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Fantômes...

5 janvier 2017, 04:53

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Fantômes...

Entendu sur RFI il y a quelques jours : le Nigeria a enlevé 50 000 employés «fantômes» des listes d’employés du gouvernement, économisant, en passant, la somme de 620 millions d’euros ! On ne précise malheureusement pas sur quelle période, mais cela représente une moyenne de Rs 496 000 par «fantôme». C’est une nouvelle confirmée par Jeune Afrique qui ajoute que le gouvernement de Muhammadu Buhari, engagé dans une bataille continue contre la fraude et la corruption, avait déjà, en février, identifié 20 000 salariés «fantômes», puis encore 17 000 en avril.

C’est spectaculaire ! Et ce n’est peut-être pas fini dans ce pays qui découvrait aussi, début décembre 2016, l’équivalent de… 7 milliards de dollars de dettes nationales supplémentaires qui ne s’étaient jusque-là jamais pointés dans la comptabilité du Nigeria !

Je ne sais pas comment on mesurerait quantitativement l’état de déchéance et de pourriture d’un pays avec précision. Transparency International s’y est bien essayé, avec d’autres, mais ses échelles de comparaison sont basées sur la «perception» du taux de corruption. À ce tableau particulier, nous étions, en 2015, au 45e rang alors que le Nigeria se trouvait au 136e. Il ne s’agit pas de chipoter: nous sommes perçus (qui donc, exactement, représente ces «expertes opinions» ?) comme moins corrompus que le Nigeria ! Par conséquent, nous ne pourrions pas extrapoler de la situation nigériane vers celle de Maurice et suggérer que nous pourrions avoir (proportionnellement à nos populations) 396 employés «fantômes» sur nos fiches de paie d’État….

Par contre, en lisant cette nouvelle, j’ai pensé à nos «fantômes» à nous, version locale, tant dans le public et dans le privé, qui, quant à eux, se pointent effectivement au «travail», boivent leur tasse de thé, font un peu la blague, prennent jusqu’à leur dernier «local» et leur ultime «sick», sont particulièrement efficients pour colporter la dernière rumeur ou le dernier palabre, ajoutent peu de valeur réelle autour d’eux ou à leur propre personne et qui, en fin d’année, ne peuvent pas présenter de quoi justifier leur supériorité à… un robot dernier cri !

Question à mille francs: Bien au-delà de leur salaire, combien coûtent-ils effectivement à leur pays, en termes de mauvais exemple, de dysfonctionnements divers, de postulat ambulant, d’humanité flasque et parasitique ?

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