maire de la Ville des Fleurs. Selon lui, les marchands avaient jusqu’à hier soir pour enlever toutes leurs affaires et laisser le champ libre au contracteur. «Les travaux dureront au maximum six mois. Nous n’avons pas reçu de ‘stop order’. Il n’y a donc aucune raison de retarder le chantier.»

Si la mairie campe sur ses positions, il en va de même pour les marchands. Ils sont catégoriques : la rénovation de la foire de Quatre-Bornes est un bon projet mais les conditions de la relocalisation sont «inacceptables». En effet, la mairie a pris la décision d’installer temporairement les marchands sur un parking, derrière l’actuelle foire.

Une visite s’impose pour faire état de cette fronde. Derrière ses sacs et ses colliers multicolores, Narain Ramiah se laisse aller à quelques confidences. «C’est un bon projet. On parle de rénovation depuis des années mais nous ne sommes pas d’accord avec les conditions de notre relocalisation. Ils nous ont mis sur un parking. S’il pleut, tout sera emporté par les eaux.»

S’il se dit pour ce projet, il ne cache pas son inquiétude pour son commerce. «Les gens ne marcheront pas sous ce soleil, fait-il ressortir. Ça n’aidera pas nos affaires.»

Un peu plus loin, derrière son étal et avec sa casquette sur la tête, Geeta Giptar abonde dans le même sens. «Nous sommes contents du projet de rénovation, mais l’emplacement n’est pas couvert ; il n’y a pas d’eau ni de toilettes. Comment pourrons-nous travailler sous le soleil ?»

La mairie devra s’expliquer en cour mardi suivant l’affidavit que les marchands lui ont fait servir.

Un autre commerçant soutient, lui, que l’étroitesse de l’emplacement temporaire représente une autre difficulté. En effet, il est difficile pour les clients d’y circuler. Il est d’avis qu’«il fallait faire la rénovation en deux phases : démolir une première partie pour reloger une partie des marchands et ensuite s’attaquer à la seconde phase».

Vikash Mahady, le président de l’association regroupant les marchands, hausse également le ton. Selon lui, la mairie doit, en premier lieu, aller s’expliquer en cour demain suivant une convocation, l’association ayant déposé une injonction. Ce que réfute le maire. «La cour a appelé la mairie. Nous nous y rendrons mais en attendant, le chantier va démarrer. L’emplacement actuel est dangereux, s’il y a un incendie, il peut y avoir des morts et je ne veux pas être responsable de cela», dit Atmaram Sonoo.

Le président de l’association trouve injuste la décision de transférer les marchands sur ce parking. «Nous payons Rs 3 000 chaque trois mois pour notre emplacement actuel et nous payons également la Mauritius Revenue Authority. Nos papiers sont en règle. Ils nous demandent de bouger à cet emplacement en payant le même tarif», s’insurge-t-il.

Il insiste d’ailleurs que cet emplacement n’est pas convenable pour accueillir les quelque 560 marchands de la foire par jour. «Au total, nous sommes à plus de 1 500 marchands, avec trois groupes de marchands chaque deux jours.»

Vikash Mahady précise que les marchands ne font pas de politique dans cette affaire. «Avec ce nombre, il y a beaucoup de vans et de voitures pour apporter et reprendre la marchandise. Où mettrons-nous nos véhicules?» demande-t-il.

Sur le parking qui servira à leur relocalisation, la démarcation des espaces a déjà été faite. «Nous payons tous le même tarif, mais il y a des emplacements plus grand que d’autres», fait valoir Reddy Ashanah. Sa crainte : que cet emplacement exigu encourage les pickpockets à passer à l’action.
 
Une chose est sûre, ce bras de fer entre les autorités et les marchands ne semble pas près d’être résolu.

 

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