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Quelle éducation ?
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Quelle éducation ?
Demain c’est la rentrée des classes pour petits et grands. Du moins, pour les tout-petits de Grade 1, qui feront leurs premiers pas au primaire, et les jeunes ados en devenir, qui, eux, feront leur entrée au secondaire, en Grade 7. Et mardi, ce sont tous les autres, écoliers comme collégiens, qui vont devoir remettre la machine à apprendre en marche. Tant bien que mal. N’oublions pas aussi les enseignants, qui ont la lourde tâche de former nos enfants. Et de les mettre dans le bon sens de la marche. Sans occulter aussi le rôle des parents, éléments importants de ce triangle du savoir. Alors, que nous réserve cette nouvelle année scolaire ?
Déjà, 2017 sera placée sous l’ombrelle du Nine-Year Schooling. Et de l’examen qui vient remplacer le CPE, le Primary School Achievement Certificate (PSAC). Comment les enfants qui sont en Grade 6 cette année aborderont-ils cette nouvelle épreuve, et dans quelles conditions psychologiques le feront-ils, sont, entre autres, des questions auxquelles nous aurons les réponses fin 2017. Les enseignants du primaire ont, depuis l’année dernière, suivi des cours de formation pour s’imprégner du nouveau cursus. Ils se dépasseront, comme ils l’ont toujours fait, pour que leurs élèves aient les meilleures chances de réussite. Et même si les collèges privés, et surtout confessionnels, ont jusqu’ici affirmé leur refus d’intégrer le concept d’académie après le Grade 9 (académies qui entreront en activité à partir de janvier 2021, pour le Grade 10, l’équivalent de l’actuelle «Form IV»), espérons que TOUS les parents concernés sont au courant du mode d’admission dans les collèges du diocèse catholique et du privé, comme pour les collèges d’état régionaux, en janvier 2018, pour le Grade 7.
Les critères pour l’admission dans un collège du gouvernement, comme pour un collège confessionnel ou privé, sur le plan régional, sont les mêmes : c’est-à-dire les résultats obtenus au PSAC, le choix du collège par les parents et la proximité de la résidence de l’enfant avec le collège désiré. Le risque est que la compétition, que le gouvernement voulait éliminer avec la disparition du CPE, demeure, cette fois-ci avec une lutte pour avoir le «meilleur» collège régional, qu’il soit du gouvernement ou du privé, au lieu du meilleur collège national, comme sous le CPE. Et le «mal nécessaire» que sont les leçons particulières va demeurer. Au lieu de disparaître. Cela s’en ira crescendo, avec l’examen du National Certificate of Education en fin du Grade 9, où, cette fois, c’est une place dans une des académies du gouvernement (les actuels collèges nationaux) qui sera dans le viseur des collégiens.
On ne peut nier le fait que notre système éducatif est, à présent, plutôt un système d’examens qu’un système d’apprentissage cognitif et ludique, pour ne citer que ces deux composantes du bon développement de l’enfant. Nos enfants vont à l’école pour passer des examens. Point barre. Alors, si le gouvernement veut, avec le Nine-Year Schooling, changer cette donne, ce serait merveilleux. Accordons-lui le bénéfice du doute, pour le moment, et espérons que ce système connaisse une mise en place fluide au fil des prochaines années. Car les petits Mauriciens ont trop souvent servi de cobayes pour ministres de l’Éducation en quête d’une trace indélébile à laisser dans l’histoire. Avec pour résultat des générations qui sont amenées à changer de systèmes éducatifs au cours de leurs parcours académiques, au gré des gouvernements qui changent. Un peu de continuité serait donc la bienvenue.
Cela dit, nul ne peut éliminer l’élite. L’élite académique a, de tous temps, existé. Et elle existera, même sous le nouveau système éducatif. Ce ne sont pas les collèges nationaux qui font les élites mais plutôt le contraire. Par contre, et c’est là où le bât blesse, les autres enfants ne doivent pas être traités différemment, avec des a priori et des préjugés. Il faudrait de ce fait que l’enfant qui a une vitesse d’apprentissage différente du premier de la classe ait lui aussi sa place dans le système. L’approche pédagogique gagnera sûrement à être repensée, avec une revalorisation du métier d’enseignant par exemple. Un enseignant content est un éducateur qui se surpassera pour ses élèves. Et qui tirera le meilleur d’eux.
Alors, souhaitons une bonne rentrée à tous ces acteurs du monde éducatif. Et gardons en tête que la finalité de l’éducation n’est pas de se limiter à collectionner les diplômes mais de s’en servir pour devenir un être humain bon, responsable, stable, qui sait réfléchir et penser, et qui sait comment faire pour vivre sa vie au mieux de ses capacités.
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